Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Djamila Amrane Minne

Date de création: 21-02-2020 19:57
Dernière mise à jour: 21-02-2020 19:57
Lu: 14 fois


HISTOIRE- PERSONNALITES- DJAMILA AMRANE MINNE

 

http://www.lequotidien-oran.com/files/spacer.gifIl y a trois ans, le 11 février 2017, disparaissait à Alger la moudjahida Djamila Amrane, née Danièle Minne, à l'âge d'un peu plus de 77 ans.

Djamila Amrane, née Danièle Minne, quitta ce monde, aussi discrète dans sa mort qu'elle l'a été dans sa vie. Elle avait émis le vœu d'être enterrée à Béjaïa, dans le carré des Amrane, où reposent Baba Salah et Yemma Aouaouche (ses beaux-parents) Ahmed (le plus jeune de ses beaux-frères) et d'autres membres de sa famille. Elle les a rejoints dans le cimetière de cette ville qu'elle a tant aimée .

Née à Neuilly-sur-Seine, en France, Djamila Amrane Minne s'était établie, en 1947, à l'âge de huit ans, à Tlemcen, en compagnie de ses parents, Jacqueline et Pierre Minne, enseignants et militants communistes. Elle y fréquenta le collège de Slane (actuellement collège Ibn Khaldoun). Sa mère Jacqueline, remariée en 1950 avec Abdelkader Guerroudj, après son divorce d'avec son premier mari, est décédée en 2015 à Alger.

 Djamila Amrane participa activement à la guérilla urbaine, dès l'âge de 17 ans, à Alger où ont milité également sa mère et son beau-père, dans l'organisation des Combattants de la Libération et au réseau de Yacef Saadi. (Jacqueline et Abdelkader Guerroudj seront condamnés à mort par les tribunaux de la colonisation). Djamila fut affectée ensuite à l'organisation sanitaire de la wilaya 3. Elle fut arrêtée en 1957, au cours d'un accrochage durant lequel fut tuée la « chahida » Raymonde Peschard », nous précise notre interlocuteur, comme pour souligner que les Algériens ne doivent jamais oublier la dette que notre pays a contractée à l'encontre de ces êtres d'exception.

Après l'indépendance de l'Algérie, Djamila Amrane mena une brillante carrière universitaire à Alger. Menacée durant la sanglante décennie noire des années 1990, elle ira un temps enseigner à l'université de Toulouse. Elle consacra sa thèse de troisième cycle à «L'emploi à Béjaïa» et celle de son doctorat d'Etat à un sujet qui lui tenait à cœur, «Les femmes dans la révolution algérienne», une étude qu'elle publia, par la suite, sous forme de deux gros ouvrages de référence ».

Le docteur Triki se souvient avec émotion que « l'ambulance qui transportait le corps sans vie de Djamila Amrane, d'Alger vers Béjaïa pour y être enterré, fit une halte inopinée à Ighzer Amokrane où les autorités locales tinrent à lui rendre un dernier hommage, pendant qu'une vieille moudjahida de la localité, qui avait combattu auprès de la défunte pendant la Guerre de libération, vint recouvrir son cercueil de l'emblème national .

La cérémonie de l'enterrement fut des plus simples. Après la traditionnelle prière d'adieu, effectuée à la mosquée de Sidi Soufi, une sobre oraison funèbre fut prononcée au cimetière Sidi Abderrrahmane, par le responsable des anciens moudjahidines de la région. L'émotion était intense. Une foule dense (où étaient présents l'époux de la défunte, leur fils, son frère ainsi que son beau-père - le toujours fringant Djilali Abdelkader Guerroudj, âgé aujourd'hui de 92 ans - mais également tous ses amis et des centaines de personnes anonymes qui voulaient lui rendre hommage) l'accompagna à sa dernière demeure .