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Peinture- Omar Racim

Date de création: 26-01-2020 19:42
Dernière mise à jour: 26-01-2020 19:42
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CULTURE- ARTS PLASTIQUES – PEINTURE- OMAR RACIM

Omar Racim est né le 1er janvier 1883 à Alger, précisément à La Casbah. En 1901, à l’âge de 14 ans, Omar Racim travaille quelque temps à l’Imprimerie officielle d’Alger. C’est là qu’il acquiert la passion ainsi que la vocation de l’écriture et du journalisme.  En 1902, il rejoint le mouvement naissant des réformistes musulmans et il sera parmi ceux qui, en 1904, reçoivent Cheikh Mohamed Abdou, un des promoteurs (avec Djamel Eddine El Afghani), de la Nahda qui déferle du Machrek vers le Maghreb et qui secouera la torpeur de l’intelligentsia musulmane algérienne. Il fut le premier journaliste nationaliste de langue arabe et créa en 1908 son premier journal, Al Djazaïr. Cette revue, éditée en langue arabe, contenait dans ce numéro un article de Cheikh El Tantaoui, avec un titre aussi évocateur que : «Soulèvement d’une nation». Bien entendu, l’administration coloniale ne voyait pas d’un bon œil la création de ce genre de revue et malheureusement suite aux entraves administratives et au manque de moyens financiers, elle ne put survivre à ce premier numéro. De 1908 à 1914, Omar participe à la rédaction de nombreux ouvrages en langue arabe. En 1912, Omar Racim fera plusieurs séjours au Moyen-Orient, particulièrement en Egypte où il rencontra le Cheikh El Tantaoui.

Grand défenseur du panarabisme et de la lutte contre le colonialisme, Omar Racim rentra à Alger convaincu de la justesse de ses idéaux et il fonda dès son retour un périodique entièrement rédigé, calligraphié, illustré et lithographié de sa propre main. La première action qui a été menée ici en Algérie consistait, tout d’abord, à établir un inventaire des arts locaux ; pour cela, une grande exposition a été organisée en avril 1905 à la médersa d’Alger, nouvellement inaugurée. Le professeur Georges Marçais, éminent professeur d’art islamique, se chargea de son organisation. Les œuvres exposées provenaient de diverses régions d’Algérie. La plupart ont été prêtées par les grandes familles algériennes et par certains collectionneurs. Par la suite, la majorité de ces œuvres ont été acquises par l’Etat. Elles font actuellement partie des collections du département d’art islamique du Musée des antiquités. Omar a été le précurseur de la préservation du patrimoine immatériel de la culture et des us algériens.

Ce qui a fait dire au célèbre historien Mohamed Kaddache que Omar était aussi imprégné par l’élan réformiste musulman incarné par la Nahda qui œuvrait pour l’émancipation des autochtoctones afin de les soustraire du joug colonial.  Dans ce contexte, la création du journal Dhoul Fikar par Omar Racim ne fut nullement fortuite, même si cette action lui valut moult déboires, surtout lorsque ses correspondances avec des nationalistes d’Egypte furent interceptées par les services de renseignement, ce qui lui valut d’être déféré devant les tribunaux et d’écoper d’une condamnation à mort, commuée  en détention préventive à la prison de Barberousse. En 1933, il fut nommé professeur à l’Ecole des arts indigènes, et plus tard il rejoint son frère comme enseignant à l’Ecole des beaux-arts d’Alger.

Au Salon de 1939, la presse de l’époque rapporta que les œuvres de Omar Racim eurent un succès considérable, et cette exposition fut rehaussée par la présence de nombreuses personnalités culturelles et religieuses, et c’est durant cette exposition que Mohamed Laïd Khalifa, poète, grand homme de culture et membre influent de l’association des Ulémas musulmans algériens dès sa création en 1931, dédia un poème en 10 strophes en hommage à Omar Racim. A sa mort en 1958 à l’âge de 75 ans, relève  Le Monde, la presse française d’Algérie a pratiquement passé  sous silence l’événement. «C’était l’un des derniers survivants de la vieille école des peintres miniaturistes algériens à laquelle Mohamed, son frère, donna un éclat particulier dans tout le monde musulman. Omar était un homme d’une culture raffinée. On rêvait, en sa compagnie, à la vie policée et pleine de charmes des cités de l’Andalousie musulmane. Il était d’une politesse exquise que n’excluaient pas certaines rudesses de ses adversaires et pour être plus précis, de ceux qu’il tenait pour responsables de la stagnation de son art : l’administration  française et le colonialisme». Omar a été inhumé au carré familial du mausolée Sidi Abderahmane, situé dans la Haute Casbah (actuellement rue Bencheneb) près de la médersa. Malgré le mutisme de la presse coloniale, une foule nombreuse composée d’hommes de culture, de lettres, de dignitaires religieux et de Français libéraux l’a accompagné jusqu’à sa dernière demeure.

Omar Racim fut l’un des derniers survivants de la vieille école des peintres miniaturistes et calligraphes algériens qui, avec son frère Mohamed ont donné un éclat particulier dans tout le monde arabo-musulman.