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Roman Adriana Lassel- "Une maison au bout du monde"

Date de création: 04-07-2020 10:10
Dernière mise à jour: 04-07-2020 10:10
Lu: 18 fois


POPULATION- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN ADRIANA LASSEL- « UNE MAISON AU BOUT DU MONDE »

Une maison au bout du monde. Roman de Adriana Lassel, Editions Dalimen , Alger 2015, 700 dinars, 343 pages.

L’auteure raconte l’histoire de sa famille. Son histoire aussi. Presque tout. Elle raconte tout cela à partir de la description d’une   maison familiale, à Santiago, celle qui l’a  marquée le plus , celle où, enfant, comme tous les enfants, l’accessoire devient l’essentiel, le détail devient le tout et le petit devient immensément grand. Elle livre tout ou presque tout. La vie en famille, sa scolarité, sa jeunesse, ses premières émotions, ses voyages…

Elle raconte sa vie familiale  à partir de la  « Grande maison » ,  de la rue Chiloé, « centre de nos vies », jeune et belle , « accueillante telle une mère nourricière »…peu à peu abandonnée, chacun ayant « une bonne raison  »

Elle raconte une vie de famille (presque ) heureuse entre un père sédentaire endurci , travailleur impénitent, « qui préférait voyager à travers ses lectures»,  et une mère enseignante qui ne tient pas en place, voyageant sans cesse,  aux idées  « progressistes » , mais avec laquelle elle n’avait que des relations « superficielles ».

Elle se livre quasi-totalement pour nous décrire un pays que l’on sait mystérieux (pour nous ,car si loin…..au bout du monde) et si proche ( tout particulièrement  depuis qu’il a subi la dictature de Videla, puis celle ,la plus atroce, de Pinochet et l’assassinat d’un admirable grand révolutionnaire , Allende) , un pays que l’on devine porté encore au plus profond de son cœur

Elle raconte sa vie d’étudiante , durant cinq années…..apprenant à enseigner le castillan (l’espagnol littéraire ) et les littératures écrites dans cette langue , manifestant contre les régimes dictatoriaux (Strossner, Somoza, …) qui, à l’époque foisonnaient et soutenant  les luttes de libération nationale (Cuba, Vietnam…et l’Algérie)

Elle raconte sa vie de jeune fille…..à l’étranger  depuis l’âge de 26 ans avec ,d’abord, le coup de foudre pour un pays , Cuba (invitée  suite à un prix  littéraire décrochée) , et là-bas, le coup de foudre pour un autre enfant du bout du monde (chacun a son bout du monde) ,un « beau sphinx » ,  un Algérien, en visite organisée à Cuba durant l’été 62, juste après l’indépendance, pour découvrir une « révolution en marche »  . Il deviendra son époux , il l’emmènera en Algérie , ils iront en Chine et ils vivront la Révolution culturelle. Elle  vivra à Alger jusqu’à ce jour avec ses enfants, allant ,  de temps à autre, revoir les parents et la terre de ses ancêtres…..Avec le temps qui passe, et les épreuves endurées (au Chili) , la famille s’est désormais agrandie et dispersée dans différents pays . …devenant ainsi internationale . La maison de la rue Chiloé a été vendue à une entreprise de téléphonie mobile qui l’a aussitôt démolie…pour y installer une antenne à sa place

 

 

 

 

 

 

L’Auteure : Elle est née à Santiago du Chili. Elle est mariée à un Algérien (rencontré à Cuba) . Longtemps enseignante. Elle a la nationalité algérienne. Elle vit à Alger. Elle se consacre à l’écriture et à la recherche, tout particulièrement à l’œuvre de Miguel de Cervantès et du monde musulman. Déjà plusieurs  ouvrages dont « Lucas le Morisque ou le destin d’un manuscrit retrouvé » (Le Tell, 2007) ,  « Parfum de vie » (Thala Editions, 2010), « Cinq années avec Cervantès » (Dalimen , 2012) ….

Avis : Gentille auto-biographie romancée. Agréable à lire car le livre  nous fait vivre à  l’ « intérieur » d’une famille chilienne puis algéro-chilienne .

Citations : « Mettre des balises au temps qui passe aide à retenir la vie, à donner un éclairage au vide du passé » (p 11), « Comme c’est angoissant d’avoir à faire le bon choix quand on a vingt ans » (p 166), « Ce qui est naturel, c’est que l’écrivain apprenne des autres, de ses lectures personnelles, mais c’est l’observation qui enrichit son imagination » (p 172), « Quand tout va bien, les états d’âme d’un groupe familial ou social  s’expriment sur le même ton, mais c’est dans la tourmente des jours difficiles que s’entendent les notes discordantes des différents caractères ainsi révélés » (p 331).