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Essai Benjamin Stora- "Algérie1954. Une chute au ralenti"

Date de création: 04-07-2020 10:16
Dernière mise à jour: 04-07-2020 10:16
Lu: 17 fois


HISTOIRE-BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI BENJAMIN STORA- « ALGERIE 1954. UNE CHUTE AU RALENTI »

Algérie 1954. Une chute au ralenti. Essai de Benjamin Stora. Editions Casbah, Alger 2014, 500 dinars 105 pages.

Un petit livre concernant un grand évènement ! En une centaine de pages, une sorte de « Que sais-je » (d’ailleurs le format est adapté)  qui raconte le début de la fin de la colonisation : L’année 1954

Une brève chronologie des événements politiques qui ont émaillé l’ année , de janvier  à décembre ; une année qui avait commencé avec l’attaque massive du Viêtminh , sous les ordres du général Giap , contre le camp militaire français de Diên Biên Phu , en Indochine. …et la défaite de la France  début mai . Juillet, c’est la reconnaissance du principe d’autodétermination en Tunisie…..et, en Novembre , la guerre qui commence de manière tonitruante le 1er novembre.

Tous les obervateurs avertis s’y attendaient , mais il n’y a de pire sourd que celui qui  ne veut entendre. Il en était ainsi des hommes politiques français de l’époque, la plupart – de tous les bords politiques - étant pour « la répression sans faiblesse  »  (Pierre Mendès France) . Il en est ainsi ,aussi, pour la population européenne installée en Algérie….installée « au centre d’un empire qui va mal ». Il est vrai que l’Algérie, « avec ses lieux magnifiques, des montagnes de Kabylie au désert saharien, les personnages hauts en couleurs, des administrateurs coloniaux aux commerçants prospères, semblent à leur place. Mais c’est un leurre »

D’un côté , il y a le mélange d’immaturité et d’inaccompli pour les Européens d’Algérie. De l’autre, il y a la rage et l’espoir pour les colonisés : Absence de réformes sans cesse remises, poids de l’inertie, répression aveugle et parfois , sinon souvent , massive….La longue chute , au ralenti, de l’empire colonial avait commencé, mouvement peu perceptible par la classe politique française , hormis dans les petits cercles anarchistes ou trotskistes.

L’auteur raconte la descente à travers la vie quotidienne  en Kabylie,  à Alger, Sétif, Oran, Constantine (ville qui comprenait la communauté juive la plus importante du pays : environ 30 000 personnes )..  « à la veille de la tourmente »…..la vie de 922 000 Européens et de 7 860 000 musulmans. …une vie où «  un Algérien ne vaut que le neuvième d’un électeur français » (selon Gilbert Meynier) , où les villes sont occupées à plus de 60 % par les Européens , où les villes se bidonvillisent à une allure folle, tout particulièrement à partir des années 50,  où « le plus petit fonctionnaire français se croit supérieur à n’importe quel Arabe »   et où « la peur commune de la majorité musulmane » avait forgé une sorte d’unité quasi-ségrégationniste, ignorant la misère  de leurs « voisins » arabes.

L’Auteur : Benjamin Stora, né le en décembre 1950 à Constantine. C’est un l’historien français le plus Algérien. Professeur à l’Université Paris XII  et inspecteur général de l'Éducation nationale depuis septembre 2013. Ses recherches portent sur l'histoire de l’ Algérie, et plus largement sur l'histoire du Maghreb contemporain, ainsi que sur l’empire colonial français et l’immigration en France. Il s'est intéressé, notamment, à Messali Hadj ,aux luttes entre indépendantistes algériens et à l'histoire des Juifs d’Algérie. Il assure la présidence du conseil d'orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration depuis août 2014 . Ses liens avec les socialistes ont contribué à la reconnaissance en 2012 ,par la République française ,du massacre du 17 octobre 1961 perpétré par la police française sur des manifestants algériens répondant à l'appel du FLN en plein cœur de Paris. En 2011, le candidat François Hollande avait participé à une commémoration de la répression sur le pont de Clichy en sa présence[.]

Avis : Pour avoir un autre angle de description et d’analyse

Citations : «  Il serait donc erroné de considérer ceux que l’on appellera plus tard les « pieds-noirs » comme un « peuple » homogène (…..). Leur unité est due à une peur commune de la majorité musulmane » (p 76) , «  L’Algérie est, d’abord, un immense espace rural. Et la terre est la plus longue mémoire de l’histoire algérienne . Dépositaire impassible des habitats détruits, des instruments de travail, du déplacement des populations, elle enferme beaucoup de ses secrets ; elle permet de suivre la respiration des civilisations successives ; elle englobe presque tout… » (p 82),