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Recherche universitaire Claude juin - "Des soldats totrtionnaires.Guerre d'Algérie....."

Date de création: 13-10-2019 11:53
Dernière mise à jour: 13-10-2019 11:53
Lu: 3 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RECHERCHE UNIVERSITAIRE CLAUDE JUIN- «  DES SOLDATS TORTIONNAIRES.GUERRE D’ALGERIE.... »

 

Des soldats tortionnaires. Guerre d’Algérie : des jeunes gens ordinaires confrontés à l’intolérable. Une recherche universitaire de Claude Juin. Media Plus Editions . Alger 2012 (Les Editions Robert Laffont, Paris,  2012) . 364 pages, 1400 dinars

 

Près de deux millions de jeunes gens ont été appelés ou rappelés entre 1955 et 1962…pour aller «  mettre fin à l’action des agitateurs (…), au règne de la terreur (…) et rétablir pour tous la sécurité et la confiance » au sein de départements « français ».

 

Ils étaient partis, tout du moins au début, la fleur au fusil , croyant aller à la découverte ..de l’Orient…..d’un pays dont , globalement , ils ignoraient l’existence. La population européenne, surtout les puissants lobbies colons, étant le tamis cachant le soleil……faisant accroîre en une  « patrie mise en danger » par des « Indigènes terroristes ».

Huit années de guerre…..trente mille d’entre-eux y périrent…deux cent mille blessés ou gravement malades…..

Pourquoi ? Parce que bien d’entre-eux furent confrontés rapidement à une triste et douloureuse réalité : l’exploitation des populations arabes par la population européenne, une sur-exploitation par les gros propriétaires et grands industriels, un  apartheid déguisé, un racisme patent ….et une résistance populaire des « Arabes »  bien souvent insaisissable .

« En Algérie, (au sein de leur Armée et de la société européenne environnante qui vivaient dans un « totalitarisme ambiant ») , ils n’ont pas découvert le mal, ils étaient plongés dedans »….plongés « dans la violence extrême », perdant sans le savoir , et pour les plus faibles psychologiquement , « toute humanité » à l’endroit des « Arabes ». « Tous des « fells » qu’il  fallait éliminer ! »

 « Je n’avais jamais pensé que la méchanceté des hommes pouvait aller jusque-là : tuer pour le plaisir de tuer » écrit, dans une de ses lettres, un prêtre rappelé en Algérie.

Bien après le retour au pays natal, « l’inhibition de la honte » a conduit inexorablement, de leur vivant,  « au néant » et à leur départ vers l’au-delà , « en enfer ». Bon voyage du fond du cœur ! A tous ceux qui ne se sont pas repentis…..en n’oubliant que parmi les appelés (dont un fameux collectif de trente-cinq des cinquante-cinq prêtres  rappelés) ) , beaucoup furent ébranlés dans leur foi et leur amour du prochain , s’insurgèrent et osèrent dénoncer publiquement les exactions et les pratiques honteuses de l’armée française (comme Jean Muiller , un ancien de la Route des Scouts de France, comme les cent cinquante militaires qui assistèrent à la messe de Saint-Séverin le 29 septembre 1955…..). Ils furent poursuivis par la justice, emprisonnés ou affectés dans des sections difficiles. Il fallait bien s’en débarasser et rien de tel qu’une « embuscade » …avec  des balles qui ne se perdent pas.

 

Avis : Un auteur engagé  qui , déjà en 1960, avait publié un ouvrage Le Gâchis, un  ouvrage rapidement  interdit.

Appelé du contingent en Algérie en 1957-1958, il y racontait « sa » guerre , sous le pseudonyme de Jacques Tissier. Une photo terrible : un gamin (arabe, bien sûr) de douze ans  à qui l’on fait porter un poste radio de dix-huit kilos,  qui « ouvre la route » et « nous protège de possibles mines » . A l’arrière, on aperçoit les soldats .

 Phrases à méditer : «  Il est plus facile de tuer arbitrairement, de torturer, que de faire un travail humain de respect de l’individu » (p. 220), «  Le traumatisme psychique se vit en silence, quelquefois jusqu’à la mort, lorsque le poids du souvenir devient insupportable (p.15), « On ne guérit que lorsque les choses sont dites……Il faut une reconnaissance des actes commis et subis » (p.249),    « Les peuples aiment mieux se souvenir des pages glorieuses que de leur histoire  que des pages honteuses » (p. 275, Tzvetan Todorov dixit) et « le déni de la torture et des exactions pendant la guerre d’Algérie n ’est-il pas un déni de l’oppression et de l’exploitation de la colonisation ? » (p. 310)