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Essai R. Ayoun & B. Cohen - "Les juifs d'Algérie.Deux mille ans d'histoire"

Date de création: 30-05-2020 19:19
Dernière mise à jour: 30-05-2020 19:19
Lu: 67 fois


POPULATION – BIBLIOTHEQUE D’ALGERIE- ESSAI R.AYOUN & B. COHEN- « LES JUIFS D’ALGERIE….DEUX MILLE ANS D’HISTOIRE »

Les Juifs d’Algérie.....deux mille ans d’histoire . Essai de Richard Ayoun & Bernard Cohen (Préface de Gérard Nahon) .  Editions Rahma (Maison d’édition n’existant plus) , Alger 1994 (J-C Lattès Editions, Paris, 1982) , 262  pages, ?????  dinars

Auparavant, les juifs d’Algérie (se trouvant en France et ailleurs) n’avait aucune histoire....écrite. Eux-mêmes ne disaient-ils pas que leur histoire « n’avait rien de mémorable ». Les archives familiales étaient dispersées et les plus âgés n’ont pas été encouragés à raconter . Certainement en raison « d’une trajectoire trop mise au compte de paramètres qui leur échappaient entièrement, de choix qu’ils n’auraient pas maîtrisés, d’événements  qu’ils n’auraient que subis ».

Les auteurs ont voulu encore savoir, savoir mieux...aller au-delà de la nostalgie convenue et de la complaisance folkrorique se limitant aux rites hauts en couleurs

La présence juive est attestée déjà durant la période antique . Bien avant la conquête romaine, déjà des communautés juives étaient établies. En témoigent des inscriptions latines et hébraïques. Elle est aussi attestée par le rôle majeur des Berbères judaisés dans les résistances armées aux invasions dont le plus marquant est celui de la reine de l’Aurès,  dite  la Kahena (Dihya) . Après le VIIIè siècle , Tahert (près de Tiaret) et Tlemcen deviennent des foyers rabbiniques influents. Une présence malgré tout marginale qui se re-développe avec l’arrivée , en grand nombre , d’ «  expulsés » et de réfugiés fuyant l’Espagne, en 1391 puis en 1492 : « Des structures plus démocratiques, un rabbinat puissant, une liturgie importée » , et « l’élement immigré s’impose à l’élément autochtone , par son mode d’organisation, son patrimoine spirituel , son importance numérique aussi » . Avec l’arrivée des Turcs , c’est la « sortie défnitive de l’ombre » . L’entrée en force des juifs d’Algérie sur le devant de la scène commence avec l’arrivée des Français (le 16 novembre 1830, Bacri était nommé, par arrêté,  « chef de la nation hébraïque en Algérie »)...avec des fortunes diverses , allant du Décret Crémieux accordant la nationalité française et une assimilation galopante accompagnée d’une allégeance souvent trop démonstrative à la France......  à l’Indépendance du pays en 1962...... en passant par l’antisémitisme et le racisme pétainiste des populations européennes , plus virulent en Algérie qu’en France (avec l’annulation brutale et totale  du Décret Crémieux, la confiscation de biens, l’internement....) . Le reste est une toute autre histoire......avec l’exode massif  , surtout vers la France car il y eut , toujours, en Algérie (bien plus qu’au Maroc ou en Tunisie),  un relatif désintérêt pour la politique sioniste .

 

L’Auteur : R. Ayoun , né en janvier 1948 à Oran (décédé à Paris en 2008), enseignant universitaire et chercheur spécialisé dans l’histoire des Juifs d’Afrique du Nord. Quant à Bernard Cohen, né en France en 1956, c’est un ancien correspondant de l’Afp à Jérusalem puis journaliste à Libération. Traducteur (de nombreux titres américains dont ceux de Douglas Kennedy) et interprète de conférences

Extraits :  « Déracinée par le caprice des Etats, la communauté juive d’Algérie n’ a pas connu la ruine, mais elle s’est beaucoup perdue » ( p 7), « La mutation présente des juifs de France ne se comprend guère qu’en fonction de l’arrivée de ceux d’Algérie .....L’entrée dans la mouvance française ne coupe pas soudainement les juifs d’Algérie de leurs racines africaines » (Gérard Nahon, préface , pp 14-15),  « Le Maghreb central a été, aussi, au début de l’ère chrétienne , un refuge » (p 29), « Bien ancré dans la profondeur du pays, le judaïsme d’Algérie va apprendre à ne point s’y perdre » (p 55), « Né en Orient, patiemment, longuement adapté à l’Occident, le judaïsme d’Algérie semble parfois présenter l’expression la plus contrastée de la mésaventure disporique » (p 205)

Avis :  Un livre solide , écrit pour les Juifs d’Algérie. Une sorte de  «  retour à soi »  qui tente de remettre les pendules à l’heure, « l’historiographie coloniale française ayant eu tendance à faire du juif un objet de curiosité et à le dissocier de l’environnement arabo-berbère »

Citations : « L’Algérie est une contrée où les emprunts culturels ne se font pas à moitié : si le monde berbère s’est islamisé profondément, la société algérienne restera, au plus profond d’elle-même, hostile à la France....C’est là une situation unique au Maghreb » (p 218)