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Communication climatique -Actions année 2019- Etude agence Science presse

Date de création: 22-12-2019 13:12
Dernière mise à jour: 22-12-2019 13:12
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ENVIRONNEMENT- ETRANGER-  COMMUNICATION CLIMATIQUE- ACTIONS ANNEE 2019 – ETUDE AGENCE SCIENCE PRESSE

(c) Pascal Lapointe/ www.sciencepresse.qc.ca/20-12-2019

 Les études sur le climat ont leur importance, mais la communication des changements climatiques est fondamentale pour que des changements se produisent. Et en 2019, quelque chose s’est passé, au point où même l’Encyclopédie Britannica a décrété « global warming » son sujet de l’année.

Bien sûr, il y a eu les grèves scolaires pour le climat, chaque vendredi (Fridays for Future) lancées par une adolescente de Suède qui n’avait que 15 ans en 2018, et qui ont été suivies par des marches atteignant, dans certaines villes, des records de popularité. En tout, des millions de personnes dans 150 pays ont participé à la « grève mondiale pour le climat » en septembre.

Ce mouvement international « a changé la conversation de façon utile », commente, pour le site Yale Climate Connections, l’océanographe Jeff Severinghaus, de l’Institut Scripps, en Californie. « Au lieu d’ambitions nationales sans conviction, l’attention se porte à présent sur l’échec spectaculaire des adultes d’aujourd’hui pour résoudre un problème qui aura avant tout un impact sur le futur des enfants d’aujourd’hui. »

C’est aussi l’année où des médias, d’ordinaire très prudents avec le langage qu’ils utilisent, ont accepté d’employer l’expression « crise climatique » —le quotidien The Guardian s’en est expliqué auprès de ses lecteurs en mai dernier, allant pour sa part jusqu’à l’expression, plus forte, « urgence climatique ». Laquelle a été nommée quelques mois plus tard « mot de l’année » par les Dictionnaires Oxford.  

Le Guardian a par ailleurs été l’un des chefs de file d’une initiative internationaleCovering Climate Now, par laquelle, en septembre, 350 médias (dont l’Agence Science-Presse) ont accepté de partager leurs reportages et analyses avec les autres, dans un contexte où la couverture médiatique des changements climatiques est traditionnellement complexe, coûteuse et peu attrayante pour le lecteur ou le spectateur.

En terme de communication de cette urgence climatique qui pointe à l’horizon, la décision du Canada de créer une taxe sur le carbone a eu peu d’impacts à l’international, mais celle de la Norvège, en mars, de désengager progressivement son fonds de pension national des compagnies pétrolières et gazières a davantage frappé l’imagination —sachant que le pétrole représente 19% des revenus du gouvernement norvégien.

L’Irlande est pour sa part devenu cette année le premier pays du monde à avoir complètement retiré ses fonds des carburants fossiles.

Il reste à prouver que l’accumulation des études cette année ainsi que les catastrophes météorologiques, auront un impact durable sur l’opinion publique —en particulier celle qui, aux États-Unis, reste dépendante de l’attitude dogmatique du parti républicain. Mais en attendant, un autre phénomène a pris corps cet automne: deux poursuites en justice ont été déposées devant des tribunaux de l’Alaska et de Colombie-Britannique, par des groupes de jeunes militants environnementaux, afin d'attirer l’attention sur leurs gouvernements respectifs qui, disent-ils, ne respectent pas leurs droits à une vie en santé en continuant d’encourager l’extraction des carburants fossiles. Une poursuite similaire au Québec a été rejetée par le tribunal en juillet et les plaignants iront en appel.

Plusieurs centaines de poursuites similaires ont été déposées dans plusieurs pays, certaines par des villes contre leur propre gouvernement. La plupart sont encore à l’étape préliminaire d’attendre une autorisation d’un tribunal supérieur. Ainsi, aux États-Unis, la Cour suprême a décrété en novembre qu’une poursuite intentée il y a quatre ans par 21 jeunes devant un tribunal de l’Oregon pouvait aller de l'avant. Par contre, en 2015, un tribunal des Pays-Bas avait donné raison au groupe environnemental Urgenda qui réclamait du gouvernement qu’il accélère la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre (GES). Le gouvernement avait fait appel et la Cour suprême avait accepté d'entendre la cause en mai dernier. Elle a rendu jugement le 20 décembre 2019: les citoyens ont gagné et le gouvernement néerlandais devra se conformer à l'obligation de réduire de 25% d'ici 2020 ses émissions de GES, par rapport à leurs niveaux de 1990. Le jugement était encore chaud qu'il était déjà salué comme une inspiration par des groupes environnementaux à travers le monde.