Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Récit historique Tahar Oussedik- "Oumeri"

Date de création: 20-05-2020 10:39
Dernière mise à jour: 20-05-2020 10:39
Lu: 68 fois


HISTOIRE- RÉSISTANCE- RÉCIT HISTORIQUE TAHAR OUSSEDIK- « OUMERI »

OUMERI. Récit historique de Tahar Oussedik. Editions Laphomic, Alger 1982 ( ?), 174 pages, 37 dinars

1/ Eviter de tuer inutilement. Ne faire usage de ses armes qu’en cas de légitime défense.

2/Rançonner les riches qui, grâce au marché noir, ont acquis des fortunes scandaleuses.

3/ Aider et soulager les pauvres et les malheureux qui peinent et souffrent.

4/ Sanctionner sévèrement les agents de l’Administration qui brutalisent les faibles

Voilà donc le programme d’actions, assez clair , d’un homme du Djurdjura qui allait devenir en très peu de temps le « bandit d’honneur » le plus célèbre.

Lui, c’est  Belaidi Ahmed , dit Oumeri. Né au village Ait –Djimâ, dans la région d’Ait-Bouadou , considérée alors comme la partie la plus austère de la commune des Ouadhias. Une localité présentant un aspect plus misérable que celui des autres agglomérations plus proche d’une vallée verdoyante et riche.

Le jeune Ahmed grandit dans son village de montagne. Il maraude , découvrant les coins et recoins les plus secrets de la montagne environnante. On ne sait jamais ! Il ne dédaigne pas la bagarre surtout lorsqu’il s’agit de défendre l’honneur et la dignité de la famille. IL grandit , devient un garçon bien constitué robuste et il ne  travaille dur aux côtés de son père.

Mais voilà qu’un jour de marché , il lui arrive de corriger en public un garde –champêtre arrogant. Il est recherché. La fuite . Des petits boulots ……puis l’exil en France….Appelé « sous les drapeaux », il revient en Algérie et intègre l’armée. Il participe avec bravoure à la 2ème guerre mondiale…mais abandonné dans les tranchées par ses compagnons et officiers, il se rend à Paris…. 

Revenant en Algérie, recherché comme « déserteur », ayant connu  un militant du mouvement national (Ppa) Hadj Ali Arezki, ayant appris les massacres des populations de 8 mai 45, par le pouvoir colonial, il décide alors de « prendre le maquis »…..Cela va durer jusqu’au dimanche 16 février 1947 à midi quand,  trahi par ses hôtes de Iazouène, qui l’avaient invité –avec Arezki- à un couscous de l’amitié, il tombe dans le traquenard tendu de connivence avec les autorités coloniales . Il sera tué (ainsi qu’Arezki) .

Un homme venait de mourir, une légende allait naître. Et, on chantera encore longtemps son courage dans les chaumières du Djurdjura  . Extrait du « Chant de mort d’Oumeri » (voir pp 173-174) :  « Quoiqu’ absent, son nom dans les cœurs luit /Il espère qu’on se souvienne de lui/ Et, si sous terre il est enfoui/ C’est pour les déshérités /Qu’il s’est sacrifié.

 L’Auteur Un véritable historien, non pas académique mais seulement historien vulgarisateur, recherchant surtout à transmettre l’amour du pays et de ses héros….une passion faisant fi de toute notoriété.  Né le 20 janvier 1913 à Sidi Nâamane (Tigzirt), décédé le 2 octobre 1994 à Alger. Enterré , selon son vœu à Ain El Hammam, berceau de sa famille. Une vie pétrie de sentiments très forts : l’amour de la patrie et la foi en la jeunesse algérienne. Instituteur (à partir des années 30), volontaire combattant contre le nazisme, militant au sein du Ppa-Mtld…arrêté en 1951…encore arrêté en 1957 durant la guerre de libération nationale  et torturé (durant 36 jours ; ce qui lui laissera des séquelles)  par les paras de M. Bigeard, ayant partagé la cellule de Ali Boumendjel…..réfugié en Tunisie, membre de l’Aln ...redevenu instituteur à l’Indépendance puis fonctionnaire au ministère de l’Information et de la Culture où j’ai eu, à partir des années 70, le plaisir, l’avantage et l’honneur de le croiser et de, bien souvent, discuter avec lui. Un homme plein d’humanité …et d’humour. Auteur de plusieurs ouvrages historiques : « La Berbérie »  , « les Poulains de la liberté » , « Si Smail », « 1871, Insurrection en Algérie », « Des héroïnes algériennes dans l’histoire »………

 

Extraits « Auparavant, et aussi loin que remonte le souvenir, le Djurdjura a toujours constitué le havre de paix et de sécurité des hommes qui avaient osé braver la fureur des « forces de l’ordre » (p 8), « Dans ce monde tourmenté, les mots perdent leur vrai sens et changent d’interprétation, selon le côté de la barricade que le destin réserve à chacun ; D’un côté , on prend mais on ne vole pas et le législateur n’hésite pas à présenter des décrets qui légitiment et officialisent les actes les plus répréhensibles ; l’exécutif , qui perçoit des prodigalités substantielles , accepte et cautionne tout. De l’autre côté, on est , pour des faits identiques, exposé aux rigueurs les plus extrêmes et aux foudres de la justice , car on vole et on ne prend pas « (p 109), « Les chiens sont les pires ennemis des révoltés et des déracinés sociaux ; excités par un flair très développé, ils signalent la présence de tout élément étranger. Le drame, c’est qu’ils ne dorment jamais » (p 115).

Avis :Un roman d’aventures plus qu’un simple récit. Avec  un style clair, simple, précis . Un ouvrage plus que digne d’être adapté au cinéma.

Citations « Si tu t’attaques à plus faible que toi, Dieu t’enverra un homme plus fort pour te châtier. Sois toujours juste et correct » (p 25), « Les hommes , quelle que soit la réputation qui les précède ou les accompagne, ne peuvent échapper à la défaite amère s’ils se laissent surprendre par négligence, mépris du danger ou manque de précaution. Il n’y a pas de surhomme et celui qu’on classe dans cette catégorie ne se différencie des autres que par sa connaissance des insuffisances et faiblesses humaines « (p 83), « L’ordre , dicté par la force et la contrainte, conduit fatalement au désordre, parce qu’il s’oppose au droit et à la justice » (p 108)