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Essai Mahdi Boukhalfa - "La Révolution du 22 février...."

Date de création: 30-12-2019 12:19
Dernière mise à jour: 30-12-2019 12:19
Lu: 41 fois


VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI MAHDI BOUKHALFA- « LA REVOLUTION DU 22 FEVRIER..... »

 

LA RÉVOLUTION DU 22 FÉVRIER.DE LA CONTESTATION A LA CHUTE DE BOUTEFLIKA. Essai de Mahdi Boukhalfa. Chihab Editions, Alger 2019, 164 pages, 1000 dinars

« Chronique d’une chute ...annoncée (ou espérée ou attendue) ».....et/ou « Histoire du « grand réveil tranquille mais déterminé». A vous de choisir un titre alternatif !

En plus d’être dirigé depuis 1999 par un homme ne souffrant aucune critique ou action pouvant lui faire de l’ombre......et, depuis le troisième et quatrième mandat, devenu un homme malade, ne pouvant ni s’exprimer clairement ni se déplacer sans un fauteuil roulant ou une civière (sinon pour aller se soigner à l’étranger) ...ne voilà -t il pas qu’IL s’était mis dans la tête de briguer un .................5è mandat. Rien que ça !

Il était évident que l’homme, depuis un certain  temps , était « pris en charge » par ce qui est  communément appelé une « ‘Issaba » (une « Bande ») . De plus, le pays – vu la baisse de la rente suite à la dégringolade des prix du pétrole, aux « folles » dépenses  et aux détournements liés à une corruption affairiste généralisée - commençait à connaître une crise sociale profonde dont le chômage, le sous-emploi, les problèmes de logement, l’inflation, la précarité sociale ambiante dans des villes livrés au népotisme, à l’injustice sociale , à la « harga » des jeunes et    à la « hogra » dans tous les domaines et dans tous les secteurs...

C’était sans compter sur le « ras-le bol » des populations, jeunes et moins jeunes,  d’un peuple qui en avait assez d’être humilié et ridiculisé  tant en Algérie que sur le plan international.....les prestations « oratoires » et l’ « alacrité »  de leur Président étant régulièrement décryptées et moquées par la presse internationale.

A partir du 22 février, les événements s’accélèrent à une vitesse 2.0. Des appels « anonymes » sur les réseaux sociaux, ce nouveau monstre de la com’ moderne (comme toujours dans ces circonstances-là) et ce sont les  premières manifestations contre le pouvoir et le 5è mandat à Bordj Bou Arréridj, à Jijel, Kherrata et Khenchela......La suite est connue obligeant Bouteflika à abandonner son ambition. La suite est encore plus extraordinaire, voyant des centaines de milliers, parfois des millions,  de citoyens , hommes, femmes, enfants , vieux et jeunes, descendre , pacifiquement, dans la rue demandant le départ de tout un système obsolète et pourri ayant trop –et très mal- duré.

Naissance et vie d’un « Hirak ». La bonne humeur du « dégagisme ». L’armée présente contre les « clans ». La fin de règne d’un autocrate. La « Bande » sous les verrous. Les « grands » oligarques corrompus estés en justice......et bien d’autres doivent suivre......Pour la mise en place d’une autre République, celle-ci réellement démocratique et sociale...... 

L’Auteur : Socio-urbaniste de formation, journaliste depuis février 1983 (Aps où il fut chef de bureau à Bordj Bou Arréridj – avec des reportages époustouflants - puis à Blida puis à Rabat,  Horizons, El Moudjahid, Le Quotidien d’Oran, Mghrebemergent.info.....). Un souvenir : journaliste Aps  à Bordj (ville natale d’un « oligarque » bien en cours de  l’époque), il avait , quelques jours avant le 5 octobre 88, rapporté la rumeur persistante concernant un soulèvement populaire imminent. L’info ayant « fuité », il fut rapidement « arrêté » quelques jours,  son passeport confisqué, je crois, .....et interdit de se déplacer à Alger. Il a fallu bien des interventions pour qu’il soit mis fin aux mesures de « rétorsion »...et « libéré ».

Extraits : « Dans cet extraordinaire élan populaire, les Algériens ont (ré) inventé les marches et les manifestations pacifiques et, cerise sur le gâteau, le matériel du parfait manifestant « zen ». Ils doivent déposer les brevets de droits d’auteurs pour avoir inventé une nouvelle méthode de manifester et la panoplie du parfait contestataire en colère contre le pouvoir » (p 17), « Nous voulons que cette jeunesse ait sa chance, qu’elle ait de l’espoir. La majorité de ceux qui ont marché avec nous n’ont connu que Bouteflika . Autrement dit, ils n’ont rien connu et ils ont été privés d’espoir » (Un participant aux marches, p 23), « Son entêtement (Bouteflika) à s’accrocher au « fauteuil »  du pouvoir, malade, ne parvenant même plus à s’exprimer , a été vécu comme l’ultime provocation, la dernière humiliation , celle de trop, par les Algériens » (p 27), « Bouteflika, narcissique d’entre les narcissiques, qui n’a jamais accordé  le moindre entretien, le moindre intérêt (......) aux journalistes et aux médias Algériens qualifiés vulgairement de « Tayabette el Hammam », dès son arrivée au pouvoir (.....) est sorti par la petite porte. Quelle disgrâce pour celui qui se prenait pour le « rédacteur  en chef » de la presse nationale » (p 163)

Avis :Un grand reportage accompagné d’analyses et de  commentaires comme cela sied si bien à nos journalistes. Du trois en un. Et, il  y a  toujours excellé ! D’autant que c’est le sujet de la « carrière »....Touchons du bois .....pour qu’il y  en ait encore bien d’autres!

Soixante quatre photos couleurs dont plusieurs (20)  de l’ami à la barde fleurie, Mohamed Arezki Himeur. La totale, quoi !

Citations « Le mensonge d’Etat ne passe plus dans une Algérie3.0 » (p 19), « Etrange cette propension maladive à le comparer à un messie, un envoyé de Dieu.....Le secrétaire général de l’Ugta n’avait-il pas juré en 2014 lors d’un meeting à Arzew que Bouteflika était un prophète ?  » (p 44), «La rue a pris une longueur d’avance sur les politiques. Ce n’est pas la première fois en Algérie. Elle a été toujours en avance. Le politique en termes de partis  du pouvoir est toujours en retard, à la traîne  de la rue, pas toujours dans le bon sens certes, mais elle bouge plus vite que le pouvoir . La rue s’exprime mieux que le pouvoir, elle est plus visible que le politique » (Nacer Djabi, sociologue cité, p 54), « Le président n’est pas venu pour servir le pays, mais pour gouverner les Algériens » (Bouchachi , avocat , cité, p 86)