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Souvenirs Suzanne El Farrah El Kenz - "La maison du Néguev...."

Date de création: 12-10-2019 19:29
Dernière mise à jour: 12-10-2019 19:29
Lu: 3 fois


RELATIONS INTERNATIONALES- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- SOUVENIRS SUZANNE EL FARRAH EL KENZ- « LA MAISON DU NÉGUEV.... »

La Maison du Neguev. Une histoire palestinienne. Un recueil de souvenirs de Suzanne El Farrah El Kenz. Apic Editions, Alger 2009, 159  pages, 400 dinars

Née à Ghazza, dix années après la naqba. Et, puis, ce fut l’itinéraire habituel des exils forcés, exils ou fuites acceptés par certains, rejetés par d’autres, exilés ou fuyards obligés de (re-)partir juste au moment où l’on croyait (enfin) pouvoir se reposer , le bonheur retrouvé, et entamer une nouvelle vie.L’Egypte, l’Arabie Saoudite, l’Algérie, La Tunisie, La France…..avec le secret espoir de se fixer définitivement quelque part auprès de l’homme aimé ( lui aussi, un moment traqué et obligé de fuir les barbares) et les enfants ….encore qu’au fond de soi demeure cette flamme, petite certes mais toujours là, portant la chaleur du pays perdu.

C’est là , en fait tout le drame de l’auteure. Elle est obsédée par sa Ghazza. Ghazza « palpite en elle et elle ne l’a jamais quittée ».

 Il faut lire  et relire et encore lire et relire les cinq  pages (80, 81 , 82, 83 et 84) ô combien sublimes , réalistes , douloureuses et poétiques tout à la fois, consacrées à cette passion dévorante qui l’habite depuis qu’elle a pris conscience, encore toute jeune fille, de son amour du pays natal à travers les cris de douleur de sa mère qui était revenue revoir sa maison familiale désormais « occupée ». Une douleur qui se répète et qui n’en finit pas.

Plusieurs années après, elle veut revoir sa Ghazza,  sa maison familiale …en emmenant (entraînant ?) cette fois-ci , avec elle , son encore jeune garçon. Un pèlerinage douloureux d’autant que l’occupation isrélienne a fait tache d’huile et a bloqué toutes les issues , balayant presque tous les passés . La maison familiale est devenue une synagogue, et elle ne peut même plus y entrer. Qu’offrir donc à son fils, un Algérien qui ressent mais ne comprend pas encore ce que sa mère veut lui transmettre comme passé (un « legs empoisonné » ?).

Trop tard, trop lourd, trop compliqué, trop lointain , trop sombre pour lui ? Un embrouillamini. « Un véritable casse-tête qui brouille l’existence ». Réaliste et dramatique comme épilogue. La cause profonde : peut-être ces premiers départs au lieu de rester et de résister. Mais à qui la faute ? Aux Palestiniens eux-mêmes ? A leurs dirigeants ? Aux pays arabes ? A certains dirigeants de certains pays arabes ? Au terrorisme …..et à l’argent sionistes ? Aux pressions des grandes puissances ?

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 Avis :  Un livre superbement écrit. Avec le cœur. Avec les tripes. Avec les larmes au fond des yeux. Un livre qui se lit avec facilité. Qui vous fera aimer encore plus la Palestine. Qui vous fera mieux comprendre la douleur des Palestiniens, première et deuxième générations de l’exil. Un livre douloureux , mais beau ! A lire abssssssssssssssolument.

Phrase à méditer : « Je l’ai abandonnée (la Palestine) à son sort et elle m’a rendu le mien ».