Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Recueil de textes Agnès Spiquel - Laadi Flici et d'autres.Alger 1967...."

Date de création: 02-04-2020 14:18
Dernière mise à jour: 02-04-2020 14:18
Lu: 55 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RECUEIL DE TEXTES AGNES SPIQUEL –« LAADI FLICI ET D’AUTRES.ALGER 1967….. »

LAADI FLICI ET D’AUTRES.ALGER 1967, , UN SI PROCHE ETRANGER. Recueil de textes  présenté par Agnès Spiquel. El Kalima Editions,  collection Djib, Alger 2018, 157 pages, 600 dinars

« Camus n’est pas un traître à l’Algérie puisqu’il n’était pas Algérien. Il n’était pas un déserteur puisqu’il n’a jamais rejoint les rangs de ceux qui ont fait l’indépendance. Il n’était pas un objecteur de conscience puisqu’il avait en réalité préféré sa mère à la Justice. Nous n’avons aucun droit de le condamner puisqu’il n’était pas à nous, avec nous, de chez nous. Mais, nous avons le devoir de remettre les choses à leur place et Camus à la sienne, de démystifier une légende qui tendrait à présenter cet écrivain comme un artisan de l’anti-colonialisme, comme un serviteur de l’Algérie. Camus n’a trahi que l’espoir que sa génération mettait en lui. Il n’est pas le seul dans ce cas » (Malek Haddad). Tout est dit en quelques phrases….. Il est vrai qu’en dehors de ses convictions idéologiques « intimes » ou avouées qui n’ont jamais réussi à prendre le dessus sur  ses penchants politiques « pied –noirs », préférant ainsi la « fuite » - en se réfugiant derrière  la mère et le soleil- à l’ « aveu » franc de son « européanité ». Déchiré ? Malheureux ? Peut-être ! Il sera « sauvé»  par une mort inattendue ,et peut-être recherchée, dans un banal accident de la route.

Pourtant l’image de Camus et de son œuvre  continue de hanter l’imaginaire littéraire (et philosophique)……du monde et, aussi, paradoxalement, de l’Algérie et des intellectuels algériens.

Cela ne date pas d’aujourdui ! On se souvenait de l’année 67, lorsque la vie intellectuelle de la Capitale a tourné un bon bout de temps autour de notre homme….Il est vrai que le tournage à Alger du film « L’Etranger » par Luchino Visconti ,avec pour acteur Marcello Mastroianni ,avait donné le « la ». Puis,  Max Pol Fouchet (janvier 1967). Puis, les  Chergui (Guy Hennebelle et son épouse)  avec leurs articles dans le  quotidien national « El Moudjahid ». Puis, Laâdi Flici, le médecin engagé, prolifique écrivain. Puis, Ahmed Taleb Ibrahimi. Puis Malek Haddad dans le quotidien régional An Nasr »….Le sujet de l’année ! Et, ça reprend aujourd’hui, Kamel Daoud (et ses soutiens ou adversaires) ayant relancé le débat, avec sa fameuse « Contre-enquête… »…

Agnès Spiquel a averti, dans sa présentation, en revenant à Laâdi Flici : Revisiter l’œuvre de Camus en ne s’enfermant pas dans des assignations simplistes (tout particulièrement les « dénis d’algérianité ») et  s’intéresser à la capacité de l’écrivain à transcender les déterminismes sociaux , à montrer l’efficacité de son écriture, mise au service d’une dénonciation de l’injustice et d’une célébration de la solidarité humaine. Elle a ,aussi, rappelé les contextes politiques avec un conservatisme musulman dominant , déjà dans les années 50…..et en août 67 ,entre autres, avec les attaques contre Mouloud Mammeri « considéré comme un auteur kabyle, mais pas comme un écrivain algérien »…puis durant les premières années de l’Indépendance….puis après le coup d’Etat de Boumediène , avec l’inscription encore plus prononcée de l’Etat dans la tradition arabo-musulmane….référence constitutive de l’ « algérianité ».

 

L’Auteur : Professeur de littérature à Valenciennes, Agnès Spiquel a collaboré à l'édition des œuvres complètes de Camus dans "La Pléiade" (Gallimard). Présidente de la société des études camusiennes, elle a établi l'édition de « Albert Camus ou La naissance d'un romancier : 1930-1942 » de Jacqueline Lévi-Valensi, Gallimard, 2006.

Sommaire :Présentation/ Laâdi Flici (1 texte) /H. et M. Chergui (3 textes) /Emmanuel Roblès (1 texte)/ Hocine Mezali/ Benyazzar El Hadj (1 texte. Ndlr, correctif :en fait Benyezzar El Hadi, un journaliste constantinois )/Malek Haddad

Extraits : « Ni son intelligence ni sa culture (Camus) ne l’ont empêché de faire passer les réflexes avant la réflexion, la défense d’une communauté avant la défense des valeurs universelles » ( Ahmed Taleb Ibrahimi cité , conférence du 10/2/1967,  p 27), « Le seul respect que je dois à Camus est celui que je dois aux morts » (Malek Haddad cité, article in An Nasr, 18/2/1967) , « Selon Camus, la plupart des hommes , pour se masquer l’absurdité de la vie, s’inventent des lois morales ou religieuses, se figent dans des attitudes pour se faire exister. Celui qui refuse cette duperie, qui reste à l’écart, est condamné » ( Article de M. et H. Chergui, El Moudjahid, 10 janvier 1967)

Avis : Intéressant à lire car il  présente les multiples facettes de la « critique ». Pour lecteurs très pressés.

Citations : « Tous les hommes portent la peste en eux et il est des gens qui ne le savent pas ou qui se trouvent bien dans cet état, et des gens qui le savent et qui voudraient en sortir » (Laâdi Flici, p 60), « La peste : qu’est ce que cela signifie ? C’est la vie et voilà tout !Et la vie exige une solidarité. Telles est la signification de « La Peste » (de Camus) » (Laâdi Flici, p 62), « La vieillesse n’est pas redoutable seulement par la laideur qui l’accompagne , mais surtout parce qu’elle n’a pas d’issue » (Article de M. et H. Chergui, El Moudjahid, 18 janvier 1967),  « Camus….un écrivain qui se montra plus brillant dans les drames qu’il écrivait que dans ceux que nous avons vécus » (Malek Haddad, article, An Nasr, 18 février 1967)