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Roman Mohamed Benchicou- "La Parfumeuse...."

Date de création: 27-10-2019 18:44
Dernière mise à jour: 27-10-2019 18:44
Lu: 3 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN MOHAMED BENCHICOU- « LA PARFUMEUSE... »

La parfumeuse. La vie occultée de madame Messali Hadj…….Roman de Mohamed Benchicou. . Koukou Editions, Alger , 2012 . 257  pages,  650  dinars

 

L’auteur de ce  roman, à mi-chemin entre la fiction et la réalité, un roman historique en vérité ou, peut-être, une histoire réelle romancée, est, désormais, bien connu des amoureux des belles-lettres. Journaliste, ancien directeur du quotidien Le Matin…on savait qu’il était un redoutable (et redouté, ce qui lui a causé bien des problèmes et lui a même valu de la prison ) essayiste, qu’il était aussi poète (les épreuves traversées ont aiguisé ses vers et sa verve) . Le voilà donc  consacré romancier . Il est vrai que son premier roman, Le Mensonge de Dieu , une grosse œuvre au titre trompeur (pour les bigots et les gens de mauvaise foi…et pour les ignorants) , était à mi-chemin de l’essai et du roman , ce qui l’avait rendu difficile à lire et encore plus à comprendre (par les bigots et les lecteurs de mauvaise foi…et par les ignorants).

La parfumeuse, c’est tout simplement l’histoire d’une de ces femmes d’origine européenne qui, bien avant bien de nos compatriotes d’antan, se sont engagées …….auprès de leur époux (pour la plupart d’entre-elles ) aux côtés du peuple algérien et de la nation  algérienne…et du combat pour l’indépendance. Il s’agit , içi, de Mme Messali Hadj, Emilie Busquant , dite Emma… « la guerrière des faubourgs de Paris », « la justicière de la Casbah », « la madone du Ppa », « Emma la louve, Emma la mère du peuple algérien, fille du pays de la mine et des grèves…. ». Qui a abandonné ses rêves de jeune fille (elle voulait suivre les traces de Coco Chanel) . Qui est tombée amoureuse d’un jeune arabe perdu dans Paris , Hadji,un jeune affamé de justice sociale …….et de chocolat. Qui n’a plus cessé de « militer » (en digne fille d’un ouvrier mineur anarcho-syndicaliste qui vivait dans le souvenir des Communards) et  de courir les prisons , couffins à la main , messages dans le pain et limes dans le chignon  , où était enfermé son mari  . Et  qui, décédée en Algérie le vendredi 2 octobre 1953, a vu des milliers d’hommes et de femmes défiler devant son cercueil alors déposé au foyer civique d’Alger , recouvert du drapeau algérien qu’elle avait – nous détaille l’auteur – conçu et confectionné dans les années trente, Rue du repos , dans le 20è arrondissement de Paris. Il avait été présenté pour la première fois comme emblème national aux huit cents personnes réunies en Ag de l’Etoile nord-africaine en août 1934 à Levallois Perret.

Phrase relevée , à méditer, par l’auteur y compris ( p. 77) : « …La politique est une affaire d’habiles croupiers ; tout est dans l’art de manier le râteau» 

 

Avis : Passionnant ! A lire , même si on  n’est pas d’accord avec la fin de parcours de Messali Hadj, saisi par le « zaïmisme ». Même si on n’est pas d’accord avec certaines approches, de la vie politique d’alors, par l’auteur. Ce n’est pas qu’un roman . Il faut croire l’auteur quand il dit que «  les faits historiques rapportés sont réels et que seuls quelques épisodes ont été romancés…. ». Bien sûr, certaines parties de la famille révolutionnaire ne vont pas apprécier cette manière d’écrire l’histoire), mais il est certain que le simple citoyen-lecteur aimera …l’héroïne et ses sacrifices pour l’indépendance du pays. Il faut se dire que……peut-être……si Emma n’était pas tombée malade en mai 52 (paralysie), et malgré tous les « machos » qui commencaient à pulluler au sein du parti et autour de Messali Hadj, le cours de l’Histoire aurait certainement pris un autre sens.