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Essai Mohamed Boudiaf - "Où va l'Algérie?"

Date de création: 27-06-2020 11:54
Dernière mise à jour: 27-06-2020 11:54
Lu: 45 fois


VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI MOHAMED BOUDIAF – « OÙ VA L’ALGERIE ? »

Où va l’Algérie ? Essai de Mohamed Boudiaf. Tafat Editions, Alger 2013, 244 pages, 500 dinars

Mohamed Boudiaf, un révolutionnaire et un socialiste sans concessions ? Il l’était, tout particulièrement durant les premières années de l’Indépendance du pays.Il a même créé un parti d’opposition, le P.r.s.  Mais, légaliste par-dessus tout, voulant surtout lutter contre le pouvoir personnel. Et, adepte d’un socialisme scientifique réel et non « spécifique » et empirique, l’Islam, pour lui, ne contredisant en aucun cas le besoin de plus de justice, plus de liberté et l’émancipation de l’homme. Des qualités qui, à l’époque , n’étaient guère appréciées par ceux qui voulaient alors, profitant de la fatigue et de la lassitude du peuple  , s’approprier le pouvoir, tout le pouvoir, faisant fi de toutes les résolutions politiques. Ce qui lui valut (avec d’autres compagnons) bien des déboires. La haute surveillance, le harcèlement, les accusations de toutes sortes (n’y manquait plus que celle de « collusion avec le sionisme ») ,l’enlèvement par les hommes de main du « groupe de Tlemcen » et la prison durant presque cinq  longs mois ,dans le Grand sud à Tasbit, (camp Lotfi) , à Béchar, puis à Saida,  dans des conditions innomables, la faim , la soif, le manque de soins, l’isolement au grand secret, les grèves de la faim (42 jours au total) …… l’absence d’informations sur le pays , sur la famille et les camarades, la torture morale entraîné par le sentiment d’abandon, tant par les geôliers que par la classe politique de l’époque…. C’est ce qu’il raconte dans son livre-essai, à travers un « journal de bord »….avec, en plus, tout un chapitre consacré aux « Perspectives »

L’Auteur : Natif de M’sila en 1919, militant de la première heure pour la liberté du pays (Ppa-Mtld avant de mettre sur pied l’OS), il forma le C.r.u.a en 1954 et fit partie des « 5 » puis des « 22 » historiques, « pères fondateurs » de la lutte de libération nationale. Arrêté le 22  octobre 1956 (arraisonnement de l’avion transportant des « historiques » venant de Rabat ), emprisonné jusqu’à la signature des Accords d’Evian. Opposant ferme au régime du « groupe de Tlemcen » (Ben Bella et Boumediene)   et refusant les affrontements armés, il est enlevé par la S.m, en plein midi devant son domicile. Il connut, à partir du vendredi 24 juin 1963 (jusqu’à mi-novembre 1963), cinq mois de   prison « nationale » puis l’exil (plutôt une expulsion….. de son  propre pays !)….Installé au Maroc, gérant une Pme et un parti politique clandestin de gauche , le Prs,  il ne reviendra (« ramené ») au pays qu’en janvier 1992 pour présider aux destinées du pays en proie à la terreur du  terrorisme islamiste . Il est assassiné six mois plus tard, « en direct » à la télévision à partir de Annaba (lors d’une rencontre avec les jeunes). Surnom plus qu’expressif ! Tayeb El Watani

Avis : Pour compléter l’image et la personnalité d’un homme politique de réflexion et d’action au sens complet du terme…., un homme de vérités (voir, p 86, ses interrogations sur les « fameux historiques ») , un visionnaire sur bien des points , qui a su bien évolué avec son temps et les circonstances. Hélas, l’Histoire de son pays qu’il a ,en partie, fabriqué et pour laquelle il a énormément souffert, ne l’a pas épargné.En signe de reconnaissance, elle l’a assassiné. Ingratitude des nations !

Ouvrage truffé de « coquilles » 

Citations « Pour démontrer un mécanisme politique, le meilleur moyen est de laisser parler les faits : Ils sont une excellente illustration des méthodes d’un Pouvoir »(p 17), « L’illégalité ne peut qu’enfanter l’arbitraire » (p 21), « La politique  ne se fait pas avec des mots, ce sont les facteurs objectifs d’une société, de son économie qui la conditionnent, et elle ne passe dans la pratique que quand elle est l’expression véritable de ces facteurs » (p 48), « Révolution signifie, avant tout, réflexion profonde, pensée cohérente, lucidité, le tout mis au service de la pratique » (p 153),  «  En politique, chacun demeure le produit de ses actes » (p 194), « Le parti qui est né de ce clan (de Tlemcen) , bien qu’il continue à se réclamer du Fln et du « programme de Tripoli » n’est aucunement le prolongement du Fln de guerre ; ce dernier est bien mort à Triopoli » (p 234),  « Rien de bon ne naît jamais des compromis sans morale et des combinaisons opportunistes » (p 243),