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Essai Aissa Chenouf- "Les Juifs d'Algérie...."

Date de création: 30-05-2020 19:22
Dernière mise à jour: 30-05-2020 19:22
Lu: 15 fois


POPULATION- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI AISSA CHENOUF- «  LES JUIFS D’ALGERIE…. »

Les Juifs d’Algérie.....2000 ans d’existence. Essai de Aïssa Chenouf,  Editions El Maârifa , Alger 2004, 206  pages, 380 dinars

Plus de 2 000 ans d’existence. C’est le temps passé par les Juifs au Maghreb. Une présence soutenue en Afrique du Nord. Depuis les destruction du Temple, dit-on,  renforcée par une deuxième vague arrivée après 1492, suite à l’édit espagnol les expulsant d’Andalousie . Une terre qui leur a tout donné, à laquelle ils ont beaucoup apporté ......et que certains ont abandonné avec regrets. Beaucoup ont participé activement à la lutte pour l’Indépendance du pays après avoir activé dans les organisations syndicales, entre autres.....Certains, peut-être plus en grand nombre,   sont, aussi, restés se moulant à la societé « en une sorte de groupes sociaux discrets ». Les Algériens savent qu’ils existent, savent qu’ils sont Algériens, savent qu’ils connaissent tout de l’Algérie, mais « l’Algérie ne connaît rien d’eux ». On salue la mémoire de Roger Hanin (Lévy), ce grand acteur de cinéma  natif de la Basse Casbah, aujourd’hui enterré à Bologhine, on voue aux gémonies (pour ses positions politiques à l’endroit d’Israël)  Enrico Macias (Ghrenassia), un natif de Constantine, gendre de Cheikh Raymond, un maître du malouf constantinois, tout en fredonnant ses chansons, nos anciens se remémorent avec nostalgie Reinette l’Oranaise (Sultana Daoud), la native de Tiaret, décédée en novembre 1998 .....c’est tout .

1813 : 3 105 Juifs à Constantine, 1 508 à Tlemcen.....1838 : 6 065 Juifs à Alger, 5 637 à Oran, 1851 : 21 000 Juifs recensés sur l’ensemble du territoire algérien administré par la France. 1881 : 35 663, 1901 : 57 132, 1931 : 110 127 .......1941 : 111 021 Juifs français et 6 625 Juifs étrangers (une stagnation en raison d’une migration vers la France dès le début du XXè siècle...et , surtout, un départ vers le Maroc, plus accueillant que l’ Algérie pétainiste). 1962, à la veille de l’Indépendance, environ 150 000 âmes....Octobre 1962 : 25 000 dont 6 000 à Alger. Aujourd’hui, peut-être quelques dizaines ? En tout cas, bien peu. Ou, presque rien. Rien ne sert de chiffrer une communauté qui , bien souvent, s’est algériannisée presque totalement , sans cependant , pour la plupart,et c’est tout à leur honneur ,  renier son origine ou sa foi…..et, sutout, son amour profond, réel, pour un pays à nul autre pareil.

A qui la faute ?

Pour l‘auteur,  le panarabisme – précédé , bien avant la guerre par le décret Crémieux, et  juste avant l‘Indépendance par les provocations et manipulations des pieds noirs ultras et de l’Oas - qui a « enfanté un extrémisme dont nous payons les frais aujourd’hui » est passé par là. Le sionisme a terminé la tâche !

L’Auteur : Journaliste professionnel, il a fait ses premières classes au quotidien El Moudjahid. Collaborateur de plusieurs autres titres de la presse privée....

Extrait :  « Indéniablement, la guerre a modifié l’identité du Juif d’Algérie. Tout aussi profondément juif (...), il se sent pourtant moins algérien lorsqu’il prend conscience que la complicité jadis partagée entre Juifs et Arabes se meurt, et plus français parce qu’il s’aperçoit que son appartenance à la France l’emporte sur tout » (p 163)

Avis :  Très bien documenté.....peut-être structuré dans une certaine précipitation

Citations : « Le pouvoir, dans son désir d’imposer par le haut « son » histoire, se retrouve incapable d’en mesurer le contenu.Ce qui est donné comme officiel n’a aucun lien avec la réalité .....Tout est donc fait au  profit d’une minorité qui surfe sur les cimes du pouvoir » (pp 11 et 12), « L’insupportable est du côté du silence fait de mille silences qui reçoit , en retour du souvenir qu’il tente d’évoquer , une mémoire incertaine, qui s’efface au fur et à mesure qu’elle se constitue » (p 11), « Le panarabisme a enfanté un extrémisme dont nous payons les frais aujourd’hui. La société a fonctionné sans transition : ainsi, on passe de la douleur à la violence, souvent sans comprendre pourquoi » (p 194)