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Roman Marie Christine Saragosse - "Temps ensoleillé...."

Date de création: 27-09-2019 19:08
Dernière mise à jour: 27-09-2019 19:08
Lu: 5 fois


POPULATION- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- ROMAN MARIE CHRISTINE SARAGOSSE- « TEMPS ENSOLEILLÉ..... »

Temps ensoleillé avec fortes rafales de vent. Roman de Marie-Christine Saragosse.Editions Media-Plus  , Constantine  2014,  245 pages, 1 000 dinars

L’Algérie racontée simplement, presque honnêtement par un pied-noir de Philippeville…..Skikda comme l’ont toujours appelé les Algériens  (« une jolie petite ville blanche au bord de la Méditerranée »), un futur prof’ de sports. Né à à la fin des années 30 (avec, on le chuchote en fin de repas le dimanche, du sang kabyle dans les veines car, une grand-mère paternelle, toujours à cheval et carabine à la hanche , menant son domaine « à la baguette », se serait « laisser aller » dans sa jeunesse avec « le chef de l’armée d’ouvriers agricoles »)  et ayant grandi dans sa ville natale toutes les années 40 et les années 50…Jeune lycéen encore insouciant, il avait « vécu » le 20 août 56, un événement qui lui fait prendre réellement conscience du fossé qui sépare les communautés algérienne et pied-noir . Au départ, celle-là était « invisible » , sauf de manière anecdotique (le cireur, le porteur de couffin, la femme de ménage…) . L’autre vivait sa vie « , « belle  et tranquille ». Tout a une fin.N’empêche, on ne se débarasse pas facilement de l’Algérie. Il est vrai qu’il a une femme, elle aussi fille de « colons » , mais versés dans l’indusrie , toujours à Philippeville .  Assez libre d’idées, engagée , sympathisante du peuple algérien. Militaire durant la guerre de libération, il « vit » la guerre et les dérives. En famille , après juillet 62,  il y reste encore deux années en tant qu’enseignant  « coopérant ». La vie est encore plus belle . Puis ,c’est le départ final de toute la famille au   Sud de la France. Une autre vie. Le même soleil. Mais, celui de France , bien que vif, n’a pas la même chaleur, celle  qui gomme les déprimes , les coups de colère, les rides, les problèmes…. Elle ne fait qu’ entretenir une pression toujours contenue, en attendant l’explosion.La maladie, l’âge , la retraite n’arrangent pas le cours des choses…. Heureusement qu’il y a l’amour ….des autres …pour les autres…..Pour le pays natal surtout . Ça , ce n’est pas exprimé !

L’Algérie ! un pays qui marque, une chaleur qui manque.

La « nostalgérie » est une maladie (non répertoriée) qui tue doucement, encore et encore…. Hier. Aujourd’hui. Toujours.

L’Auteur : Elle est née en Algérie en mars 60 . Un grand-père piémontais ayant fui Musssolini, mais mis en prison au Sahara durant la 2è Guerre mondiale par les pétainistes. Elle n’a connu la France (Nice)qu’en 64. Elle a grandi dans le Sud de la France…puis une belle carrière dans le secteur de la Communication et de la Diplomatie   jusqu’à devenir Présidente  de France Médias Monde (Fr 24, Tv 5 Monde, Monte Carlo Daouliya)  . De Skikda, elle en conserve la lumière , le soleil.

Avis : Ça fait de la pub à ma ville natale….et ,comme c’est écrit clairement et simplement, c’est amplement suffisant pour vous conseiller de la lire sans trop vous attarder sur la « nostalgérie ». D’autant que bien d’autres problèmes , surtout sociétaux, commun à tous les humains, sont abordés avec un point de vue qui aide à mieux comprendre

Extraits : « La peur, je me demande si ce n’est pas le plus sordide des sentimens humains. Ça fait perdre son estime de soi, sans laquelle on ne vaut plus grand-chose. Ça permet l’engrenage absurde de la violence. On s’empêtre dans les émotions. On est aveuglé par l’indignation et le désir de vengeance. Et, par-dessus tout, on devient bête, une bête » (p 36), «  Dans la vie, pour être peinard, il fallait éviter de se trouver à une intersection frontale entre la politique et l’individu » (p 40), « C’est tellement fragile , un souvenir, et on en a tellement besoin pour vivre « (p54), « Les gens à qui tu rends service, derrière les remerciements de façade, souvent ils t’en veulent. C’est comme si tu les avais humiliés en les aidant, surtout s’ils en avaient vraiment besoin. Tu les a vus en état de faiblesse. S’ils peuvent, ils te le font payer » (p 95), « Le pognon, c’est bien connu, les enseignants n’en ont pas des masses puisqu’ils ont des vacances et que le temps, c’est de l’ argent, donc que les vacances, c’est du salaire » (p141), « La tragédie personnelle, ce n’est pas forcément grandiloquent, ça se trame au quotidien, autour de petits riens, comme la vie même »(p 145).