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Moussa Haddad

Date de création: 17-10-2019 17:12
Dernière mise à jour: 17-10-2019 17:12
Lu: 4 fois


CULTURE- CINEMA- MOUSSA HADDAD

 

 

Date de première création: 19-09-2019 12:34
Dernière mise à jour: 19-09-2019 12:34
Déjà lu: 4 fois

 

 Moussa Haddad, est l’un des réalisateurs les plus prolifiques du cinéma algérien

Né en 1937 à Alger, après des débuts à la télévision du temps de la RTF, il est assistant-réalisateur sur « La Bataille d’Alger » de Gillo Pontecorvo (1965) et « L’Etranger » de Luchino Visconti (1966), deux films produits ou co-produits par Casbah Films.

Passé à la réalisation avec « Trois pistolets contre César », qu’il co-signe avec l’Italien Enzo Peri (1967), il rejoint la télévision (RTA) et tourne « Une cigarette pour Ali » (1969), « La Guerre des jeunes » (1969), « El Fidayoun » (1971) et « Min qurb as-safsaf » (Auprès du peuplier, 1972).

Moussa Haddad s’impose avec « Les Vacances de l’inspecteur Tahar » en compagnie de l’intrépide tandem constitué par l’Inspecteur Tahar (Hadj Abderrahmane) et son "apprenti" (Yahia Ben Mabrouk). Produit par l’ONCIC pour le grand écran, le film déplace des foules et reste l’un des plus grands succès publics (et commercial) du cinéma algérien.

Avec « Les Enfants de Novembre » (1975), qui s’attache au parcours d’une jeune recrue prise dans le tourbillon de la résistance urbaine durant la guerre, porté par un tournage souvent "caméra à l’épaule" de Youcef Sahraoui qui épouse la topographie particulière de la Casbah d’Alger, le film est l’un des plus grands succès populaire de la télévision algérienne sur la guerre d’indépendance.

Après « Hassan Terro au maquis » (1978), « Le Défi » (1980), il signe « Libération » (1984) qui le voit revenir au thème de la guerre d’indépendance.

Eloigné des projecteurs depuis « Made in » en 1998, le réalisateur est de retour derrière la caméra avec une nouvelle ode à la jeunesse. En compétition au Festival d’Abu Dhabi 2012, « Haraga Blues » de Moussa Haddad conte l’histoire de deux amis, Zine et Rayane, qui rêvent de gagner l’Espagne, rencontrent des difficultés avant que l’amour de Zola pour Zine n’achève d’en décider autrement."

Il est décédé mardi 17 septembre 2019, à l’âge de 82 ans

Note de Belkacem Ahcene-Djaballah, ancien Dg de l’Anep : Moussa Haddad a été l’un des premiers à réalisé les premiers spots publicitaires commerciaux  pour le compte de l’Anep et destinés à la télévision publique nationale qui commençait à peine à s’ouvrir au genre –agence publique détenant alors le monopole de la publicité) en 1983

Article complémenrtaire de (c) Abdelkrim Tazaroute /El Moudjahid, mardi 15 octobre 2019

 À chaque fois que nous nous retrouvons à Béjaia, à la place Gueydon plus précisément, nous revoyons le cinéaste Moussa Haddad sirotant un thé en compagnie de sa femme Amina et de ses deux filles. Moussa Haddad aime la capitale des Hamadites, et les Bougiotes le lui rendent bien. Moussa Haddad, souriant, avait certainement écrit dans sa tête plusieurs scénarii de films qui raconteraient une passion entre jeunes algériens. Il aimait les jeunes et les mettait à contribution dans ses projets filmiques.
Moussa Haddad a été le premier à réaliser des clips pour la télévision algérienne au milieu des années quatre-vingts. Il écoutait l’émission de divertissement «Contact» que diffusait la radio chaîne III et entreprit avec ses animateurs de faire la promotion de la chanson algérienne en lui assurant des clips de qualité. Sourire aux lèvres, Moussa prenait plaisir à filmer des chanteurs et une jeunesse en mouvement.
Le cinéaste adore le mouvement. Pour s’en convaincre, vous n’avez qu’à revoir le mythique «Les Vacances  de l’inspecteur Tahar». Les séquences se succèdent et le spectateur est transporté à travers le territoire national, accompagnant ainsi le hilarant duo que constitue l’Inspecteur et son Apprenti dans son périple qui allie enquête policière et vacances. Le mouvement, Moussa Haddad en avait besoin depuis sa tendre jeunesse. Assistant dans «La Bataille d’Alger», de Gillo Pontecorvo, en 1966, il apprendra le métier et surtout à raconter une histoire où les scènes en mouvement se multiplient comme le sont celles où l’on voit des paras arpentant les ruelles de La Casbah. Le cinéaste fera courir son héros à travers les rues de la citadelle d’Alger, fuyant les soldats français, dans «Les Enfants de novembre», réalisé en 1975. Dans les années quatre-vingt-dix, Moussa Haddad réapparait avec «Made In», le premier thriller du cinéma algérien avec des jeunes pour la première fois à l’écran. C’est un film plein de rebondissements et de suspens. Du mouvement avec notamment des courses-poursuites. «Made In» a séduit le jeune public pour sa modernité et sa fraîcheur.
L’infatigable Moussa sillonnait le pays et allait là où il était invité à assister à une manifestation cinématographique ou à présider un jury ou carrément pour un hommage que l’on lui rendait. Moussa réalisera son dernier film «Harragas Blues», qui remportera le prix du meilleur scénario au festival de Saidia, au Maroc, en 1997. 
Dans l’esprit de la scénariste Amina Haddad et de Moussa Haddad, qui a co-écrit ce film, «Harragas Blues» devait résolument être optimiste et plein d’espérance aux lendemains meilleurs. Ce film destiné aux jeunes algériens se voulait un message contre l’exil à tout prix.
Le film est moderne et montre une jeunesse algérienne vivant sa modernité en adéquation avec ses rêves, rêves de jeunes citoyens du monde.
Dernière image, celle de Moussa Haddad, pourtant fatigué, arpentant Didouche-Mourad un vendredi du hirak. C’est son dernier message. Un message de paix et d’optimisme.