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Essai Amin Zaoui- "Allah n'habite pas à la Mecque"

Date de création: 19-12-2019 18:50
Dernière mise à jour: 19-12-2019 18:50
Lu: 127 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI AMIN ZAOUI- « ALLAH N’HABITE PA S A LA MECQUE »

ALLAH N’HABITE PAS LA MECQUE ! essai de Amin Zaoui, Tafat éditions, Alger 2019, 151 pages, 500 dinars

 

Un recueil de chroniques, déjà parues ou non dans la presse. Des écrits tous de feu....mais, ne vous inquiétez pas, sans flammes. Destinés assurément au « réveil » des esprits et des consciences.

Un total de 45 textes......45 sujets traités en un style concis, précis et au contenu bien documenté, notre homme ayant une double culture renforcée par  une identité amazighe décidée.

Des textes  tournant pour la plupart autour de la religion musulmane et de compréhension et sa pratique....surtout en Algérie (et en Afrique du Nord) 

D’ailleurs, ceci est assez bien écrit dans l’avant-propos avec la question résumant le tout : « Quelle est l’image de Dieu dans la « tête » d’un musulman Algérie ? ». Question pas si étonnante que ça puisque  c’est cette image, fournie à l’école coranique puis à l’école  publique.....républicaine...n’est que l’incarnation de la violence......L’image, quelle que soit l’appellation (Dieu, Yahvé, Allah...) a une apparence qui est la même, représentant le « brasier éternel ». Les deux écoles  « commercialisent » la même idée , le même discours, la même pellicule.....Le même cauchemar est inculqué aux enfants....un « cauchemar à perpétuité » . Bref, dans l’imaginaire de l’islam politique (plutôt, selon moi, dans l’imaginaire de l’islam  exploité par le politique), « Dieu est sadique » et le musulman n’aime pas son Dieu...il en a peur. D’autant qu’il lui est accolé beaucoup  d’attributs  guerriers (sur les 99 noms) au dépens d’un Dieu de l’amour, ce dont profitent  surtout les « islamistes ». Quoi d’étonnant si, par la suite, les présidents, les rois, les califes, les walis, les maires, les Directeurs, Dg et Pdg ne peuvent incarner que la dictature, la censure, l’humiliation....et sont donc sinon haïs, du moins très mal aimés. Connaissez –vous un « rab eddzair » (et il y en a (vait ?) beaucoup en Algérie, même au niveau d’un petit comptoir d’administration locale) aimé ?

Il est vrai que l’ivresse du « pouvoir »  aidant, ils en arrivent à « tuer » pour que Dieu puisse continuer à « exister ». Il en va de même des « islamistes » chez qui l’image de Dieu est construite à la taille du chef terroriste.

Quelques sujets, les uns austères, et d’autres à l’humour décapant....comme « Journal intime du rédacteur des lettres du Président »  : « Le harem », « Islam () au pluriel singulier », « Je veux que mon pays ressemble aux pays des impies » , « L’ère de la brebis qui parle en arabe », « Une omra pour se laver les os » , « Après les hydrocarbures, l’exportation des imams », « Le hadj et la rente divine », « La bédouinisation islamique, Alger et ses moutons » , « Harcèlement sexuel, pédophilie et silence des religieux », « Au commencement étaient les Berbères », « Le soi-disant cheveu du Prophète à Ouargla », « Grève d’imans : quand l’usine de production de foi est bloquée », « Les vingt commandements de la Rue algérienne » (article écrit après le « hirak » de février 2019), « Les deux mots qui fâchent les algériens » (Régionalisation et laïcité), « Le Vendredi algérien ! », « Comment les communistes arabes et maghrébins ont contribué à la religiosité de leur société ? ».....

 

 

L’Auteur : Romancier , essayiste , chroniqueur de presse, enseignant i (littérature moderne, Université d’Alger) , ancien Directeur de la Bibliothèque nationale d’Algérie, auteur de plusieurs œuvres dont plusieurs  sont traduites en plusieurs langues.......Epoux de RabiaDjelti.

Extraits : « L’Algérie a vécu deux épreuves historiques consécutives : le mal de la colonisation orientale et celui de la colonisation occidentale. Notre peuple a  goûté aux deux recettes !! Shawarma et Omelette ! »(p 11) «  On ne vit pas en Algérie, on décompte les jours » (p 15) , « La Charia a vidé l’islam de sa spiritualité. Elle a donné la religion aux politistes et aux marchands » (p 23), « Depuis le nom d’Allah au laser, passant par le nom du Prophète écrit sur la pastèque, et jusqu’au bouc au lait béni, la société algérienne dérive, s’égare loin de la modernité et de la conscience historique » (p 29), « La bonne gouvernance d’un pays ne dépend pas de l’âge du gouverneur suprême, mais d’une vision claire, loin de la zone grise. Elle dépend aussi du courage intellectuel convainquant des décideurs » (p 51), « Dans « le pays de la jeunesse », tout le monde veut partit à La Mecque. Et La Mecque pour l’Algérien, est le chemin vers le monde de l’au-delà ! Ceci dit : tout le monde veut mourir. Ou en train de mourir ! A l’heure de mourir ! » (p 82), « Depuis l’école coranique passant par l’école républicaine jusqu’à l’université populiste, ils ont cultivé une psychologie individuelle et collective concentrée sur l’adoration divine du Zaïm. Les musulmans adorent le zaïm, le sauveur, l’ombre d’Allah sur terre. Ils n’arrivent pas à vivre libres sans zaïm » (p 123) , «  La violence de la décennie rouge a été mijoté sur le feu doux des frérots des années soixante-dix ! » (p 133)

Avis : Droit au but et dit sans détours ni fioritures. Au total , un  véritable essai...un seul thème, la religion ; plusieurs sujets, presque tous sur  la pratique de la religion en terre d’islam. A lire l’esprit de l’essai......mais, un chapitre par jour pour apprécier le style, pour mieux garder son calme et surtout pour comprendre. Un livre pédagogique mais destiné à un public « averti ». Un livre critique de l’hypocrisie politico-religieuse, creusant « dans la culture et dans l’inculture ». Bref, « un voyage libre et libérateur » ! Pourvu , aussi, que.....Dieu l’entende !Amen.

Citations : «  La lecture est l’autre face de l’écriture, elle est le partage de la liberté » (Avant-propos, p10), « Une société qui ne rêve pas est une société suicidaire » (p 38), « Fêter la science et la culture sous un parapluie religieux est un piège historique, en Algérie » (p 40)  , « La société qui respecte son poète jouit d’une immunité contre le pessimisme » (p 57)