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Roman Yasmina Khadra - "Ce que le jour doit à la nuit"

Date de création: 08-10-2019 17:52
Dernière mise à jour: 08-10-2019 17:52
Lu: 2 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- ROMAN YASMINA KHADRA – « CE QUE LE JOUR DOIT À LA NUIT »

 

Ce que le jour doit à la nuit. Roman de Yasmina Khadra. Editions SEDIA, collection Mosaique, Alger 2008 (1ère édition, Julliard, Paris, 2008).518  pages, 950 dinars.

 

On pensait que la Réconciliation nationale était limitée dans le temps et dans l’espace. En fait, c’est une philosophie assez simple, qui est de tous les temps et de tous les lieux. C’est  aussi une pratique politique……. Efficace….. lorsque en face il y a, bien entendu,  des repentis sincères.

 Voilà! c’est fait. Ce que les politiques, d’ici et d’ailleurs, sauf en Afrique du Sud,   n’ont pas réussi à imaginer, notre Yasmina Khadra  international l’a réalisé (et, au passage,  succès impose,  décroché des prix littéraires étrangers).

Son livre , “Ce que le jour (l’Algérie indépendante , je pense) doit à la nuit (coloniale, je re-pense)”, qui a connu un énooooooorme succès en France où il a été d’abord édité, retrace  la vie d’un (beau) jeune homme aux yeux bleus  d’origine algérienne (Younès)  , élevé au sein de la communauté coloniale (avec le prénom de Jonas), dans un village de rêve de l’Oranie (Rio Salado), par son oncle  (un pharmacien), un bon musulman, nationaliste sans excés, moderniste, tolérant, “intégré” sans être assimilé, marié à une gentille dame d’origine européenne , catholique pratiquante de surcroît mais respectueuse des croyances d’autrui.Un coktail qui passe !

La guerre de libération arrive brusquement , déchirant le beau voile couvrant la vie paisible d’une population qui croyait être içi pour encore des siècles, tout en ignorant ou en exploitant  une population musulmane vivant dans la misère la plus noire et parfois sous les coups de cravache et la répression. La guerre oblige, aussi, à faire, une bonne fois pour toutes, le choix. Pas facile surtout lorsqu’elle est loin ! Ce sont donc les évènements – et les combattants - qui vont forcer l’engagement.

Heureusement, tout est bien qui finit bien…..sauf la belle mais imposible amour entre la belle petite pied-noir et le beau bougnoule…qui ne la retrouvera (ainsi que les amis d’enfance avec qui il fêtera , à Aix en Provence, pas très loin de “chez nous”, l’ancienne amitié revisitée, avec l’incontournable harki…qui se fait un “sang d’encre” pour son pays d’origine qui s’entre-déchire durant les années 90) que plusieurs décennies après l’Indépendance en allant se recueillir sur sa tombe.

La morale de l’histoire: Au fond, n’eût été la tragédie de la période Oas, suivie de la “fuite” éperdue  vers la « mère-patrie » des populations européenes, on aurait (presque ) continué à vivre ensemble …comme “au bon vieux temps”.

 

Avis : Il est évident que ce chef-d’oeuvre de la littérature Khadréienne (une écriture pure comme un diamant…et Yasmina Khadra, qui est maintenant un vrai germanopratin et déjà officier des Arts et des Lettres et chevalier de la Légion d’honneur…..pour ne citer que ces  deux distinctions,  n’est plus très loin d’une Académie) est beaucoup plus destiné à un certain public , là où il a connu les meilleures ventes. Normal. Il a reconstitué quasi-fidèlement la vie (ô combien heureuse,et ce  presque jusqu’à la fin de la guerre: ambiance, odeurs, senteurs, humeurs, tout y est ) de la communauté coloniale en Algérie. Les papis et les mamis  pieds-noirs, “nostalgériques”,  ont donc retrouvé avec plaisir le pays perdu ; une lecture qui  débouche sur l’espoir de revenir visiter librement les lieux de leur jeunesse et de leurs folies (pas les erreurs, car elles   sont oubliées!) , avec leurs enfants ou leurs petits-enfants.

Les recettes du tourisme n’ont pas connu, avec ce livre, un “boom”. On espérait tant “booster” les recettes hors hydrocabures.

Quant aux lecteurs algériens, voilà  un livre qui intéressera surtout les sexagénaires….des villes…et les zazous de l’époque.

Faut-il le lire ? C’est votre choix !