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Meriem Fekkai

Date de création: 02-05-2020 18:22
Dernière mise à jour: 02-05-2020 18:22
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CULTURE- MUSIQUE- MERIEM FEKKAI

© Sihem Oubraham/El Moudjahi, jeudi 30 avril 2019

Meriem Fekkaï, chanteuse algéroise née à Alger en 1889, est issue d'une famille originaire de Biskra. Elle pratiquait un genre musical algérois «le M’saam'aâ»,  typiquement féminin et inspiré de la Maâlema Yamna. Cette dernière est la muse de Meriem Fekkaï. Elle lui a apporté un plus dans la composition de son ensemble artistique constitué à partir de 1935. Meriem Fekkaï a introduit une forme de prestation musicale et dansée tout à fait nouvelle. Jusque-là, les Cheikhate ne s’occupaient pas de la partie ballet traditionnel. L’artiste commence sa carrière  assez tard, mais rencontre un très grand succès. Elle joue  du hawzi, de la musique arabo-andalouse, met en musique de nombreux poèmes du répertoire algérien. Meriem Fekkaï avait un penchant pour les  fêtes familiales et les mariages. Il est vrai qu’elle débuta sa carrière en qualité de danseuse à l’occasion des cérémonies familiales, mais également en intermède des spectacles organisés par Mahieddine Bachtarzi, notamment à partir de 1928, période au cours de laquelle il présidait aux destinées de la Société Musicale El Motribiya. Elle a figuré sur un plateau artistique grandiose, le samedi 24 août 1929 à Alger, aux côtés de Mahieddine, Sassi et Chabha, une grande chanteuse kabyle de l’époque. Meriem Fekkaï s’affirma réellement comme une artiste complète. A ses talents de chanteuse, s’ajoutent ceux de danseuse traditionnelle, agile, élégante d’une beauté incomparable. Elle charma  son public et les organisateurs. Une  étoile est née, qu’il fallait compter avec elle. En 1935, la chanteuse constitue un ensemble artistique nouveau, composé de cheikhate, avec une performance nouvelle. Elle a apporté un plus dans la composition de cet ensemble en introduisant une forme de prestation musicale et dansée inédite. A l’époque, outre Meriem Fekkaï, Yamna et Tetma, il y avait également Fettouma El Blidiya, Cheikha Zahia, Leila Fatah (L. Mouti) Soltana Daoud (Reinette l’Oranaise) et Zohra El Fassia. Pour les Cheikhs genre m’dih, que l’on n’appelait pas encore Chaâbi, il y avait cheikh Abderrahmane El-Meddah, cheikh Mustapha Driouch, cheikh Mamad Benoubia, Reghaî Abderrahmane dit cheikh Saîdi, cheikh Mahmoud Zaouch, cheikh EI-Hadj M’hamed El-Anka et son maître cheikh Nador (Mustapha Saîdi) qui était déjà décédé en 1926, pour ne citer qu’eux. Pour la musique andalouse, l’activité était intense également avec la suprématie de la société El-Motribiya, la société El-Andaloussia au sein de laquelle figuraient Mohamed Fakhardji, El Djazaîria, El-Ghernatia, El Mossilia. Moyennement instruite, elle compensait ce handicap par sa grandeur d’âme et son comportement social. Sa maison était le lieu de rencontre de beaucoup d’artistes. Aimable et très accueillante, elle fut aidée par son entourage familial et plus particulièrement par son mari, Si Abdelkrim Belsenane, qui ne ménagea aucun effort pour son épanouissement artistique. Ils vécurent une quarantaine d’années ensemble sans laisser d’enfants. Meriem Fekkaï choisissait sa clientèle parmi les familles bourgeoises d’un niveau social élevé ; son programme, de ce fait, ne désemplissait jamais durant les étés, en après-midi (dhella) ou en soirée (sahra). Son programme de chants était composé de poésies du genre aroubi et hawzi, des morceaux légers (nqlébète) du classique andalou. Elle donnait leur chance à toutes les belles voix qui l’entouraient. Elle avait, pendant une longue période, permis à Fadila Dziria d’interpréter tous les Istikhbarate, préludes aux chants qu’elle programmait pour son ensemble à l’occasion de toutes ses prestations.
Ses succès étaient en grande partie ceux de Yamna ou de Tetma, car puisés dans le patrimoine hawzi tlemcénien ou aroubi algérois. Meriem Fekkaï se démarque malgré tout des autres, par l’interprétation à l’unisson de la quasi-totalité des chants. Le Dakhli Msammaî «Rana Djinek», chant de bienvenue à la mariée, reste son chef-d’œuvre avec «El qelbbete Sali» et «Mene houa Rohi ou Raheti» du poète tlemcénien Ibn Msaîeb. Meriem Fekkaï sortait rarement en dehors d’Alger, sauf pour des visites amicales ou familiales à Tlemcen, ou encore à Miliana pour l’Aîd El-Adha. C’était une cinéphile très avertie qui ne ratait jamais son après-midi cinéma et les premières de films qu’on projetait à Alger. L’artiste  décède  le 18 juillet 1961.