Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Equipe nationale de football Fln (Complément)

Date de création: 16-04-2020 17:53
Dernière mise à jour: 16-04-2020 17:53
Lu: 102 fois


HISTOIRE- GUERRE DE LIBERATION NATIONALE- EQUIPE NATIONALE DE FOOTBALL (complément

© El Moudjahid/Amar B, jeudi 16/4/2020

Il y a 62 ans naquît la glorieuse équipe du FLN, ancêtre de l’équipe nationale, deux fois championne d’Afrique en titre. Le 13 avril 1958, neuf joueurs professionnels désertaient leur club  pour former le nouveau noyau de l’équipe du Front de libération nationale, porte-drapeau de la cause algérienne dans de nombreux tournois de football à travers le monde. Un sacrifice qui restera gravé, en lettres d’or, dans les annales de l’histoire

Le dimanche 13 avril 1958, alors que la guerre d’indépendance s’apprêtait à boucler sa quatrième année de lutte acharnée pour son indépendance, neuf footballeurs professionnels quitteront le sol français dans la clandestinité, avec comme seuls bagages, femmes et enfants pour rejoindre Tunis, en passant, qui par la Suisse, qui par l’Italie. La veille, tous avaient pris part à la 30e journée de la Ligue-1 française. 

Neuf sur les dix joueurs déserteurs parviendront moins de vingt-quatre heures après le début de leur cavale à gagner Tunis où siège le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA). Hassen Chabri, qui évoluait  alors à l’AS Monaco, avait été, pour sa part, appréhendé par la police à la frontière italienne. 

 Un sacrifice pour l’histoire

 Au moins trois d’entre-eux, en l’occurrence Mustapha Zitouni, Abdelaziz Ben Tifour et Rachid Mekhloufi étaient présélectionnés pour la Coupe du monde-1958 en Suède. «Nous sommes partis dans l’incertitude la plus totale, mais nous sommes allés jouer au foot pour une liberté totale, bref pour une cause noble», confia des années plus tard, l’inégalable Rachid Mekhloufi. Tous avaient choisi le sacrifice à la gloire, la lutte comme jeu et l’indépendance comme enjeu. Aucun trophée, aucune médaille ne vaut cet honneur. Ces joueurs allaient entrer dans l’histoire pour toujours. En réalité, l’idée de bâtir une équipe nationale de football qui fera office d’une ambassadrice de la cause algérienne avait commencé à germer en 1957. La tâche de sélectionner les joueurs avait été attribuée à Mohamed Boumezrag, alors directeur à la sous-division régionale de la Fédération française de football. «C’est Boumezrag qui en avait eu l’idée. Il venait de participer aux Jeux de la jeunesse à Moscou. Il m’avait appelé juste après pour me parler du projet. Après quoi, on avait multiplié les rencontre chaque mercredi au Café du Luxembourg à Paris pour planifier ça», témoigne Mohamed Maouche, l’un des pionniers de cette équipe et non moins l’un des plus célèbres joueurs. Entre 1958 et 1960, l’équipe du FLN sera étoffée  par plusieurs nouveaux joueurs et multiplia, à partir de là, matches internationaux et tournois à travers le monde. D’ailleurs, plusieurs fédérations qui avaient accepté d’affronter l’Algérie durant cette période avaient payé cash leur choix. C’est le cas de la Tunisie par exemple qui avait vu sa demande d’adhésion à la FIFA rejetée parce qu’elle avait accueilli les joueurs de l’EN.

 Mohamed Maouche, membre de l’équipe du FLN : «Le choix de la date du 13 avril n’était pas fortuit.»

 Alors pourquoi avoir choisi le 13 avril pour lancer l’action et non pas le 12 ou le 14 ? Il faut dire que les fondateurs de l’équipe du FLN avait tout planifié dans les moindres détails. Rien n’avait été laissé au hasard. Comme nous l’écrivions plus haut, le 12 avril se jouait la 30e journée de la Ligue-1 française et les dix joueurs qui allaient constituer le noyau de la future sélection étaient tous retenus en club. Leur absences injustifiées à un regroupement de veille de match allait incontestablement susciter les soupçons. Mais le lendemain, le 13, tous les joueurs avaient quartier libre. Une journée propice pour enclencher l’action, comme le témoigne Mohamed Maouche. «C’était un dimanche et c’était une journée de championnat. Boumezrag avait remarqué qu’au moins cinq joueurs allaient être opposés dans des matches qui se déroulaient à la frontière italienne ou suisse. C’était une bonne porte de sortie pour les joueurs», a t-il raconté. 

 Les globes-trotteurs du foot !

 Depuis cette date du 13 avril, l’équipe du FLN avait disputé toute une série de matches à travers le monde. Le périple avait débuté dans les pays de l’Union soviétique, en passant par la Chine, le Vietnam, le Maroc, la Tunisie, la Libye, l’Irak et la Jordanie. Ainsi entre avril 1958 et novembre 1960, l’EN avait disputé 91 matches, pour 65 victoires, 13 nuls et 13 défaites. Une référence ! Mais au delà de cet exploit sportif, c’est l’esprit de sacrifice et le comportement exemplaire des joueurs de cette glorieuse équipe du FLN qui est retenu. «Il est évident que nous attachons une extrême importance au comportement de cette équipe, car elle représentera à travers ses exhibitions à l’étranger l’image du peuple algérien en lutte pour son indépendanc », disait Ferhat Abbas dans un message adressé aux joueurs à l’époque. Soixante-deux ans après, les velours de sacrifice, de bravoure et de nationalisme incarnés par ces valeureux joueurs demeurent aujourd’hui encore, si bien que Djamel Belmadi s’en servait pour motiver ses troupes lors de la CAN-2019 que l’Algérie remportera haut la main. Longtemps après, les fils et petits-fils de ces valeureux Algériens ont fait en sorte de perpétuer l’esprit combattant de cette équipe, flanqués depuis du surnom des «Guerriers du désert». Dormez sereins, vos sacrifices n’ont pas été vains... Désert. Dormez sereins, vos sacrifices n’ont pas été vains...