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Roman Samir Toumi- "L'effacement"

Date de création: 04-06-2020 17:51
Dernière mise à jour: 04-06-2020 17:51
Lu: 11 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN SAMIR TOUMI –« L’EFFACEMENT »

L’effacement. Roman de Samir Toumi.  Editions Barzakh , Alger 2016, 214 pages, 700 dinars

Un livre presque de fiction mais, en réalité,  décrivant, à mon sens , des situations bien réelles. C’est l’histoire d’une famille de « bourgeois » dont le père , glorieux (et tyrannique, mais il ne le savait pas) moudjahid, diplomate puis  ministre brillantissime, devenu assez riche pour que son épouse légitime (discrète et effacée) , ses enfants (et sa maîtresse.......principale ) n’aient aucun souci à se faire , en Algérie même, ou à l’étranger, avec une villa –sur les hauteurs d’Alger , bien sûr- ouverte aux mondanités et aux « folles soirées » . Deux garçons, plus ou moins « ratés » ayant grandi  dans l’ambiance des années « conviviales » et d’un  Club des Pins « réservé » à la « nomenklarua » du moment (Ah ! la Crique et les boums...).

Une éducation « libre » et en apparence heureuse, rattrapée rapidement par la réalité.

Décès du père, un frère (l’aîné, sociable et impétueux  ,un « rebelle ») qui , après avoir fait la fête en Algérie, part à l’étranger se noyer dans les mauvaises affaires , l’alcool et  la drogue...certainement pour fuir le père.

Cadre très moyen et déjà transparent (un « planqué », un « autiste », un « lâche » selon le frère, réservé et discret  comme sa mère) dans une entreprise nationale où il avait été « casé » grâce au piston et le passé et le nom du père, le cadet qui a toujours vécu dans l’ombre de son frère et surtout dans l’admiration d’un père « héroïsé »....sombre , la quarantaine pointant, dans une étrange maladie..... le « syndrome de l’éffacement »...Il n’a plus de reflet...bien souvent . Une maladie qui, selon son psy’, est encore bien mal connue, « avec des soupçons de transmission inter-générationnelle , au sein d’une même famille, de traumatismes dus à la guerre de libération nationale ou même des problématiques relatives à l’éducation , voire des causes neurologiques ... ».Rien n’y fait ( même pas une courte grande virée à Oran pour « s’éclater » ) et  la maladie gagne du terrain...devenant de la folie pure et simple et assez violente avec , au bout, l’enfermement dans un asile, en compagnie  du personnage et des souvenirs de guerre et de guerrier  .....du père...tous les autres devenant des « traîtres et des harkis » , conspirant contre le pays

L’Auteur :   en 1968, vit et travaille à Alger où il dirige une entreprise de conseil. Premier livre : « Le Cri » (Barzakh Editions, 2013)

Extraits : « Ce que je pensais de la violence ? Je n’en pensais pas grand-chose, je m’étais habitué , depuis l’enfance , à celle de mon père » (p 193), «  Ma vie ressemble aujourd’hui à un immense gruyère. De longs moments d’ennui, entrecoupés de trous béants, sans souvenirs » (p 195).

Avis : Si « Le cri » abordait la relation (compliquée) jeune individu-ville, celui –ci concerne la relation (encore plus compliquée) jeune individu-pays . Ecriture linéaire et droit au but. Se lit d’un seul trait.Déconseillé aux enfants de moudjahidine sacralisant (trop) des papas ayant bien  réussi leur vie « d’après »...ainsi qu’aux enfants « tchi-tchi » élevés « à la dure ». Non ! en définitive conseillé comme moyen thérapeutique pour se découvrir et peut-être guérir en cas.....

Citations : « Perdre son reflet n’était , au fond, pas si grave, l’essentiel était de se sentir vivant, et d’être présent dans la réalité » (p 23) , « Je suis le descendant des fougueux moudjahidine, jeunes , téméraires et audacieux. Je suis en guerre ! » (p 197)