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Aln/Etat major- Commandant Azzedine

Date de création: 26-01-2020 19:08
Dernière mise à jour: 26-01-2020 19:08
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HISTOIRE- POINTS DE VUE ET OPINIONS- ALN/ETAT MAJOR - COMMANDANT AZZEDINE.

 Organisé conjointement par le journal El Moudjahid et l’association Machaâl Echahid,  le Forum de la mémoire (janvier 2020) était l’occasion pour le dernier membre vivant de l’état-major de l’ALN, membre du CNRA, le commandant Rabah Zerari dit Azzedine, de revenir sur la pertinence et l’opportunité de l’ALN en 1954.

«À mesure que les Algériens interrogent leur histoire et particulièrement celle qui traite de la guerre de Libération nationale, surgissent des questionnements autour de tel ou tel autre fait ou événement, il en est ainsi de la création de l’état major de l’ALN» dira l’invité du forum qui regrette que très peu de choses soient écrites à ce sujet depuis le recouvrement de l’indépendance. Pour le commandant Azzedine «c’est la détermination des hommes qui écrit l’histoire et qui en force le cours. L’Armée de libération nationale c’était un djoundi plus un fusil, tout imprégnée de l’insolente espérance de la jeunesse, c’est donc le fusil de chasse qui a eu raison des chars et des B26.
L’invité du forum de la mémoire expliquera qu’au départ, le pays avait été configuré en 5 zones, chacune était animée par un colonel et ce sont les animateurs du FLN qui se sont métamorphosés en commandants militaires. «Le travail de formation politico-militaire et d’organisation des dechras dans les 5 zones était indispensable et allait déterminer l’action militaire», dira le commandant Azzedine. Notre invité expliquera que c’est le congrès de la Soummam qui va structurer le front et l’Armée de libération en créant le Conseil national de la Révolution algérienne et surtout le CCE qui sera chargé de la coordination politico-militaire mais «pas encore d’état-major chargé des questions de stratégie et de tactique militaire en dépit du fait que Krim Belkacem encore colonel de la wilaya III en avait fait la suggestion».

L’ALN devait consacrer la primauté du politique sur le militaire

Le dernier survivant de l’état-major de l’ALN témoignera qu’a l’époque Abane Ramdane et Ben M’hidi avaient opté pour la primauté du politique sur le militaire, il ne fallait donc pas créer d’Etat major de l’ALN qui serait une structure qui risquerait de s’opposer au CCE. «Mais sur le terrain, la guerre s’est durcie et avec le plan Challes et ses opérations meurtrières la pression est devenue d’une intensité accablante «témoignera notre invité. Il expliquera que l’ALN étouffait à l’Est comme à l’Ouest et toute l’Algérie est comme prise dans les mâchoires d’un étau impitoyable. «Et c’est dans ces conditions que des questions de savoir si un état-major n’aurait peut être pas développé une contre-stratégie. Peut-être qu’il aurait concentré les efforts conjugués de toutes les wilayas pour gêner l’ennemi», dira le commandant qui précisera qu’en septembre 1958 le GPRA s’est substitué au CCE et va vite devenir une instance sinon de l’exercice d’une souveraineté populaire et un précieux instrument de gestion.  «Mais cinq mois après sa constitution le GPRA est bousculé par un certain nombre de crises et les colonels, notamment Krim Belkacem vont plaider pour une autorité ferme, solide, homogène, révolutionnaire et restreinte pour diriger le pays et la guerre d’où la création de l’état-major de l’ALN «, témoignera le commandant Azzedine.
Du comité interministériel de guerre, naîtra pour la première fois un état-major de l’armée de libération avec des prérogatives bien précises.

Les prérogatives de l’état-major en 1959

Le commandant Azzedine nous transporte au 31 janvier 1960 pour nous préciser les attributions du chef d’état-major de l’ALN. Citant une circulaire datant de la même date, notre invité expliquera que l’état-major a, entre autres, le haut commandement de l’ALN et la responsabilité de la conduite et de la coordination des opérations militaires. L’intervenant regrette que cette page de l’Histoire n’ait pas intéressé les chercheurs et les historiens puisque peu de choses sont écrites à ce sujet et aussi concernant tous les autres soubresauts de l’histoire.  Il dira «qu’incontestablement Boumediene qui était à la tête de l’état major de l’ALN était un grand organisateur mais qu’il avait commis beaucoup d’erreurs».