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Roman Tahar Ouettar - "Le pêcheur et le Palais"

Date de création: 08-10-2019 17:18
Dernière mise à jour: 08-10-2019 17:18
Lu: 10 fois


VIE POLITIQUE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN TAHAR OUETTAR- « LE PÊCHEUR ET LE PALAIS »

Le Pêcheur et le Palais. Un roman de Tahar Ouettar (traduit de l’arabe  par Amar Abada)  . ENAG Editions. Alger  2002 (1ère édition en arabe, 1979, sous le titre Hawwat el Qasr).127 pages, 250 dinars

 

 

Le roman, traduit pour la première fois en français, à l’occasion de « l’Année de l’Algérie en France », est un véritable conte tragico-féérique qui n’a ni temps ni lieu.

Ali, le pauvre mais honnête pêcheur, originaire de la Cité de la Réserve et de la Franchise veut prouver sa fidélité à son Roi (qui venait d’échapper à un attentat ( ???) et , pour lui apporter un beau cadeau (un poisson, pardi !), il doit traverser six autres Cités, chacune porteuse d’une qualité ou d’un défaut :Dans le désordre,  celle des Ennuques, celle des Favorites et de Cocus, celle des Ascètes et de Mystiques ,  celle des Coliqueux qui passent leur temps à questionner, celle des Ennemis et du Refus , celle de Serviles…Arrivé au Palais, réputé impénétrable, malgré son respect pour le Roi et le système, il est traité « comme il se doit ». Mais il ne se décourage pas ! Il reviendra. Re-belote !

Il arrivera , enfin, grâce à sa foi, au peuple des Cités et surtout aux gens du Refus , à réveiller les cœurs et à découvrir , la supercherie…qui finit dans le sang….mais aussi dans l’espoir car les audacieux et les francs gagnent toujours, n’est-ce-pas ? Même lorsqu’on est trahi par ses propres frères, issus du même ventre et de la même Cité.

Il y avait quelque chose de « pourri » dans le royaume Ouettarien.Un conte macabre mais tellement réel, hélas. C’est certainement pour cela que le style est direct, sans fioriture, souvent brutal. Une écriture « militante », à qui l’auteur donne un habillage philosophique et poétique. Il est vrai qu’à la fin des années 70, on était libre  de …rêver…seulement.  

 

 

 

 

Avis : A re-lire pour ceux qui l’ont déjà lu. A lire calmement et patiemment, pour tous les autres (les francophones en particulier, surtout ceux qui ne portent pas Ouettar dans leur coeur),  car c’est un conte assez compliqué , mais ô combien instructif sur la (nouvelle) vie politique de l’époque (à signaler que Houari Boumédiène est mort fin 1978 et une nouvelle « ère » commençait). Sacré Ouettar, tout en étant « contrôleur du Parti »…..unique, le FLN, il a su contourner l’écueil. Il est vrai que nos dirigeants ne lis(ai)ent pas beaucoup de livres…. sauf s’ils sont édités à l’étranger….et ils étaient beaucoup plus occupés à consolider leur ( nouveau) pouvoir. Un livre qui pourrait se transformer en un film grandiose de « cape et d’épée ».

 

Phrase à méditer : « Je suis certain que sa Majesté n ’admettra jamais qu’on lui obéisse d’une façon aussi dégradante. Seulement, est-ce que des sujets qui ont vécu au milieu des ordures peuvent prétendre à la dignité et à l’honneur ? »