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Essai Houria Abdelouahed - "Les femmes du Prophète"

Date de création: 23-02-2020 12:33
Dernière mise à jour: 23-02-2020 12:33
Lu: 14 fois


CULTURE- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- ESSAI HOURIA ABDELOUAHED- « LES FEMMES DU PROPHÈTE »

LES FEMMES DU PROPHÈTE. Essai de Houria Abdelouahed. Koukou Editions,Cheraga/Alger 2019, 282 pages, 1 200 dinars

Khadîja (« La meilleure des femmes ») , Sawda, Aïsha, Hafsa (« La gardienne du Coran ») , Zaïnab (fille de Khuzaïma.... « La mère des pauvres ») ,Hind, Zaïnab (fille de Jahsh), Juwaïriya, Ramla, Safiya, Maïmuna......un total de sept épouses successives. Certaines d’entre-elles devinrent Mères des croyantes.

On a eu , aussi, des concubines comme Raihanna et  Maria la Copte.....des femmes épousées mais dont le mariage n’a pas été consommé.....et d’autres qui furent demandées mais ne devinrent jamais épouses.

On a  les filles : Zaina, Ruqaya, Oum Kalthûm et Fatima.

On a ......On a ....

L’auteure, comme elle l’écrit en conclusion de son ouvrage, a « cheminé avec ces femmes ». Elle s’est installée dans leur vie, dit-elle, lisant dans les textes les élisions du récit, le blanc, l’anesthésie de pensée ou l’absence d’affect, s’arrêtant sur les contradictions qui jalonnent cet immense corpus qui n’est autre que la fabrique de l’histoire arabo-musulmane.Elle réinscrit ces femmes « dans une dimension humaine, subjective ».

Une conclusion défendant et illustrant la femme dans sa vie , dans son existence et ses engagements et dans ses combats....la femme mère, épouse, fille, légende ou réalité, une réalité certes douce en apparence,  mais aussi violente et cruelle....qui lui fait dire que « notre malheur a commencé bien avant Daech ».

L’Auteur :Psychanalyste, maître de conférences et traductrice. Auteure de plusieurs ouvrages, dont trois en collaboration avec Adonis

Extraits : « Triste est le destin d’une captive.Un voile épais tombe sur sa vie antérieure.Des pans entiers de son existence ne seront plus soulevés, demeureront engloutis ou ensevelis dans un présent opératoire qui renie les palimpsestes de la mémoire » (p 88), « La construction de la nouvelle Cité impliquait la chute d’autres Cités et d’autres empires. Mais à ces femmes on enleva , dans l’écriture de leur histoire, la possibilité même de pleurer leurs êtres chers.Elles, qui perdaient liberté, dignité , famille et biens, se trouvaient enfermées dans des discours qui les dépouillaient même de leurs éprouvés et de leurs pensées » (pp 88-89) , « L’adoption d’une nouvelle religion n’allait pas sans déchirement, sans angoisse et sans culpabilité » (p 93), « Espace où se jouent les frivolités jusqu’à la niaiserie, le harem est aussi le lieu des batailles les plus cruelles pour qui saura le mieux assouvir le désir de l’homme.On ne cache pas les hostilités ni les alliances.......La polygamie alimente le sentiment de haine entre les femmes. Chaque femme devient une ennemie à exterminer.....  » (pp 206-207),

Avis :Se lit comme un roman. Mais, impression d’un ouvrage « construit » et écrit à la va-vite. Dommage, car très bien documenté sur l’univers des femmes de l’époque.....et, surtout, sur l’importance et l’influence de la femme ......hier, aujourd’hui.

Citations : « La rencontre de l’orphelin et de la femme puissante ne cessera de hanter l’imaginaire arabe et musulman » (p 15),   « Guerres et épousailles.Sur le sol arrosé du sang des humains, on plante des tentes pour les nouveaux mariages. Le mari est mort ! Vive le mari ! »(p 119), « On dit que les Arabes n’ont pas écrit de tragédies. Toute leur histoire est une immense tragédie » (p 191), « Lorsque la violence devient éloquence du discours, lors que le langage se fait attaque de l’autre et refus de l’altérité, il se perd » (p 270)