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Guy Bedos

Date de création: 29-05-2020 17:47
Dernière mise à jour: 29-05-2020 17:47
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CULTURE- PERSONNALITÉS- GUY BEDOS

L’humoriste et comédien français né à Alger Guy Bedos, est décédé jeudi 28 mai 2020 à Paris à l’âge de 85 ans.

Né le 15 juin 1934 à Alger, Guy Bedos fils d’Alfred Bedos, visiteur médical, et d’Hildeberte Verdier, fille du proviseur du lycée Bugeaud à Alger (l’actuel lycée Émir Abd el-Kader), où il a été élève. Ses parents s’étant séparés, il est ballotté de maison en hôtel, entre Kouba, où il est mis en pension à l’âge de sept ans, Souk Ahras et Constantine. Il est scolarisé à treize ans au lycée public Saint-Augustin de Bône (aujourd’hui Annaba   où il a conservé des amis d’e,nfance qu’il a retrouvé plus tard ). Selon son autobiographie « Mémoires d’outre-mère », ses mauvais rapports avec sa mère et son beau-père (ouvrier, puis patron d’une scierie ) avec lequel Hildeberte s’est remariée lui rendent la vie difficile.  C’est son oncle Jacques Bedos, qui a travaillé à Radio Alger avant d’entrer à l’ORTF à Paris, qui est à l’origine de sa vocation d’artiste.  

Devant accomplir son service militaire durant la guerre d’Algérie, il fait la grève de la faim et réussit à être réformé pour maladie mentale. Il a refusé de faire la guerre, parce qu’il ne voulait pas se battre contre ses copains, avait-il déclaré à l’époque.  Il commencé sa carrière par un duo avec son épouse de l’époque, Sophie Daumier. Ensemble, ils jouent des sketches emblématiques comme « La Drague » ou « Les vacances à Marrakech ».

Il a également mené une longue carrière au cinéma, apparaissant dans les films d’Yves Robert, comme «  Les copains » en 1965, « Un éléphant ça trompe énormément » en 1976, ou encore « Nous irons tous au paradis » en 1977 et « Le Bal des casse-pieds », en 1991.

L’humoriste va surtout devenir célèbre dans les années 90 pour ses engagements politiques qu’il défendra sur scène et sur les plateaux de télévision. Sa dernière apparition au théâtre date de 2015 .

Bedos a toujours soutenu les algériens dans ses positions. En tant qu’enfant du pays, il s’est toujours exprimé pour défendre les algériens contre la menace du Front National. 

Depuis sa retraite, l’artiste était venu à plusieurs reprises en Algérie.  En 2016, il a projeté le documentaire « Guy Bedos: En toutes libertés » réalisé par Mireille Dumas le 16 mars à l’Institut Français d’Alger.  Ce documentaire a été l’occasion de retracer le parcours de l’acteur qui a fait ses adieux à la scène le 23 décembre 2015 à l’Olympia à Paris. 

Une année plus tard, Bedos était revenu avec le candidat Arnaud Montebourg (qui a des racines algériennes)  en janvier 2017 dans le cadre d’une visite politique.  Guy Bedos tenait le rôle de « président du comité de soutien ».

Enfin sa dernière virée à Alger était en 2018, à l’occasion du spectacle de Nawal Madani à l’opéra d’Alger. Un film devait être tourné en Algérie, sur l’histoire tumultueuse de sa vie en Algérie. L’enfant d’Algérie s’en est allé sans pouvoir réaliser son dernier vœux et marquer à jamais son lien avec son pays natal. 

 

1/Comique, polémiste, le comédien qui a reçu le Molière du meilleur « one man show » en 1990

2/.Il sera, selon son souhait, enterré dans le cimetière de Lumio en Corse, cette île qu’il aimait tant. Il la surnommait « mon Algérie de rechange » à cause « des odeurs de maquis » qui lui rappelaient son enfance. Il avait rêvé d’être enterré à Tipasa « aux « côtés » de son ami Camus »

3/Gambadant sur scène, il réglait ses comptes avec « les fachos », confiait sa peur de la montée du Front national, rendait hommage à Nelson Mandela, saluait le « courage » de son « amie » Christiane Taubira. Il se demandait ce que Manuel Valls faisait à gauche

4/ Devant accomplir son service militaire durant lguerre d'Algérie, il fait la grève de la faim et réussit à être réformé pour maladie mentale

5/Guy Bedos était un « mélancomique » qui ne cachait pas ses larmes. Sans fard, il disait à quel point il ne s’habituerait jamais à la disparition de ceux qu’il aimait (Sophie Daumier, Pierre Desproges, Simone Signoret, James Baldwin…). Il est parti les rejoindre. Adhérent à l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, il avait prévenu qu’on ne lui retirerait pas cette ultime liberté : « En cas d’urgence, je choisirai le suicide assisté. Avec ou sans la permission du président de la République. »