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Essai Chérif Abtroun - "Si Nasser (Mohammedi Said)

Date de création: 04-06-2020 17:55
Dernière mise à jour: 04-06-2020 17:55
Lu: 60 fois


HISTOIRE – BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI CHERIF ABTROUN- « SI NASSER (MOHAMMEDI SAID) »

Si Nasser (Mohammedi Said). Essai de Chérif Abtroun, Casbah Editions, Alger 2016, 181 pages, 950 dinars.

Il ne s’est jamais arrêté d’avoir des activités politiques.Né en décembre 1912 à Ait Frah (Laârba Nath Irathen), et décédé en 1994,  Mohammedi Said , devenu le Colonel Si Nasser (Wilaya III historique) durant la guerre de libération  nationale était, il faut le reconnaître un homme de (fortes ) convictions.Déjà ,alors devenu , durant son service militaire, sergent instructeur en France, à la veille de la Deuxième guerre mondiale, il ne tarde  pas à « déserter» pour rejoindre l’Allemagne ( avec pour principe de vie : « l’ennemi de mon ennemi est mon ami »).En Algérie, il avait vécu avec le peuple, l’exclusion, la hogra des pieds-noirs, le racisme vis-à-vis des « indigènes »......En juin 40, il « rentre à Paris, ville ouverte, en conquérant , non comme indigène colonisé »  mais en tant qu’officier.....sans adhérer au nazisme ,et pas dans les SS, précise-t-il . La suite est un parcours incroyable : sa capture après un parachutage (avec deux instructeurs allemands et deux compatriotes) « raté » du côté de Tébessa (au lieu de Tazaghart , en Kabylie),  sa condamnation à mort,  huit années de prison à Lambèse, sa libération (un « coup de chance » car par « tirage au sort » ), le retour au village natal, l’animation d’une école coranique et le contact avec ceux qui, déjà, préparaient  la lutte armée : Krim, Ouamrane, Si Said Vrirouche, Amar Ait Chikh...Enfin , le départ au maquis et une carrière de combattant ,avec ses hauts et ses bas et ses choix heureux ou malheureux , jusqu’à l’indépendance. Il nous les raconte : Abane Ramdane/ le Congrès de la Soummam : sa préparation , les débats, les décisions/ la bleuite/ le réunion du Cnra du 20 août 1957 et la rupture de l’intérieur avec l’extérieur/ l’assassinat de Abane Ramdane/ la réunion des dix et à la tête du Com (-est) / la crise état-major avec le Gpra/ les négociations et les accords d’Evian/ le congrès de Tripoli/ le congrès d ’avril 1964/le 19 juin 1965/l’affaire Zbiri/ l’attentat du 27 avril 1968 (contre Boumediène)/ la crise de 1974/le Printemps amazigh1980 et Octobre 1988 (son passage au Fis y est évoqué).

Quelques révélations : Au maquis, il avait réussi à faire   récupérer à Tébessa sa mitraillette et le casque allemand qu’il avait cachés lors de son parachutage...../ « Tu sais que moi je suis berbère, je m’appelle en réalité Ouvella... » (Ben Bella à Si Nasser, p 114) .... /« Son père (de Said Abid, jeune colonel de la 1ère Région , décédé par « suicide » ) ne voulait pas l’enterrer dans la caisse en bois, mais selon le rite de notre religion, et lorsqu’il l’a fait sortir du cercueil, il a constaté qu’il avait trois balles dans le dos» (p 165) .... /« La réunion des « 18 », fin octobre 88, se tient en son domicile » (p 174). 

Un parcours incroyable, mais vrai !

L’Auteur : Né à Azazga en juillet 1938, membre de l’Ocfln,  licencié en droit (Université d’Alger) , il a occupé plusieurs postes de haut fonctionnaire , dont celui de chargé de mission auprès du ministre des Moudjahidine au tout début de l’indépendance ainsi qu’à la présidence du Conseil.

Extraits : «  Les 3B pensaient qu’en éliminnat les politiques, ils seraient en mesure de régler les problèmes qui s’étaient amoncelés et réactiver la révolution qui, pour l’heure , piétinait » (Si Nasser, p 95), « De Gaulle ne nous a pas octroyé l’indépendance. Elle est le résultat du sacrifice du peuple algérien........En outre, les manifestations popoulaires grandioses du 11 décembre 1960 et des jours suivants dans tout le pays ont contraint le président français à ouvrir des négociations sérieuses » (p 107) , « Les Cinq d’Aulnoy arrivent à Tunis et Ben Bella lance à trois reprises son slogan « Nous sommes Arabes », ce qui est évidemmenet une façon d’enfoncer une porte ouverte, à moins qu’il n’ait visé une autre communauté du pays pour déjà diviser le pays » (p 113),

 Avis : Un livre simple écrit par un très, très   proche qui nous apprend beaucoup sur les événements (guerre et après-guerre)  et ,surtout de corriger certains (fausses ?) idées et  des contre-vérités sur la personnalité de Mohammedi Said , un héros de guerre trop longtemps caricaturé

Citations : « Abane était très intelligent, cultivé et surtout un visionnaire. A ce titre, il était très gênant pour ses collègues avec lesquels il ne partageait pas la même vision de la révolution. Il les dépassait de loin sur tous les plans, c’était une personnalité hors du commun » (Si Nasser, p 83), « Le congrès de Tripoli a été en vérité un échec cuisant pour notre révolution, puisqu’il s’est agi d’un congrès de la divison et de la confrontatiuon » ( Si Nasser, p 115)