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Skikda (II, compléments)

Date de création: 28-05-2020 11:25
Dernière mise à jour: 28-05-2020 11:25
Lu: 95 fois


HABITAT- VILLE- SKIKDA (II, compléments)

Date de première création: 12-12-2019 17:57
Avant-dernière mise à jour: 12-12-2019 17:57
Déjà lu: 97 fois

Préface (Ahcene-Djaballah Belkacem l‘ouvrage de Ouahab Khider : « Skikda, Fragments de mémoire », 2018)

Rusicada, ancien comptoir phénicien fondé durant le premier millénaire avant Jésus-Christ ....... puis  Fort de France ......  puis Philippeville (jusqu’en 1962, avec l’indépendance du pays)  , mais toujours Skikda pour ses habitants et pour la quasi-totalité de la population musulmane de la région et du pays ......et de certains habitants d’origine européenne, tout particulièrement les Maltais, assez nombreux dans la région, avec les Italiens...et des Gitans . Peu d’Espagnols !  On évoquait toujours les Skikdis et, rarement , ou presque jamais, les Philippevillois. Un phénomène langagier observé dans bien d’autres villes aux dénominations imposées. Une forme de résistance citoyenne !

Skikda  ne se contenta pas d’une simple résistance passive. Toute son histoire se confond avec des combats régionaux ou locaux assez bien décrits par l’auteur. D’ailleurs, contrairement à ce qu’ont pu faire croire certains écrits « historiques » coloniaux, la « présence » française ne se fit pas facilement et rapidement . Plus de 22 années après l’invasion du pays ! Il est vrai que la géographie de la région, assez montagneuse, se trouvant à l’extrémité Est de la Kabylie orientale (selon les sociologues de la colonisation) , dotée,  de quelques vallées étroites (plutôt des dépressions)  mais fertiles, traversées par un oued, le Zeramna, affluent de la rivière  Saf-Saf, une rivière toujours généreuse en eau (la région  est une des plus pluvieuses du pays mais, hélas, encore jusqu’à nos jours,  elle reste mal desservie en retenues des ressources ) , ne facilitait pas les percées militaires......cela étant accru par la présence de populations, principalement montagnardes -  « mélange d’Arabes , sédentaires ou nomades, et de Berbères ...... se retrouvant dans un ensemble de groupes fédératifs à tendance oligarchique, imité   partiellement de la Kabylie, et où les vieilles coutumes berbères se sont « arabisées » du fait du brassage continuel des populations » (Edouard Solal, « Philippeville et sa région, 1870-1831 », Editions El Qobia, Alger, 2016 avec  nouvelle édition préfacée par Ali El Kenz) -  assez jalouses de leurs traditions et de leur autonomie et toujours prêtes à combattre l’occupant .

Ville presque nouvelle et port commercial orienté vers l’extérieur et l’import-export,  Skikda avait la particularité d’avoir une population plus ouvrière – on y retrouve des travailleurs et/ou des commerçants - venant de tous les coins du pays, surtout des kabyles, des chaouias , des souafas .....en plus des régions attenantes (El Kol/ Collo  , El Harrouch, Azzaba/ex-Jemmapes , Jijel/ex-Djidjelli ...) - que bourgeoise. Peu de gros bourgeois , sinon quelques gros commerçants ou agriculteurs.  Ce qui en fit une des villes parmi les plus « européanisées » (quantitativement)  du pays .......et ,aussi , parmi les plus « politisées ». Rien d’étonnant de la voir classée parmi les villes qui eurent, de 1830 à 1962, le plus grand nombre de titres de presse.....ainsi que des établissements scolaires (lycées Larbi Tebessi , ex-Luciani et celui des filles,  ex-Maupas) ayant formé de grands noms de la vie politique et culturelle  nationale : Ferhat Abbas,  Mohamed Aziz Kessous (un des plus brillants journalistes , compagnon de lutte de Ferhat Abbas qu'il a connu au lycée de la ville),  Mohamed Seddik Benyahia, Pr Lazreg Hacene, éminent ophtalmologue , bâtisseur des universités d'Oran,  né à El Harrouch, Dr Lamine Khène, né à Collo, Mohamed Salah Dembri, Mohammed Harbi, Belaid Abdesslam, Fadela M'rabet (Abada)  (voir in www.almanach-dz.com/habitat/skikda) ............et  des clubs de foot prestigieux et militants aux joueurs talentueux (les frères Oudjani, les frères Bouchache...) comme la Jsmp , aujourd’hui Jsms ( de tendance plutôt Udmiste,) et le Wap (un club créé , en fait, par les militants du  Mtld) , face au club européen , le Rcp. Bien  sûr, comme toutes les cités portuaires, la ville a eusa  pègre locale qui est arrivée, durant la période s'étalant de 1946 à 1954, à concurrencer le milieu européen puis marseillais sur son propre terrain. Ce qui fut très utile à la guérilla urbaine menée par le Fln/Aln  après le déclenchement de la guerre de libération nationale. Et, ce qui a laissé des traces, dans l’imaginaire populaire, faisant des Skikdis de « fortes têtes » qui ne s’en laissent pas conter.

Elle devint , donc, par la force des choses et sous la pression des répressions une sorte de ville-refuge , tout particulièrement après les événements du 8 mai 1945, pour les militants recherchés du Ppa et du Mtld . Mohamed Harbi , l’historien originaire d’El Harrouch note , dans ses recherches et observations – puisqu’il a étudié et vécu  à Skikda-  le lien significatif existant entre les espaces urbains et les formes de mobilisation politique. Il  signale que le « Faubourg de l’Espérance » et ses hauteurs , quartier populaire se trouvant à l’entrée ouest de Skikda, étant plutôt Ppa, messaliste donc et le  centre-ville étant plutôt Mtld, centraliste puis, par  la suite Os, on y trouvait  aide et protection . Je me souviens, aussi,  avoir entendu feu Abdelhamid Benzine –lors d’une conférence - dire que , recherché par la police, il avait plongé , un moment, dans la clandestinité ......à Skikda au sein de la communauté des dockers...et il avait « découvert » que la ville était parmi les plus « encartées » du pays au Ppa/Mtld . Et, cela n’empêchait pas les autres mouvements et/ou partis politiques d’éclore et d’exister. Certainement , en raison de positions avant-gardistes les populations travaillant surtout comme dockers au port, assistant donc, en direct , à tous les événements internationaux à travers les allées en venues incessantes des navires , assistant à l’exportation des richesses du pays sans qu’ils n’en profitent pleinement ou , alors, travaillant sur les terres des riches domaines des vallées pour la plupart, sinon la totalité, exploitées par de gros colons, les petits fermiers maltais occupant le piémont , repoussant ainsi, les populations musulmanes vers les hauteurs bien ingrats.

Sikkda, « une des villes des plus « coloniales » de l’Algérie et, paradoxalement des plus nationalistes » (Ali El Kenz, Chapitre « Itinéraires », in « Ecrits d’exil », Casbah Editions, 2009)

 

Ce niveau de politisation a généré bien des actions de bravoure pour le recouvrement de la liberté . L’auteur en cite plusieurs. Pour ma part et me rapportant à mes seuls souvenirs d’enfance, il y eut , la visite de Messali Hadj à Skikda en avril 1952. Un accueil d’une foule fervente, déjà à partir de la sortie de Constantine, « dans un état second » (Mohammed Harbi, 2009). Il y eut, aussi,  ordonnée par le chef de « daïra » à l’époque, Abdelhafid Boussouf (alors condamné par contumace pour sa participation à l’organisation paramilitaire du Mtld) ,  le  24 octobre 1952 , une grande manifestation ,suite à la répression policière sur les vendeurs du journal légal du Mtld, L'Algérie libre. La police tire et on dénombre un (1) mort, un Saâd –Djaballah (in Mohammed Harbi, « Une vie debout », Casbah Editions, 2001, p 90) . Les troubles s'étendirent à plusieurs localités. Puis, il y eut le 20 août 1955, une des pages parmi les plus glorieuses de la lutte armée contre le colonialisme.... et parmi les plus sanglantes puisqu’elle   vit, suite à la répression féroce , plusieurs tribus et familles  de la ville et de la région totalement décimées. Ali El Kenz (2009) , écrit que ,par la suite, « après le 20 août 1955 ,et la série d’événements qui s’ensuivirent jusqu’en juillet 62, l’allure de la vie sociale n’était plus la même . Skikda était devenue une ville-garnison qui accueillait par milliers les militaires venus de France......et quand le couvre-feu était levé, chacun rentrait chez soi ........ On craignait surtout les « locataires » de la caserne Mangin où résidait le terrible tortionnaire   Paul Aussaresses ,  mais aussi les commissaires de quartier » ....et, aussi, les paras et autres mercenaires (et « étudiants » étrangers venant de pays de dictature comme on le découvrira plus tard ) cantonnés au Cipcg (pour formation à la répression et à la contre-guerilla ) à l’ « Ecole » de Jeanne d’Arc (aujourd’hui Ben M’hidi), créée en mai 1958.

Juillet 1962 : Des dizaines de milliers de morts mais , enfin, l’Indépendance ! Une toute autre histoire de Skikda commence. Avec le départ de la presque totalité de la population d’origine européenne. Avec une certaine rurbanisation . Et, surtout, à partir de  la fin des années 60 et au début des  années 70, avec une « révolution industrielle » menée au pas de charge  touchant une  bonne partie de la côte Est .Une gigantesque plateforme pétrochimique  de plus de 1 500 hectares (deux raffineries de pétrole, deux centrales électriques, un terminal de gazoduc et un d'oléoduc, deux unités de liquéfaction de gaz et une unité chimique de polymères) ......pris sur la plage, sur la mer et sur des terres agricoles  ce  qui a , quelque peu, et pour un bon bout de temps, « écrasé » le côté touristique de la ville et de la région.

Puisse cet ouvrage trouver au niveau du public, skikdi d’abord, mais aussi régional et national, l’écho le plus large afin que la vraie image – celle historique , politique , culturelle et sportive - de la ville et de sa région (dans laquelle j’intègre toutes les régions inscrites dans le triangle El Harrouch, Azzaba et Collo), ainsi que celle de ses habitants – tout particulièrement les jeunes- de la ville et des cités et  campagnes environnantes,  soit « revue et corrigée ».

 Personnalités liées (étant nées ou ayant vécu ou étudié)  à Skikda et dans sa région (actualisée et augmentée.Décembre 2019)   

Malek Chebel, né en 1953 à Skikda, philosophe et islamologue (décédé samedi 12 novembre 2016). Dalil Boubakeur, né en 1940 à Skikda, recteur de la mosquée de Paris et premier président du conseil français du culte musulmanMohamed  Maghlaoui, né en 1944 à Skikda et décédé en 2009, ancien ministre des transports. Hocine Lahouel, né en 1917 à Skikda, fondateur du journal "La Nation Algérienne", Messaoud Boukadoum dit Si El Haouès, Mohamed Larbi Demaghlatrous (1924-2017) , Cheikh Mezhoud Ahmed qui a vécu très longtemps à El Harrouch , Dr Lamine Khène, né à Collo , ancien SG de l'OPEP et ancien président de l'ONUDI, Ferhat Abbas (homme politique et journaliste , Mohamed Aziz Kessous (journaliste), Abbas Ghezaiel, général-de corps de’armée de l’Anp ,ces trois  derniers ayant fréquenté le lycée de la ville   , Ali Kafi, né en 1928 à Skikda, ancien chef du Haut Comité d'État de 1992 à 1994. Gas Mohamed dit Hannachi, grand animateur syndicaliste durant les années 40- 60 , Karim Sarroub, Psychanalyste et écrivain , Nabile Farès (né à Skikda en 1940- et décédé en août 2016), fils de Abderrahmane Farès, écrivain, poète, psychanalyste, universitaire, penseur ert dramaturge , Abbas Nasreddine dit Didine, décédé en 2016, responsable de la section universitaire de la Fédération Fln en France durant la guerre de libération nationale . Et, bien d’autres comme Ali El Kenz (sociologue) et ses frères (dont Youssef, qui fut entraîneur de l'équipe de jeunes footballeurs formée de Assad, Madjer, Belloumi...et fondateur à Skikda de la République des sports destinée aux jeunes des quartiers)  , Abdelmadjid Bouzidi (économiste), Fadela M’rabet-Abada (journaliste de radio et écrivaine) , Salah Hioun (plasticien, né à Collo), Chebli Hassen (1927-1971), poète, Hamra Krouha Mouloud (manager dans le domaine des hydrocarbures), Mohamed-Salah Dembri ( ancien ministre des Affaires étrangères et diplomate), Kamal Belizidia, et Gas , grands commis de l’Etat des années 80 et 90, Cheniki Ahmed, (journaliste et universitaire...né à Collo), Belkacem Ahcène-Djaballah (journaliste et ancien Dg de l'Anep puis de l'agence Algérie Presse Service), les frères Chérif et Hocine Bouchache, (footballeurs professionnels), Oudjani père et fils ( footballeurs professionnels), Draoui (international de football de génie) ,Chaibout Brahim (ancien ministre des moudjahidine et homme politique, né à El Harrouch), Abdallah Sâad-Djaballah (homme politique ayant créé un parti islamique dans les années 90), Ramdane Abdelaziz (artiste -peintre et sculpteur), Farid Baghriche (artiste peintre), Djeffal Adlane (  artiste peintre) , Bennikous Abdelkader (syndicaliste, qui a été SG de l’UGTA), Abdelaziz Ziari (Président de l'APN et professeur en médecine), Fezzaz Djamal (cinéaste), Tabbouche Mohamed dit Zerok Skikdi, artiste chanteur, , Haddad Ghani, enseignant , président d’Apc et champion de karaté,  Fatima Zohra Dridi, championne d’Algérie de baskett-ball en 63, Aziz Mouats, ingénieur agronome, ancien directeur de lIta de Mostaganem,journaliste , Rachid Sayoud, expert international en céréales, Hichem Aboud, journaliste, Hocine Younès, champion de tennis, Abdelkader Hachaniet Rabah Kébir, hommes politiques de tendance islamiste dans les années 90, Salah Lebdioui, diplomate .... ....Le triangle Collo-Azzaba-El Harrouch au centre duquel se trouve Skikda , étant un espace commun (se référer au langage et à l'accent spécifiques  à toute la région), on peut ajouter Azzedine Medjoubi, comédien et metteur en scène de théâtre, né à Azzaba ( assassiné en 1995 à Alger par les terroristes) ,  Mohamed Harbi (El Harrouch)  , Abderezak Bouhara ( ancien ministre de la Santé et homme politique né à Collo mais considéré comme un authentique skikdi),  le général Bouhadja (de Collo) , les colonels Ali Mendjeli et Abdelhamid Latrèche (de Azzaba), Lamine Debaghine, Said Bouhadja, ancien président de l’Apn,  Amal Wahby,  chanteuse (ingénieur de formation) , Ahmed Hamdi, universitaire, journaliste et poète, Abdelali Rezzagui, universitaire, journaliste et poète, Saad Bouakba, journaliste, Aziz Mouats , ancien directeur de l’Ita de Mostaganem ....et bien d’autres