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Roman Albert Camus- " L'Etranger"

Date de création: 01-04-2019 16:22
Dernière mise à jour: 01-04-2019 16:22
Lu: 36 fois


L’étranger. Roman d’Albert Camus. Editions Talantikit (collection Grands textes classiques), Bejaia, 2007,  600 dinars (acquis chez un bouquiniste) , 142 pages.

 

Un  livre « considéré par le grand public comme étant le meilleur roman du XXè siècle ». Peut-être.Ce qui est certain, c’est que ce roman  (et son auteur) a été et reste encore (et ,chez nous bien plus qu’ailleurs, tout particulièrement ces dernières années) le plus lu, le plus analysé, le plus discuté. L’auteur bien plus que le roman lui-même, mis à part l’ouvrage de Kamel Daoud ! Il est vrai que  les prises de position assez « tièdes » de Camus (à l’inverse de Sartre, son « ennemi intime ») , lors de la guerre  de libération nationale et surtout sa fameuse phrase  objectivement malheureuse face à une question, en public, jugée « provocatrice », lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel......lui qui s’était  (dans le roman) peu soucié de l’état de santé de sa maman, bien qu’il l’aimait beaucoup, comme tout méditérranéen  , ont  fait oublier son passé de militant communiste, son travail de journaliste au sein de la rédaction d’ « Alger Républicain » dénonçant, entre autres,  dasn un reportage fameux, la « misère en Kabylie » et  ses tentatives « réconciliatrices » durant la guerre  . Pas assez ! Trop tard !

Reste l’œuvre. Meurseault : un personnage hors du temps.Ni riche, ni pauvre. Ni instruit, ni illétré. Ni pratiquant, ni athée. Ni amoureux, ni dépourvu de sentiments. Ni travailleur, ni fainéant. Fait de mère et de soleil.  Se suffisant de manger, de dormir, de manger juste ce qu’il faut pour survivre, de profiter au maximum du soleil, de se baigner,de boire ,  de b..... . Un extra-terrestre  . Bref, un « étranger » au pays, ne sachant que ,par hasard,  le territoire est habité par des « Arabes ».....des sortes d’« empêcheurs » de « jouir » des « mauresques » et de la vie . Le soleil, trop écalatant et des circonstances particulières aidant (la solidarité raciale et le port d’une arme à feu ) , qu’y a –t-il de plus facile ( !?),  à défaut de les ignorer, que de les éliminer

Il sera condamné à mort ,par la justice coloniale , véritable  « mécanique qui écrasait tout » : il aura la tête tranchée sur la  place publique au nom du peuple français. Non pour ce qu’il a commis comme crime (un Arabe, pensez-vous ?) mais surtout parce que « monstre moral », il n‘a pas assez aimé....... sa mère.

 

L’Auteur : Né à Drean, ex-Mondovi, (près de Annaba, ex-Bône) en novembre 1913. Fils d’un ouvrier agricaole et d’une femme de ménage d’origine espagnole. Elevé (à Belouizdad, ex-Belcourt) par une grand –mère autoritaire et un oncle boucher.....Il y « apprend la misère ». Lycée, football, bac en 1932, militant communiste (35-37) , études de philosophie, petits boulots, animateur de théâtre , mariage, militant dans un mouvement de résistance en 1942, journaliste....et ouvrages (« L’Etranger « , « Le Mythe de Sisyphe »...) . . Mésentente avec les surréalistes (A. Breton) et les existentialistes (J-P Sartre).Octobre 57, 44 ans  : Prix Nobel....dédié à son instituteur de Cm2 « qui lui a permis de poursuivre ses études ». Mais,le même jour,  une réponse publique « malheureuse », en liaison avec la « guerre d’Algérie »,  sur le choix entre la mère et la justice.Une attitude décrite comme « douloureusement circonspecte et régressive » (A. Cheurfi) .

 4 janvier 1960 : il se tue dans un accident de voiture. Il l’avait emprunté à son éditeur, M. Gallimard . Dans une de ses poches , il y avait un manuscrit inachevé et .....un billet de chemin de fer. Albert « pas de chance » ! Il a tout « esquivé »  sauf un arbre sur la route de Paris.

Extraits « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : « Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués ». Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier » (p 9) , « Pour que tout soit consommé, pour que je me sente moins seul, il me restait à souhaiter qu’il y ait beaucoup de spectateurs le jour de mon exécution et qu’ils m’accueillent avec des cris de haine » (p 142).

 Avis Un (petit...par le nombre de pages, ce qui démontre que la quantité n’entraîne pas forcément la qualité) livre  qui résume le mieux l’étrange « amour »  de (presque) tous les  pieds –noirs pour le pays « natal ». En fait, ils n’aimaient que son soleil, et tout le reste leur était « étranger ». Et ,en fait , peut-être, une voie originale pour Camus, l’ancien jeune communiste et l’ancien journaliste d’iinvestigation d’ « Alger Républicain », un « fils de pauvres », de dénoncer –sans remettre en cause, il est vrai - une situation sociétale absurde menant  inéluctablement à la mort d’une société enfermée dans sa bulle et d’un système d’apartheid ne disant pas son nom..

 Citations : « Sans doute, j’aimais bien maman, mais cela ne voulait rien dire. Tous les êtres sains avaient plus ou moins souhaité la mort de ceux qu’ils aimaient » (p 78), « Au début de ma détention.....ce qui a été le plus dur, c’est que j’avais des pensées d’homme libre.....Ensuite, je n’avais que des pensées de prisonnier......J’ai souvent pensé alors que si l’on m’avait fait vivre dans un tronc d’arbre sec, sans autre occupation que de regarder la fleur du ciel au-dessus de ma tête, je m’y serais peu à peu habitué » (p 91), « Un homme qui tuait moralement sa mère se retranchait de la société des hommes au même titre que celui qui portait une main meurtrière sur l’auteur de ses jours » (p 119)