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Chebel Malek

Date de création: 24-04-2020 11:17
Dernière mise à jour: 24-04-2020 11:17
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CULTURE- PERSONNALITES – CHEBEL MALEK
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© Ahmed Cheniki (from Fb, avril 2020)/Voir aussi fiche in sciences/personnalités

 

Un clin d’œil à Malek Chebel
Malek, l’homme-orchestre

Cela remonte à loin, il y a une vingtaine d’années, à 2 heures du matin, nous étions, si ma mémoire est bonne, un écrivain algérien de grand talent et moi, du côté de Saint-Michel à Paris quand nous rencontrâmes par un heureux hasard Malek Chebel, un homme affable et d’une grande intelligence, un grand liseur devant l’éternel qui réussissait à parler de sujets divers, en n’arrêtant pas de citer tel ou tel sociologue, tel ou tel penseur, pour étayer son propos, tout en proposant une réflexion autonome. C’était un érudit, au même titre qu’un autre érudit, un autre ami, Ali El Kenz, qui est aussi de Skikda ou d’un autre qu’il appréciait beaucoup, Hassen Chebli. Il m’avait entretenu de sa stature et de son recueil de poésie préfacé par Mohamed Salah DembriChebel qui était un véritable touche à tout, anthropologue, historien et psychanalyste, n’a pas uniquement travaillé sur la sexualité en Islam, l’érotisme, mais aussi sur les questions culturelles du© Ahmed Cheniki (from Fb, avril 2020)/Complément

 

Un clin d’œil à Malek Chebel
Malek, l’homme-orchestre

Cela remonte à loin, il y a une vingtaine d’années, à 2 heures du matin, nous étions, si ma mémoire est bonne, un écrivain algérien de grand talent et moi, du côté de Saint-Michel à Paris quand nous rencontrâmes par un heureux hasard Malek Chebel, un homme affable et d’une grande intelligence, un grand liseur devant l’éternel qui réussissait à parler de sujets divers, en n’arrêtant pas de citer tel ou tel sociologue, tel ou tel penseur, pour étayer son propos, tout en proposant une réflexion autonome. C’était un érudit, au même titre qu’un autre érudit, un autre ami, Ali El Kenz, qui est aussi de Skikda ou d’un autre qu’il appréciait beaucoup, Hassen Chebli. Il m’avait entretenu de sa stature et de son recueil de poésie préfacé par Mohamed Salah DembriChebel qui était un véritable touche à tout, anthropologue, historien et psychanalyste, n’a pas uniquement travaillé sur la sexualité en Islam, l’érotisme, mais aussi sur les questions culturelles du monde musulman et du bassin méditerranéen, il a exploré de nombreux autres sujets qui concernent surtout les espaces arabes et musulmans. Il avait une profonde connaissance de Jacques Lacan, comme il appréciait énormément cet autre ami, ce grand paysage humain qui avait collaboré pour l’un de ses premiers ouvrages avec un autre grand intellectuel, Abdelmalek Sayad, ce « Socrate » singulier. On peut ne pas être d’accord avec Malek Chebel sur certaines questions, mais il demeure un grand intellectuel, un grand nom de la culture algérienne. Chebel n’avait pas peur d’aller vers des sentiers peu battus, il en puise la substantifique moëlle. Il était allé, à l’instar du Tunisien Bouhdiba, auteur d’un ouvrage fondamental, Sexualité en Islam, explorer les lieux profonds de la sexualité dans des territoires où il était peu facile d’y plonger. Déjà, même en littérature, on se souvient de la levée de boucliers contre Rachid Boudjedra qui, dans La Répudiation (1969) et L’Insolation (1972) osait mettre le doigt là où ça ne pouvait que faire mal, ce qu’il appelle la triade interdite, Sexe, politique et religion. On avait même parlé à l’université d’Alger de « pornographie ». Chebel était le sourire personnifié, une sorte d’universitaire ambulant, il était tantôt à Berkeley ou à Rockefeller University aux Etats Unis, tantôt à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) à Paris ou à l’ULB de Bruxelles ou au Maroc, en Egypte, il était partout, quand il s’exprimait en arabe, l’accent skikdi est toujours là, comme pour indiquer ses origines. Auteur de nombreux ouvrages, Chebel aimait beaucoup la littérature, il était un passionné de Joyce, de Céline et de Kateb Yacine. Il était sage, Malek, à tel point qu’il avait fait partie du groupe des sages de l’Union Européenne qui avait pour fonction de réfléchir sur les questions culturelles. Il a, à son actif, une trentaine d’ouvrages, malheureusement trop peu interrogés dans les milieux universitaires.

 

 monde musulman et du bassin méditerranéen, il a exploré de nombreux autres sujets qui concernent surtout les espaces arabes et musulmans. Il avait une profonde connaissance de Jacques Lacan, comme il appréciait énormément cet autre ami, ce grand paysage humain qui avait collaboré pour l’un de ses premiers ouvrages avec un autre grand intellectuel, Abdelmalek Sayad, ce « Socrate » singulier. On peut ne pas être d’accord avec Malek Chebel sur certaines questions, mais il demeure un grand intellectuel, un grand nom de la culture algérienne. Chebel n’avait pas peur d’aller vers des sentiers peu battus, il en puise la substantifique moëlle. Il était allé, à l’instar du Tunisien Bouhdiba, auteur d’un ouvrage fondamental, Sexualité en Islam, explorer les lieux profonds de la sexualité dans des territoires où il était peu facile d’y plonger. Déjà, même en littérature, on se souvient de la levée de boucliers contre Rachid Boudjedra qui, dans La Répudiation (1969) et L’Insolation (1972) osait mettre le doigt là où ça ne pouvait que faire mal, ce qu’il appelle la triade interdite, Sexe, politique et religion. On avait même parlé à l’université d’Alger de « pornographie ». Chebel était le sourire personnifié, une sorte d’universitaire ambulant, il était tantôt à Berkeley ou à Rockefeller University aux Etats Unis, tantôt à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) à Paris ou à l’ULB de Bruxelles ou au Maroc, en Egypte, il était partout, quand il s’exprimait en arabe, l’accent skikdi est toujours là, comme pour indiquer ses origines. Auteur de nombreux ouvrages, Chebel aimait beaucoup la littérature, il était un passionné de Joyce, de Céline et de Kateb Yacine. Il était sage, Malek, à tel point qu’il avait fait partie du groupe des sages de l’Union Européenne qui avait pour fonction de réfléchir sur les questions culturelles. Il a, à son actif, une trentaine d’ouvrages, malheureusement trop peu interrogés dans les milieux universitaires.