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Cheikh Hamada

Date de création: 12-05-2020 17:59
Dernière mise à jour: 12-05-2020 17:59
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CULTURE- MUSIQUE- CHEIKH HAMADA

Le Cheikh Hamada est le chantre éternel du chant bédouin et l’un des fondateurs du mouvement de musique gasba. Il a fait partie du bouillonnement musical de l’entre-deux-guerres. Ce chanteur hors pair a enclenché la citadinisation du bédouin traditionnel. Phénomène majeur dans la musique maghrébine.  Cheikh Hamada de son vrai nom Mohamed Gouaich est né en 1889 à Blad Touahria près de Mostaganem. Cet artiste d’une grande famille de la tribu des Médjahers est d’une vaste culture, s’intéressant à tous les genres musicaux à travers le pays et même le théâtre. Il aura eu de son vivant révolutionné, à lui seul, la tradition musicale dans le genre bédouin et ce, en réussissant de façon magistrale à brosser la poésie citadine entre el hadri, el hawzi et l’aâroubi, et sur le plan musical il a apporté la précision du jeu en utilisant que deux flutistes au lieu de trois. Dans ses compositions, la gasba sera remaniée et lui apportera une touche propre à la région des Medjahers, influençant ainsi le répertoire chaâbi, qui entre sous sa férule dans le mode bédouin. Cheikh Hamada était l’ami intime de Hadj M’hamed El Anka et aussi Hadj Boudissa, autre artiste référence. Ils avaient pour habitude, lors de dîners philosophiques avec les poètes, les musiciens comme Hadj Lazoughli, Hachemi Bensmir, Abdelkader El Khaldi, d’échanger et travailler ensemble des q’çayeds (poèmes). Cheikh Hamada sera aussi un maître pour les jeunes générations. Il recevra dans sa maison plusieurs artistes comme Maâzouz Bouadjadj, leur expliquant, de temps à autre, pendant de longues heures, une tonalité, une strophe, le sens caché d'un mot, d'un vers, d’une q’çida. Il a fait connaître cette musique basée sur des poésies bédouines ancestrales et une influence arabe harmonique en rapprochant la campagne et la ville, élargissant ainsi le mouvement sur toute l’Algérie et par-delà les frontières. Il a fait son premier enregistrement en 1920 et, par la suite, il a continué à faire des disques en Algérie, à Paris et Berlin, jusqu’à sa mort. Ce musicien et chanteur est aussi le père de deux fils résistants à l’ordre colonial tués durant la guerre de Libération nationale. Ce pionnier de Mostaganemois a su brandir l’étendard culturel et artistique de Mostaganem et l’a porté très haut, au firmament, par la force de son poignet. Les disques de vinyle en sont les seuls témoignages fragmentaires de ses œuvres. Il est à noter sa participation à un festival de la musique folklorique à Bruxelles en 1936, comme sa participation à l’Olympia à Paris. Il fréquentait également le trio gagnant les enfants prodiges de Mostaganem et d’Alger Kaki Ould Abderahmane, Cheikh Djillali Aïn Tédelès, Cheikh Khaldi, une grande figure de la musique algérienne qui a su mixer le haouzi, l’andalou et le bedoui. De plus, son interprétation instrumentale ne se limite pas au symbolique gallal comme l’on croirait. La particularité et le génie de cet éminent chanteur bédouin réside dans le fait d’avoir ressenti et d’avoir été à l’origine de cette nécessité que de rénover et moderniser ce genre, en lui permettant de répondre aux aspirations de l’auditoire des temps d’alors. Cet homme est doté d’un désir de recherche musicale poussé pour avoir métamorphosé l’antique genre aroubi en un genre modernisé beaucoup plus attractif et abordable aux populations de tout bord, citadine et bédouine. Ceci sous l’influence de grands courants dont l’intronisation en a été la chanson Boussalef Meriem (Ma Chayli) suivies d’autant d’autres Ya Dhalma, El Youechem, Aïd el kebir, Ya bouya, etc… Ce qui l’a porté à se produire autant à travers toute l’Algérie qu’à l’étranger. Surtout à partir du Maroc d’où il a rapatrié de grands succès qu’il a travaillé par la suite à sa manière dont la fameuse chanson «Hajou lefkar sidi» reprise par El Anka. Ce qui contribua à un genre nouveau rehaussant les autres genres musicaux de notre patrimoine artistique et des recherches étymologiques dans cette vaste et pléthore glèbe du malhoun. Filon inestimable de valeurs alimentées de tout temps par nos élogieux poètes.  Une autre chanson très prisée à l’actif de Hamada reprise par le chanteur constantinois Ali Fergani qui l’a propulsée «Ya dhalma» du poète mostaganémois Benguenoun. Il a tiré sa révérence le 9 avril 1968 à Mostaganem, après son retour de son pèlerinage à la Mecque. Cheikh Hamada à assis et consolidé sa notoriété artistique à la force du poignet. Ce grand classique était également reconnu pour ses qualités comme une référence de la part d’artistes de talent tels El Anka et Mazouz Bouadjaj et autres dans le domaine du chaâbi et le précurseur d’une vague de chanteurs de bedouin nostalgiques du genre aroubi sous sa forme nouvelle