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Singe magot- Djurdjura

Date de création: 02-08-2019 21:17
Dernière mise à jour: 02-08-2019 21:17
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ENVIRONNEMENT- FAUNE- SINGE MAGOT- DJURDJURA

 

(c) El Watan magazine / DJEDJIGA RAHMANI, jeudi 1 aoÛt 2019

 

– Actuellement, la population de singes magots peuplant l’Algérie et le Maroc est estimée à 20 000 individus.

– Au Djurdjura, le nombre d’individus ne dépasse guère 4800, colonisant différents milieux.

– L’Algérie ne possède en réalité que 4,1 millions d’hectares de forêt, soit un taux de boisement de 1,76%.

– La fréquence rapprochée des incendies qui se suivent avec un intervalle de retour de moins de 10 ans a un impact catastrophique sur le plan écologique.

 

Le singe magot est persécuté ! Les incendies ayant ravagé de vastes espaces forestiers ces jours-ci, illustrent clairement la tourmente perpétuelle dans laquelle vit cette  espèce pourtant protégée. La capture, la destruction de leurs foyers, par les incendies, pollution ou autres motifs sont autant de causes qui guettent ces animaux. Le nombre des animaux en capture ne cesse d’augmenter.  «Le nombre de singes clandestins ne cesse d’aller crescendo.

Malheureusement, en dépit du fait qu’il soit inscrit sur la liste des espèces de faune sauvage protégées, notamment par la convention internationale de Washington, il n’en demeure pas moins que le singe magot est persécuté de partout à des fins diverses, notamment récréatives et commerciales (prises de photos sur les places publiques)», alerte Ahmed Alilèche,  responsable de la cellule d’information et de communication du Parc national du Djurdjura. «Il faut arrêter la frime ! Les magots doivent rester le trésor de la nature», s’emporte-t-il.

A propos  des personnes qui veulent  domestiquer ces animaux sauvages,  notre interlocuteur souligne que «le singe magot élevé en captivité, voire en semi-liberté, n’a pas été élevé par sa mère et ne pourra plus jamais revenir parmi ses congénères parce qu’il n’aura pas appris à communiquer avec eux. Alors, qu’on cesse d’empiéter sur son territoire et qu’on arrête de faire de cette espèce emblématique du Djurdjura, un objet de commerce !»

La récupération

La réintégration du milieu naturel s’avère très difficile pour les singes magots élevés chez des particuliers, nourris autrement.  A cet effet, le Parc national du Djurdjura s’est donné pour mission de récupérer ces singes auprès des citoyens.

Mais cette opération de récupération devient un défi plus complexe que celui  qui vise à protéger ces animaux dans leur milieu naturel.  «Au Djurdjura, les opérations de récupération des singes repérés auprès des citoyens est monnaie courante et fait partie des missions du Parc», affirme Ahmed Alilèche.

Durant les cinq dernières années, une dizaine d’individus ont été récupérés, rappelle-t-il. Dans le cas où le singe est sain, il est gardé en volière au niveau du jardin botanique d’Errich, sis à la direction du Parc, le temps qu’il soit transféré au Parc zoologique de Ben Aknoun.

Si l’individu est malade, des soins lui seront prodigués par le docteur vétérinaire du parc, en l’occurrence Brahimi Toufik. Dans le cas où il succombe à ses blessures ou maladie, il fera l’objet d’une taxidermie (art de préparer, d’empailler et de monter des animaux vertébrés morts en leur conservant l’apparence de la vie) pour être exposé dans les écomusées du parc.

Ces singes ont perdu toutes les facultés de s’intégrer dans leur milieu naturel. «Ces derniers temps, force est de constater que, même les zoos refusent de récupérer les singes élevés par des particuliers, et ce, pour des raisons financières de prise en charge, mais aussi parce qu’ils ne s’intègrent plus avec leurs congénères», déplore ce responsable. Les conséquences du mauvais traitement que subit la population des singes magots se fait ressentir constamment par les riverains.

Les montagnards se plaignent de plus en plus des effets de  l’arrivée du singe magot sur leurs plantations  (arbres fruitiers, vergers, etc.). «Dans le temps, le singe magot ne descendait jamais dans les terrains privés loin de son habitat naturel. Malheureusement, le concours de circonstance a fait que plusieurs paramètres sont à l’origine de ce comportement pervers du macaque de Barbarie», regrette M. Alilèche.   L’impact des feux de  forêt sur la population du singe magot est dévastateur.

Au niveau du Parc national du Djurdjura, le nombre de foyers d’incendies enregistrés depuis le mois de juin s’élève à 12. «La fréquence et l’intensité des incendies ont détruit les peuplements de chêne vert qui procurait la glandée nécessaire et préférée du primate», fait remarquer notre interlocuteur. Ainsi, le Parc national du Djurdjura a recensé 4 singes brûlés vifs, suite aux incendies ayant frappé la Kabylie la semaine dernière.

Un autre phénomène demeure celui du captage des sources d’eau. Le Djurdjura est presque asséché par le captage abusif de ses sources. Cela s’ajoute à la domestication de cette espèce par les visiteurs. Ces pratiques peuvent expliquer en partie les comportements pervers du singe magot, qui fuit sont milieu naturel.

«Aujourd’hui, on constate que le singe magot est repoussé sur les marges de son biotope, comme les bords de route, les aires récréatives et de pique-nique fréquentées par des visiteurs, où il est devenu un sujet de distraction, voire de moquerie. D’ailleurs, les individus se résilient au syndrome du Titanic, en se regroupant dans les endroits visités ou abritant des poubelles où sont jonchés les déchets de nourriture», déplore le conservateur principal au Parc national du Djurdjura

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