Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Essai Alain Gresh- "L'Islam, la République et le monde"

Date de création: 24-06-2020 18:27
Dernière mise à jour: 24-06-2020 18:27
Lu: 5 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI ALAIN GRESH- « L’ISLAM, LA REPUBLIQUE ET LE MONDE »

L’Islam, la République et le monde. Essai de Alain Gresh.Casbah   Editions, Alger 2006, 439  pages, 900 dinars

Un choc des civilisations ? Pas étonnant avec une masse d’ouvrages stupides et racistes, avec,  tous , des thèses pensant l’Islam comme fondamentalement différent de l’Occident, comme ontologiquement autre…..le 11 septembre ayant « libéré » la parole sur l’islam

Un malentendu périlleux : l’islam permettrait de définir la « vérité » du monde musulman (pourtant si hétérogène) …sans savoir ce que « dit vraiment  »  le Coran

La peur née des succès de mouvements politiques inédits désignés rapidement sous des vocables fluctuants toujours reliés à une « menace » , à la « violence » et  depuis une certain temps au « terrorisme »…..dans certains pays bien plus que dans d’autres, tout particulièrement les « alarmés » et les éternels  « amnésiques » (ainsi  les Français, déjà traumatisés par la « guerre d’Algérie » puis par la « guerre civile » algérienne des années 90 qui a débordé chez eux, ayant , de plus, « invité » et encouragé   les terroristes…pour ce qui concerne l’Algérie ). 1989 est un tournant avec l’affaire Rushdie et, surtout, le foulard, et  l’islam, alors périphérique,  devient sujet central de la télévision….avec le rajout de menace à partir de 2001

Enfin, les polémiques diverses et continuelles à propos de tout et de rien : foulard, inégalité des sexes, laïcité, halal, rituels religieux comme le sacrifice du mouton ….avec ,en fin de course, la « lepénisation des esprits » avec pour fond le  racisme ordinaire . Avant-hier le Juif, le Belge, l’ Allemand, l’ Italien, puis  l’Espagnol et le Portugais, puis le noir et l’Arabe (de la période coloniale) ,puis le  gitan et le « rom » et l’ immigrant des pays de l’Est , tous des « voleurs de travail », aujourd ‘hui le Musulman, sorte de « voleur de foi ». Demain, le Chinois ? En attendant l’Extra-terrestre. Des périodes de « flambées racistes » et d’  « hystéries politiques » qui ne connaissent pas de répit en Europe depuis les années 30. L’avenir commun et  le « vivre ensemble » ……avec les « autres », n’est pas pour demain. Tout juste un peu de compréhension pour votre compte en banque ….si bien garni. Peut-être, après 2050 ? Entre-temps, sans discussion « rationnelle », que de mots, que de maux !

L’Auteur : Né en 1948, élevé  au Caire par un père copte catholique et  né d’une mère juive d’origine russe , il a « très tôt perdu la foi, sans grande crise de conscience ». Il avoue avoir vécu une époque « formidable » en Egypte du temps de sa jeunesse et il avait même appris, à l’école, en cours d’arabe, un poème à la gloire de Ahmed Ben Bella. En France, il fait la connaissance de Henri Curiel (en fait , son père naturel) et des « porteurs de valises » qui sortaient de prison. Journaliste , il fut longtemps rédacteur en chef , puis directeur-adjoint du « Monde Diplomatique »

Avis : De l’information, de l’explication , avec précision, avec prudence, avec pédagogie. Des vérités historiques ignorées ou évitées, la « laïcité « recadrée ». Conseillé surtout à tous les « misislamistes » (© Ghaleb Bencheikh) de l’espace Shengen …ainsi qu’aux  fondamentalistes radicaux et autres terroristes cultuels de l’espace arabo-musulman. Bien sûr, les enseignants et les étudiants devraient le lire et le re-lire.

Extraits : «  Le refus de l’Autre a, toujours, (….) deux facettes : la race et la culture » (p 23), «  Ces musulmans de France sont originaires d’une multitude de pays (…). Certains sont des convertis.Souvent, leur seule langue commune est le français. D’autre part,  notamment pour les jeunes générations, la religion est une affaire individuelle-ce qui n’était pas la cas dans les pays d’origine . Chacun adapte sa pratique et même ses croyances à sa vie concrète, bricole son propre islam –ce phénomène a depuis longtemps touché les catholiques qui, eux aussi, « choisissent » ce qui leur convient dans les positions de l’Eglise » (p 135), « Avec le foulard, et plus largement avec la présence des musulmans, la France a trouvé ce « problème fictif » qui lui permet de s’unir » (p 382)