Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Economie des médias- Revue Naqd, automne-hiver 2019/N° 37/ janvier 2020

Date de création: 03-02-2020 13:02
Dernière mise à jour: 03-02-2020 13:02
Lu: 71 fois


COMMUNICATION- ETUDES ET ANALYSES- ECONOMIE DES MEDIAS EN ALGERIE- REVUE NAQD  ,AUTOMNE-HIVER 2019 /N°37/JANVIER 2020 (I/II)

 

ÉCONOMIE DE LA PRESSE ET DE LA COMMUNICATION EN ALGÉRIE : DE L’ « AVENTURE INTELLECTUELLE » À LA « MÉSAVENTURE ÉCONOMIQUE »

 

Belkacem Ahcene-Djaballah[1]

 

« Aujourd’hui, le journaliste est confronté à une hiérarchie qui ne le tolère qu’en se servant de lui. Elle détient l’argent, les sources du mensonge et de la vérité avec l’arme suprême : les satellites espions ....» (Mimi Massiva, (c)  Le Quotidien d’Oran, dimanche 14 décembre 2018)

 

 

 

On l’avait annoncé dans nos divers écrits, déjà à partir de la fin des années 90. Aujourd’hui, on le voit, on le sait.

Dans la plupart , sinon dans tous les pays du monde libéral, du moins dans les nouvelles économies libérées – souvent brutalement et sans préparation approfondie -  des contraintes de la propriété collective ou étatique , les paysages médiatiques, carrefours et rond -points des enjeux politiques, idéologiques et financiers , ont été les premiers à en « faire les frais »

Pour les pays les plus « ouverts » aux réformes, le capital étranger s’est engouffré dans la brèche et s’est rapidement approprié les moyens les plus intéressants, ou en a créé de plus puissants et de plus attractifs ou, alors, il a joué le rôle de partenaire au « savoir-faire » indéniable et incontournable, du moins au départ.

Ceci a été très visible dans les pays de l’ex-bloc soviétique (Europe de l’Est, dont la Russie), mais aussi dans certains pays arabes et africains où, désormais, journaux, radios et télés privés et agences de publicité à capitaux privés –tout ou partie – foisonnent et/ou dominent le marché de la communication. Tout cela dans une atmosphère de concurrence en apparence sauvage, mais qui a l’avantage d’être, sinon loyale, du moins « claire ».Avec , bien sûr, en certains endroits, un pouvoir politique – surtout lorsqu’il est assuré par des « héritiers », vieux ou encore jeunes , des anciens régimes autoritaristes – qui tente de conserver ou défendre son pré-carré (en l’occurrence surtout  l’audiovisuel avec une préférence pour la télévision) , mais sans grande conviction (sinon celle financière), sachant bien qu’il est désormais très « surveillé » par les « lanceurs d’alerte » et les nouveaux monopoleurs de la mondialisation- globalisation.

En Algérie, nous n’en sommes pas encore là totalement mais, à mon avis, cela ne saurait tarder. Déjà, les appétits « capitalistes » (au sens économique du terme et non idéologique)  s’aiguisent tout particulièrement avec une plus grande ouverture du marché à l’initiative privée et aux IDE (investissements directs étrangers) depuis tout particulièrement le début des années 2010. Processus s’accélérant avec la crise financière due à la baisse des ressources pétrolières.... et, par contrecoup, une forte contraction de la ressource publicitaire (baisse de 50% et plus). Le projet  de rachat du groupe El Khabar - quotidien éponyme et de sa chaîne de télévision KBC   en avril 2016 ( groupe lui-même lié au groupe El Watan par le biais d’infrastructures communes comme les imprimeries à Alger, Constantine et Oran), par un gros industriel (figurant dans le Top 10 des milliardaires en dollars, africains et arabes, Isaad Rebrab), dirigeant une véritable multinationale de l’agro-alimentaire (Cevital) avait annoncé la couleur. Le rachat fut bloqué... mais, dit-on, non pour des raisons macro-stratégiques mais seulement pour des raisons d’inimitié... I. Rebrab n’ayant pas soutenu – dès le deuxième mandat – la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à la présidence de la République, lui préférant Ali Benflis. D’ailleurs, ses projets industriels, programmés en Algérie (ou à l’étranger), ne manquent pas de rencontrer, encore aujourd’hui, bien des obstacles.

 

QUELQUES EXEMPLES A L’ETRANGER

 

Le Fonds souverain de l’émirat du Qatar

 

Il est certainement parmi les plus offensifs ces dernières années, tout particulièrement dans les domaines des médias : fin décembre 2011, il devenait le premier actionnaire du groupe « Lagardère média » avec une prise de participation de 10, 07% (et 7,87% des droits de vote). Le groupe Lagardère (qui est, aussi, dans l’armement), premier éditeur mondial de presse magazine, propriétaire de Paris Match et de Elle, possède quelque 212 titres édités dans 45 pays. Son titre, Elle, hebdomadaire féminin, a, à lui seul, 42 éditions internationales..... A noter que Qatar Holding est, par ailleurs, propriétaire du PSG, d’une partie des droits audiovisuels du championnat de France et de la Champion’s League de football…Les chaînes Al Djazira et BeIn sports lui appartiennent par princes interposés

 

Le groupe privé chinois Wanda

 

Ce groupe est spécialisé dans les loisirs et la culture (chiffre d’affaires annuel de 16,7 milliards de dollars), est devenu, en mai 2011, le premier propriétaire mondial de cinémas en acquérant le géant des multiplex aux Etats Unis, AMC (American Multi-Cinema), pour 2,4 mds $ : 5 000 écrans dans 346 multiplex pour environ 200 millions de spectateurs en 2011. Wanda possède déjà et gère de nombreux cinémas (86 multiplex et 730 écrans en Chine)  , des hôtels de luxe et des commerces en Chine....et il  a racheté les studios Legendary (actionnaire majoritaire), producteur de Batman, de Jurassic World , de Steve Jobs...  avec, pour objectif,  de faire , avec une somme de 8 mds $, de l’industrie chinoise cinématographique, la première de la planète en cinq ans. Certes, on a noté un « coup d’arrêt » au déversement de capitaux sur Hollywood depuis 2017 (5 mds $ investis en 2016 dans la production américaine et 500 millions $ à peine en 2017), mais cela ne concerne, pour l’instant, que le secteur de la production, le pays préférant investir dans le marché domestique très porteur.... et l’exportation

 

En France

 

Depuis 2014, un homme d’affaires franco-israélien, 3è fortune française, 51 ans, déjà propriétaire de Numéricable , de SFR (18 millions d’abonnés racheté à Vivendi pour 13,4 mds $) , de Virgin Mobile, de Portugal Télécom.... , Patrick Drahi, s’est approprié Libération, l’Express, l’Expansion, L’Etudiant...., la chaîne de télé i24 News, une partie de Next Radio TV (BFM Tv et RMC) à hauteur de 49%, tous rassemblés dans un groupe de médias géant AMG (Altice Media Group)  & AMP News Co. Le groupe est présent dans 9 pays (dont Israël et les Etats-Unis). Depuis fin avril  2016, Patrick Drahi passe à l’offensive avec une stratégie de « convergence » entre ses activités dans le secteur des télécoms et dans les médias (contenu et contenant). SFR, qui compte 18 millions d’abonnés, va acquérir les activités médiatiques regroupées au sein de la société Altice – elle-même propriété de l’homme d’affaires, et devenir SFR Médias.... tout ceci pour lancer cinq chaînes dont 5 sportives payantes

 

Toujours en France, le mythique quotidien Le Monde, en grosse difficulté de financement,  est finalement repris, en juin 2010, par un groupe d’hommes d’affaires Bergé-Pigasse et Niel (ce dernier est le patron de l’opérateur internet et télécom Free) ....et Bernard Arnault (leader mondial du luxe, LVMH), est propriétaire du Parisien-Aujourd’hui en France, de Radio Classique et Les Echos et Lvmh est dans le capital du  journal quotidien ultralibéral l’Opinion .... alors que Bolloré est propriétaire de Direct Matin, Canal Plus et C News (ex-iTélé)... et a des participations (25%) dans  Télécom Italia, le premier opérateur télécoms du pays  et compte s’associer à Mediaset de Berlusconi .Globalement, toujours en France, 89,9% des journaux quotidiens nationaux vendus appartiennent à 10 milliardaires, qui possèdent aussi 55,3% des parts d’audiences de la télévision et 40,4% des parts d’audience de la radio.

 

Dans le monde

 

Nous avons l’exemple le plus criant, celui de la News Corporation de Rupert Murdoch, troisième groupe médias dans le monde après Time-Warner et Disney qui a racheté, fin 2007, le groupe Down Jones qui comprend The Wall Street Journal (pour 5,6 mds $) qui appartenait depuis un siècle à la famille Bancroft, et  le Sun. Le groupe de Murdoch est aussi propriétaire de 42% de la presse britannique (dont le Times)  et de deux bouquets satellites (avec Sky Tv, entre autres), de News of the world, Sunday Times.... et Sky Italia en Italie. On rappelle que le groupe de Murdoch, tout en étant anti-arabe et pro-sioniste, avait noué, début 2010, un partenariat avec le propriétaire du groupe Rotana, le prince saoudien Al Walid. Ils étaient déjà associés puisque Al Walid détenait déjà 7% des parts de la News Corporation. Leur objectif commun : exploiter le marché régional du Moyen Orient

On se souvient aussi de la percée des oligarques russes, en 2009-2010,  qui avaient investi dans la presse d’Europe occidentale (après avoir été écartés de l’audiovisuel national par Poutine). France-Soir le quotidien créé en France fin 1944 et qui tirait à un million d ’exemplaires/jour avec jusqu’à 9 éditions/jour dans les années 50-60, est repris par Serguei Pougatchev- un proche du Kremlin, qui a placé son fils à la tête du journal......Il  y a , aussi, Alexandre Lebedvev, un ancien du KGB qui avait racheté pour 1 livre symbolique le prestigieux The Independant britannique, alors criblé de dettes et le même Lebedvev a racheté le quotidien populaire britannique The Evening Standard

 

En Tunisie

 

Une récente étude de Larbi Chouikha, enseignant universitaire spécialisé en communication et journalisme  (Orient 21 et MondeAfrique, 11 février 2019) a noté que pour «  le paysage audiovisuel qui s’est enrichi, avec douze chaînes de télévision (dix télévisions privées et deux publiques) et de  trente-cinq stations de radios, la question de la transparence de leurs sources de financement se pose avec d’autant plus d’acuité que, dans le contexte économique morose, les recettes publicitaires ne peuvent subvenir à la totalité des besoins de ces entreprises. La précarité financière a conduit ces dernières dans les filets de lobbies politiques, financiers ou religieux.

 

LE CAS DE L’ALGERIE

 

Première étape : l’« aventure intellectuelle »

 

Pour ce qui concerne le marché algérien de la communication en général et celui de la presse en particulier, nous avons eu une première étape allant de mars-avril 1990 (loi relative à l’Information  libéralisant le champ médiatique alors monopolisé par l’Etat et le Parti FLN) à la fin des années 1990.

Cette étape a été marquée par ce que l’on a coutume d’appeler l’« aventure intellectuelle », tout particulièrement dans la presse écrite, la publicité ainsi que la production  audio-visuelle.

Des journalistes  dits « indépendants » (encouragés, dès mars 1990,  par le gouvernement « réformateur » de Mouloud Hamrouche) sont sortis du secteur public et sont allés créer les premières entreprises de presse privées afin, certes, de réussir commercialement, mais surtout de contribuer à l’émergence et au développement d’une information de service public et d’intérêt général. On restait encore assez militants....et, d’ailleurs, on restait encore assez attachés au soutien matériel et financier de l’Etat (des facilités au niveau des locaux,  de la diffusion, de l’impression et de la publicité)

On est ainsi vite arrivé à l’existence de plus de 250 titres de presse écrite (et d’entreprises de production de la communication  audiovisuelle...par des journalistes et techniciens venus de l’ENPA, de l’ANAF, de l’ENTV et de l’ENRS) et à plus de 400 agences de publicité (surtout des régies) et  à quelques sociétés de diffusion (créées soit par des journalistes soit par des transfuges des ENAMEP, héritières régionales de l’ENAL (ex- SNED).

 

A noter que durant cette étape de démarrage, certains journaux privés ont rapidement connu un certain succès grâce à l’aide désintéressée, il fallait le croire, d’entreprises n’ayant rien à voir avec la presse : une aide en matériels informatiques, à l’exemple d’Astein avec Le Soir d’Algérie  (à l’époque, un micro-ordinateur ou une PAO, c’était cher et rare), parfois des locaux, souvent de la publicité....et peut-être un peu d ’argent (par le biais de participations assez symboliques  au capital: exemple  de Isaad Rebrab dans Liberté, de Hadji dans El Youm) . A l’image de ce qu’avait fait l’Etat au départ, en 90-91(avance, à titre de compensation et d’encouragement, aux partants, de trois années de salaire)  

 

On a donc vu des sortes de stratégies (peut-être non encore étudiées, ressemblant bien plus à des « essais » ou à des « incursions ») d’ « infiltration » dans les directions des entreprises :

L’insécurité ambiante de l’époque (décennie rouge)  qui a suivi , tout particulièrement à partir des l’année 1993, n’a pas favorisé la stabilité et la vigilance des rédactions : les journalistes les plus expérimentés (les « pères fondateurs ») se sont vus obligés de se cacher ou de s’exiler, faute de moyens de protection appropriés (les journalistes devenus la cible préférée des terroristes islamistes) et le Conseil supérieur de l’Information  ayant été supprimé, suite au rétablissement du ministère de la Communication.

 

On assiste alors à une autre démarche : de  « l’infiltration » à « l’appropriation » d’une bonne  partie du capital (soit en rachetant des actions, soit en augmentant le capital....afin d’obtenir la majorité des actions). Seuls les journaux à composante multiple faite surtout  de journalistes (Une vingtaine de personnes , toutes journalistes, pour El Watan, cinq, toutes journalistes pour Le Soir d’Algérie , une vingtaine de personnes, toutes journalistes pour El Khabar, quatre-vingt  personnes, dont quelques journalistes , des intellectuels, des commerçants.....pour Le Quotidien d’Oran...) ou les Eurl résistèrent d’autant que les statuts confectionnés ne permettaient pas aux actions de sortir, en tout cas facilement , du collectif originel.

 

Cette appropriation était d’autant plus aisée que la plupart des nouveaux « gros investisseurs », surtout des industriels ou de « gros »  commerçants détenaient des parts du marché de la publicité. Certains d’ entre- eux, arrivés tardivement, ont contourné le processus en s’en allant créer leur propre agence de publicité  et de régie (première source de financement, le lectorat n’étant pas encore bien assis) ,en s’associant, entre autres ,avec des multinationales occidentales ou arabo-asiatiques comme Havas, Rscg, Publicis, Dentsu, Bbdo, Tbwa......ou en facilitant leur entrée sur un marché porteur et prometteur (ex : Karoui et Karoui, entreprise de communication publicitaire appartenant aux deux frères tunisiens propriétaires de la chaîne de télé privée couvrant le Maghreb,  Nessma...),

 

Deuxième étape : la libéralisation

 

Nous avons ensuite une deuxième étape allant de la fin des années 1990 à la fin des années 2000 accompagnant une « libéralisation » encore plus large de l’économie nationale, en état de « réforme ». 

Cette étape est marquée par ce que l’on pourrait appeler, pour la presse, l’« aventure commerçante », tout particulièrement dans la presse écrite et  la publicité .......la production  audio-visuelle indépendante, c’est-à-dire privée, ayant disparu en grande partie (mis à part les producteurs reconvertis dans le documentaire et dans la publicité étant donné le monopole encore exercé par l’ENTV et l’ENRS et la disparition des salles de cinéma).Ce type d’aventure était la seule permise et on se souvient du groupe Khalifa (transport aérien et banque , entre autres) qui avait essayé de se lancer dans l’audiovisuel (à partir de l’étranger) ...sans résultat durable. Djilali Mehri, un milliardaire, avait, aussi, des projets, ainsi que d’autres....qui se limitèrent à la seule presse écrite ou à des « boîtes » de publicité :

 

On assiste  à l’accélération du mouvement, non encore de concentration, mais surtout d’appropriation de la totalité des capitaux des entreprises existantes (ex : El Youm et Liberté...et on avait déjà parlé d’El Khabar en projet de rachat, et la rumeur avait même évoqué El Watan).......toujours avec l‘aide d’un journaliste ou d’un groupe de journalistes, ces derniers obligés qu’ ils sont, encore sans statut et la loi relative à l’Information inappliquée, à « chercher du travail », et tout heureux de le trouver  en un temps de gros chômage, comme pour faire pendant à un Etat - qui, d’ailleurs, ne voulant pas se laisser « dépasser » , agit par le biais de « subventions » directes ou déguisées aux médias publics encore existants, surtout la radio et la télévision ainsi que l’agence de presse principale et c’est là un phénomène remarqué dans beaucoup  de pays  qu’ils soient de l’UE ou autres du monde en développement-  qui pousse à cela ou laisse faire , au nom de la liberté d ’entreprise ou, tout bêtement, en guise de « punition »  (sic !). Les exemples sont connus : des entreprises   industrielles, commerciales  privées et des personnalités ou personnages politiques sont souvent cités (Blanky, Betchine, Benaoun, Haddad, Djebbari, Djebbar, Idjerouidène, Meguenni, Basta, Mehiaoui, Bensahnoun, Hadji, Nezzar, Bensaadoun, Benferhat, Hadjas, Rahmani, Djezzy, Kouninef, Rougab, etc.). Parfois, ce sont de simples « affairistes » à l’affût d’un « placement » qui rapporterait d’une manière ou d’une autre : Un hôtelier, un imprimeur, un restaurateur, un concessionnaire automobile, un éditeur  de livres, un diffuseur de presse, un transporteur, un petit entrepreneur, un importateur-exportateur, un général à la retraite, un ancien syndicaliste...  Par ailleurs, les partis politiques ne sont pas en reste et,  après l’échec  ,durant la première étape, quant à la création de journaux partisans et affichant franchement (ou presque) leur couleur politique, ils créent, par le biais d’entreprises SARL commerciales, des journaux (surtout des périodiques) qui défendent leurs orientations (Miloud Chorfi pour le RND, Daadouâ, Si Affif et  Abdelhamid Mehri pour le FLN,  ce dernier en 1992 avec Saout El Ahrar, Amara Benyounès avec la Dépêche de Kabylie pour le MPA, Tayeb Houari, SG de l’ONEC, le MSP (ex-Hamas) avec El Bilad.......)

 

Certains appareils sécuritaires encouragent la continuation de parution en favorisant surtout l’octroi de quantum publicitaire conséquent au niveau de l’ANEP qui « monopolise » de fait la publicité institutionnelle ainsi qu’au niveau de certaines entreprises commerciales et industrielles privées comme Djezzy, Nedjma, Algérie Télécom (opérateurs de téléphonie mobile, très gros producteurs de publicité) ou les concessionnaires automobiles .... le non-paiement à temps des factures d’imprimerie, les plus importantes étant celles du secteur public....et les abonnements des administrations, l’ANEP ayant créé une entreprise de diffusion. Ils encouragent, aussi, certains journalistes à créer des journaux favorables au pouvoir en place. Surtout à l’approche d’élections .... tout particulièrement à partir du 3è mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika. On avait même vu un quotidien naître à Biskra (créé par le ministre de l’Agriculture d’alors, Saïd Barkat)..... au titre évocateur,  El ‘Iza ou el Karama qui a disparu juste après les élections pour le 3è mandat ......... de même qu’une chaîne satellitaire de la même veine, Le Président. L’opposition politique  a agi de même. 

 



[1] Ancien professeur associé à l’Ensjsi, Ben Aknoun, Alger et aux Universités. Journaliste indépendant. Ex-DG de l’ANEP (1984-1985) et de l’APS (1985-1990). Puis, membre désigné du Conseil supérieur de l’Information (1990-1993). Ancien chargé de mission, directeur de l’Information à la Présidence de la République (1993-1999).