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Etude William B.Quandt- "Société et pouvoir"

Date de création: 21-08-2019 20:04
Dernière mise à jour: 21-08-2019 20:04
Lu: 5 fois


VIE POLITIQUE – BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- ÉTUDE WILLIAM B. QUANDT- « SOCIÉTÉ ET POUVOIR... »

Société et pouvoir en Algérie. La décennie des ruptures . Etude de William B. Quandt. Casbah Editions, 254  pages, 330 dinars, Alger 1999

 

Bien sûr, l’auteur , un des meilleurs analystes et universitaires spécialisés américain n’avait  pas prévu, contrairemnet à d’autres analyses de l’époque, la victoire des islamistes radicaux. Mais là où il avait tort (en bonne partie), c’est qand il n’envisageait pas , non plus, l’éventualité d’un retour à l’ordre ancien. Optimiste, et se basant sur le « Printemps algérien»  (déjà !) d’Octobre 88, il était presque sûr que la lutte se prolongera et « mènera ultérieurement vers une issue plus démocratique que n’ont pu le penser la plupart des observateurs » . Avec un chemin, « ni direct, ni court, ni paisible ».

Bien sûr, c’est une étude  de « commande » ….les frais de recherche et de déplacement étant fournis par le Programme d’études sur la Politique étrangère de la  Brookings Institution (Washington D.C.), ce qui paradoxalement lui donne sinon le label d’objectivité, du moins celui de l’exactitude inhérent à toute recherche universitaire scientifique digne de ce nom.

Pour réussir son étude, il a rencontré toutes celles et tous ceux ayant  connaissance , peu ou prou, des situations algérienne et dans le Monde arabe: hommes politiques (de droite, de gauche, du centre, de n’importe où… ), anciens ministres , anciens chefs de gouvernement, universitaires, journalistes, diplomates, chercheurs étrangers…. Ayant déjà écrit un ouvrage en 1969 sur la Révolution algérienne de 1954 à 1968. Opération « grandes portes ouvertes » ! Il est vrai, qu’à l’époque, après l’échec de la première expérience démocratique, à cause de barbus « surgis  de nulle part », notre enfermement involontaire et un certaine désespoir nous poussaient à chercher des confessionnals encourageants…..Pourvu que l’on nous écoute ! Dieu le bénisse.

Il résume le passé, décortique le présent , avance des perspectives et termine avec une interrogation….en essayant de ne pas s’enfermer (comme beaucoup de nos analystes) dans l’annulation des élections de 92 .. « Une Algérie démocratique ? » . Il y croit. En tout cas, c’est, dit-il,  ce qu’il attend et ce qu’il espère. Dieu l’entende !Car, 16 après , la route vers la démocratie, menant loin de l’Etat autoritaire est plus longue et  plus tortueuse qu’espéré. Peut-être moins de violences horribles  ?

 

 

Avis : Un livre qui date (première édition en 1998 aux Etats Unis sous le tire : « Entre Bulletins de vote et balles. Transition algérien de l’autoritarisme » ) mais qui marque la bibliographie sur l’analyse politique correcte du pays. (Re-) lisez-le, vous ne le regretterez pas ! Une bibliographie très fournie. Et, des centaines de notes explicatives

Extraits : « Le système politique algérien, plus que beaucoup d’autres, a eu fort à faire pour former des colaitions voulant les réformes. En effet, le factionnalisme de l’élite s’est souvent traduit par l’immobilisme, et même les mouvements d’opposition ont eu tendance à se fragmenter »( p 19), « La vengeance des générations est partie prenante dans la politique algérienne , comme le montrent encore les terribles massacres de civils perpétrés durant la période 1996-1998 » (p 28), « Les régimes autoritaires comptent sur quatre éléments combinés qui les aident à rester en place : l’idéologie, la répression, les gratifications et l’appui des élites » (p 43), «  Pour l’instant, l’Algérie en est encore à se débattre dans sa « chaude vendetta familaile ». Elle est loin d’avoir atteint le point « d’accoutumance » qui fait accepter les lois en tant que moyen légitime, et meilleur que d’autres, pour résoudre les conflits » (p 196),  « Le pays n’a pas eu le bonheur de posséder de grands leaders. On peut même dire que la crise algérienne ,même si son origine est socio-économique, s’est aggravée du fait de la médiocrité de sa classe politique » (p 211)