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Mémoires Smain- "Je reviens me chercher"

Date de création: 30-06-2020 17:03
Dernière mise à jour: 30-06-2020 17:03
Lu: 87 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- MEMOIRES SMAIN- « JE REVIENS ME CHERCHER »

Je reviens me chercher *. Mémoires de Smain. Editions Michel Lafon, Neuilly –sur –Seine/France , 2011, 323 pages, 500 dinars

Aujourd’hui, il a plus de cinquante-cinq  ans et trois adorables et adorés enfants issus de deux mariages…..ainsi qu’une longue et très riche carrière d’artiste. Pourtant, la chose n’était  pas acquise d’avance pour cet enfant abandonné à Constantine et adopté et chouchouté  par un couple (d’âge avancé) d’émigrés maghrébins (le père algérien, la mère marocaine)  à Paris , de bien modeste condition .Enfance presque heureuse, scolarité moyenne…normale, environnement paisible et accueillant. Et, surtout une forte volonté de s’en sortir et de réussir …..dans le spectacle. La télé de l’époque et les bandes dessinées étaient plus qu’une école. Il est vrai , que tout jeune, il était déjà, sa bonne  bouille aidant, un animateur de première. Un seul obstacle, majeur à première vue : la découverte (brutale,  en raison d’une enseignante ne sachant pas « tenir sa langue »), de son abandon et sa recherche continuelle , presque éperdue, de ses  parents biologiques . Il fera tout pour les retrouver ou, au moins, « savoir » . Il ne réussira qu’à moitié.

Ceci lui a permis, aussi, de retrouver son pays natal, l’Algérie et Constantine, ainsi que le village natal de son père adoptif, en Kabylie. Il s’y  sent , « membre d’une grand famille ». Ses séjours fréquents lui ont permis de rencontrer (et de discuter longuement avec lui, quatre heures durant) le président A. Bouteflika : « un homme à l’intelligence fine, plein de commisération, très à l’écoute ».  Et, son ascension en France lui a permis de fréquenter les plus grands , du spectacle  et de la politique : Ferré, Aznavour, Devos, Bedos, M. Leeb, Barbara, Oury, Michèle Morgan, Depardieu, Balasko, ……..Mitterrand, Sarkozy, Ségolène Royal, Dati, Giroud….

Tout cela n’alla pas sans échecs…face surtout à la montée d’une autre génération d’humoristes beurs et magrébins ( J. Debbouze entre autres), et dans un monde du spectacle évoluant à une vitesse  rapide , écrasant tout sur son passage. Heureusement que la chance est restée « sa plus fidèle alliée » !

L’Auteur : Smaïn Fairouze, dit « Smaïn ». Né le 3 janvier 1958 à Constantine, de père et de mère inconnus. Il est adopté  en France, en 1960, par un couple algéro-marocain sans enfants. Acteur (de cinéma , de théâtre, de télévision), humoriste ,  metteur en scène, réalisateur….Il a débuté sa  longue carrière au café-théâtre dans les années 80 ;  Philippe Bouvard lui met les pieds à l’étrier en lui offrant une place au Petit Théâtre. A séjourné plusieurs fois en Algérie, car très attaché à ses racines et y a même animé des spectacles

Avis : Un homme qui se livre « à fond », qui raconte (presque) tout.  Un livre simplement écrit et plein d’humanité , d’amour et d’humour. Trop de jeux de mots, peut-être ? Smaïn ne changera jamais.

Citations : «  Il n’y a de récompense valable que celle qui est immédiate et qui vous décernent , non pas les plénipotentiaires qui apposent leur signature au fil des parapheurs sans savoir de quoi il retourne, mais les simples gens quand, par exemple, ils épinglent leurs applaudissements sur votre cœur » (p 98), «Tours de magie et miracles n’ont rien à voir. Les premiers sont des faits divers, les seconds sont des faits divins » (p 103), «  Lorsque l’argent ne fait pas partie de votre culture, il réclame un apprentissage, il faut en apprendre la grammaire, sinon vous vous retrouvez vite fait bon dernier de la classe …sociale que vous briguiez »(p 176), « Le rire est une arme de cohabitation massive «  (p 183), «  Les hommes politiques ne sont pas seulement des acteurs, ils sont aussi  des illusionnistes « (p 187), «  Les nations sont des grands enfants qui se disputent au tas de sable lorsque celui-ci cache du pétrole  » (p 247),  «  Le succès vous propulse au rang de Vip. On vous flatte, on vous courtise……Un fois élu, on commence à vouloir cumuler les mandats….On devient en réalité un véritable dictateur pour soi-même… » (p 258), «  Un film de monte sur des noms ; une carrière se construit sur des non » (p 261) , « Roger-Gérard Schwartzenberg a parlé dans les années soixante-dix d’Etat spectacle, moi je parle d’opinion spectacle. Nous vivons une époque où tout le monde peut s’exprimer, salir, diffamer. On en recherche pas la parole d’expert, mais le mot d’esprit…..le clash qui fait le buzz…  » (p 283), « Le rire est l’antithèse de la raison d’Etat » (p 301)

*- Ouvrage présenté à titre exceptionnel, la chronique ne traitant ,habituellement, que les œuvres  (d’auteurs algériens ou étrangers) éditées en Algérie