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Roman Kaouther Adimi- "Des pierres dans ma poche"

Date de création: 25-05-2020 09:55
Dernière mise à jour: 25-05-2020 09:55
Lu: 13 fois


POPULATION- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN KAOUTHER ADIMI- « DES PIERRES DANS MA POCHE »

Des pierres dans ma poche. Roman de Kaouther Adimi.  Editions Barzakh , Alger 2015, 176 pages, 600 dinars

L’héroine va , très bientôt, avoir 30 ans. Elle est d’un niveau d’instruction supérieur. Certes, elle pense qu’elle est pas belle , alors qu’elle  n’est pas laide du tout (« Je suis une barre médiane », dit-elle….. «  Bien au milieu, pas devant , pas derrière, pas laide, pas magnifique »). Elle a un travail bien rémunéré ; un travail qu’elle aime bien. Elle a son propre logement (loué). Elle s’est « libérée » de la famille et de leurs questions d’un autre temps, d’un autre monde….Mais, elle vit loin de son pays natal, l’Algérie . Le père, un papa cool est  décédé. Elle vit à Paris, la ville de ses rêves de jeunesse. Elle jouit de la liberté de pensée et de mouvement. Jusqu’ici, tout va bien. Hélas, elle est encore célibataire et n’arrive pas à trouver « chaussure à son pied »,  (« coincée », dit-elle, « entre Alger et Paris, entre l’acharnement de ma mère à me faire revenir à la maison pour me marier et ma douillette vie parisienne ») subissant ainsi un véritable harcèlement téléphonique quasi-quotidien de la part de d’une  maman qui s’inquiète jusqu’à la névrose. Compréhensible lorsque la cadette  va bientôt se marier !

Elle s’aperçoit alors qu’aussi bien à Paris qu à Alger, le célibat (d’une femme qui vogue vers la trentaine) n’est pas chose aisée à vivre. Il y a , en fait , une recherche éperdue, cachée,  mais réelle, de l’autre moitié, l’homme. Pour éviter la  « mort solitaire ». C’est tout cela qu’elle raconte : observation rigoureuse, méticuleuse, des  sociétés (algérienne et française) et de leurs  travers et humour se mélangent dans un style léger… rapide , clair, délicieux même. Un style qui est spécifique à l’auteure d’autant qu’elle maîtrise parfaitement la langue et l’écriture romanesque.De plus, le roman a une mise en page originale qui facilite la lecture.

L’Auteure : Née en 1986  à Alger, elle vit et travaille , aujourd’hui, à Paris.Par le passé, elle avait même été, , un instant assez court,   journaliste à El Watan . Diplômée en lettres modernes et en management des ressources  humaines, elle a déjà écrit un premier roman, « Des ballerines de papicha » (éditions Barzakh, 2010, repris par Actes Sud – France- en 2011, sous le titre « L’Envers des autres »). Elle est, aussi, auteure de plusieurs nouvelles , pour la plupart reprises dans des ouvrages collectifs (ex : « Alger, la nuit »). Plusieurs prix :Prix du Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger 2008,   Prix du jeune écrivain de langue françasie en 2006, Prix de la Vocation en 2011, Prix du roman de la Fondation France-Algérie 2015…

Avis : Un véritable dessert,  léger et délicieux. Avec , cependant, une fin (le dernier chapitre) assez tristounette : « Un jour , je reviendrai à Alger seule et ce ne sera pas un drame ». Pour dé-stresser, le livre est très fortement conseillé aux mamans angoissées et aux jeunes filles célibataires de plus de 25 ans. Ou 30. Aux papas cools, aussi.

Citations :  «  Chez nous, la télévision nous sépare en même temps qu’elle nous réunit »(p 39), «  Les armées ne devraient être constituées que de femmes. Les batailles, les révolutions, les guerres seraient bien plus épiques, sanglantes et violentes qu’elle ne l’ont été jusqu’à présent » (p 55), « L’Algérie et ses femmes. Les rêves de mariage. Les féministes, les carriéristes, les belles, les riches, presque toutes ont abandonné la cause. Elles veulent un homme, une jouissance, un statut. Elles ont peur de ces mêmes hommes  » (p 57) , «  Les hommes aiment leur mère au point d’avoir peur de la tromper avec leur femme » (p 58), « On ne quitte pas l’Algérie comme on quitte un autre pays » (p 85), «  Mon premier mot a été : papa. Mon deuxième : maman. Mon troisième : mariage » (p 101),  « Un beau lieu à Alger est un lieu vide » (p 160).