Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Mascara- Thermalisme

Date de création: 27-01-2020 18:07
Dernière mise à jour: 27-01-2020 18:07
Lu: 9 fois


TOURISME- REGION- MASCARA- THERMALISME

© A.Ghomchi/El Moudjahid, mercredi 22 janvier 2020

La wilaya de Mascara possède de grandes potentialités thermales et touristiques dont certaines sont oubliées et surtout ignorées par la population, à l’exemple de la source de Sidi Ahmed Benkhedda située à quelques kilomètres seulement du chef-lieu de la daïra de Hachem ou celle de la localité de Sidi Boussaid. Chacune de ces sources a ses propres vertus thérapeutiques ; la première guérit les pathologies dermatologiques selon les propos des habitants riverains des lieux et la seconde a un effet thérapeutique sur les reins. Nous avons visité le Saint patron, Sidi Ahmed Benkhedda, qui est le septième grand-père de l’Emir Abdelkader et le père de Sidi Kada Belmokhtar. Cet homme avait choisi d’élire domicile loin des siens dans le but de faire ses recherches religieuses, à mi-chemin entre le chef-lieu de daïra de Hachem et la localité de Ain Mansour, à quelques kilomètres du chef-lieu de la commune de Hachem, dans un mausolée au sommet d’une colline qui surplombe un oued et une source. Ce genre d’abri a été construit pour cacher la partie inférieure de la personne qui peut prendre un bain, non loin de là où se trouve un puits à partir duquel est exploité l’eau que dégage la source en excédent pour irriguer les cultures. Cette source a malheureusement séché car les fellahs riverains ont procédé au forage à la sonde de plusieurs puits. Pourtant cette source était classée au patrimoine thermal en même temps que Bouhanifia. Aujourd’hui il n’en reste que des traces, mais, d’après des spécialistes, l’eau se trouve à huit mètres seulement et peut être extraite une nouvelle fois. Reste à savoir si cette eau a les mêmes propriétés que celle qui se dégage de la source. Sidi Ahmed Benkheda est le gardien d’un grand cimetière qui contient des milliers de tombes que certaines personnes situent l’existence à plus de 700 ans, mais laissé a l’abandon. D’autre part, ces lieux, malgré leur éloignement du tissu urbain, n’ont pas échappé à la dégradation  Hadj Benaissa, 72 ans dira  : «Avant, l’oued coulait à flots. La source dégageait une bonne eau ; des gens venaient de tous les coins de l’Ouest. Chaque jour des voitures circulaient a travers champs pour arriver a la rivière, mais aujourd’hui tout a changé, plus personne ne rode dans les parages, puisque la source a séché car son eau a été exploitée pour les champs . En effet, la wilaya dispose des sites naturels, culturels, une riche histoire, des sources thermales qui peuvent lui permettre de développer plusieurs secteurs touristiques : le tourisme culturel, le tourisme thermal, le tourisme climatique, le tourisme d’affaires et même le tourisme sportif et de loisirs. Au vu de son histoire, Mascara a toujours «enfanté» des hommes  connus par l’histoire des nations, vu leurs sacrifices, leur héroïsme et leurs œuvres. Ces hommes ont fait et font l’histoire de l’Algérie allant de la Préhistoire à nos jours en passant par les ères romaines, ottomanes, l’époque de l’Emir Abdelkader et durant la révolution de Novembre-1954. Durant l’époque romaine, la wilaya a abrité plusieurs cités et forteresses qui furent construites telles que Castra Nova (Mohamadia), Aqua Sirence (Bouhanifia) Alamilaria (Benian) Tasacora (Sig) et Sira ( Hacine), ces villes étaient munies de rempart pour repousser les assauts de la résistance populaire. Celle conduite par Roba à Béniane en est l’exemple. Mascara a connu une prospérité culturelle durant l’époque ottomane,  devenue la capitale du Beylik de l’Ouest de 1701 à 1792 ; période durant laquelle plusieurs Ulémas se sont distingués. Malgré la division de la ville par les Ottomans, en plusieurs quartiers comme Ain Beida, Bab Ali, Argoub Smail, en les entourant aussi de murailles, cette ville qui a vu naitre l’Emir Abdelkader. Il y a appris le Coran et tout le savoir qui lui ont servi de point de départ pour entamer son combat contre l’envahisseur français, une révolution qui a duré plusieurs années. Cette wilaya a également un riche patrimoine culturel et archéologique, riche et varié, qui peut faire d’elle une destination privilégiée des chercheurs et des spécialistes dans le domaine archéologique, par exemple la sablière de Tighennif, lieu où fut découvert les ossements du premier homme ayant habité l’Afrique du Nord plus de 500.000 ans avant J.C, ainsi que des squelettes d’animaux et des outils en pierre utilisés par l’Atlantrope (Homme de l’Atlas). L’aqua Sirence, l’actuelle Bouhanifia, ville romaine construite sur la rive d’Oued El Hammam ; Alamilaria (Béninan) située à quelques 50 km du chef-lieu de la wilaya de Mascara. En ce lieu fut érigée la Basilique à la mémoire de «Roba», la Donatiste qui a mené la résistance contre l’envahisseur romain et qui fût assassinée le 25 mars 434 par les Traditeurs. Les autres sites romains sont ensevelis comme Castra Nova, Tasacora et Sira, nécessitant des fouilles. Le patrimoine historique existe comme l’arbre de la Derdara, sous lequel a eu lieu le 27 février 1832 la réunion de tous les notables, chefs de tribus et oulémas de la région pour faire allégeance à l’Emir Abdelkader et le désigner à la tête de la résistance contre l’envahisseur français, allégeance décidée suite à l’annonce de la prise d’Alger par les forces françaises et au soulèvement populaire mené par cheikh Sidi Mahiedine chef de la zaouia Kadiria d’El Guetna qui a réussi à repousser  les soldats français de la ville d’Oran durant la Bataille de «Khang Ntah 1 et 2. C’est donc sous cet arbre qu’ont été prises les premières décisions qui ont abouti à l’organisation de la résistance populaire qui durera plusieurs années. Une seconde allégeance eu lieu le 4 novembre 1833 à la mosquée Ain Beida, connue également sous le nom de Sidi Hacene, une réunion regroupant l’Emir Abdelkader et les chefs de tribus des différentes régions d’Algérie venus signer un pacte d’alliance contre l’occupant français. Ce pacte est considéré par les historiens comme l’acte de naissance de l’Etat algérien moderne. La zaouia de Sidi Mahiedine située à El Guetna à quelques kilomètres de Mascara,  était dirigée par cheikh Sidi Mahieidine. Elle constituait un espace de savoir, de science et un refuge pour les démunis. L’Emir Abdelkader y a vu le jour, y a appris le Coran et les sciences, ainsi qu’un bon nombre de ses lieutenants issus de la même zaouia. La grande mosquée Mostefa-Ben Touhami construite par Mohamed Ben Ottomane dit «El Kebir» durant le règne ottoman, porte aujourd’hui le nom de Mostefa Ben Touhami un notable de la région nommé par L’Emir Abdelkader en qualité de wali de Mascara.  À ceci s’ajoute la diversité du relief constitué de montagnes, de forêts et d’oueds. Ce potentiel naturel lui permet de développer un tourisme climatique, des randonnées pédestres, des campings, y pratiquer de la chasse, la pêche dans les barrages et des activités sportifs à l’air libre.  
A. Ghomchi