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Roman Jaoudet Gassouma- "Cubaniya"

Date de création: 01-04-2019 16:20
Dernière mise à jour: 01-04-2019 16:20
Lu: 6 fois


RELATIONS INTERNATIONALES- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- ROMAN JAOUDET GASSOUMA - « CUBANIYA »

Cubaniya. Roman de Jaoudet Gassouma. Chihab Editions, Alger 2017. 800 dinars, 144 pages.

 

Le personnage central du roman s’était fait un devoir de réaliser un reportage sur cette nouvelle notion de résilience vue par les Cubains, cette propension au système D, ou système C, comme Cubanité.....Cette fameuse Cubaniya « qui reste unique comme esprit dans le monde par le sens inné du « contournement » des lois cubaines qui , dans le genre surréaliste et bureaucratique, sont un exemple ».

Le  voyage, assurément organisé, d’un groupe de journalistes dont un photographe « expérimenté » et une consœur un peu « paumée »  (dans un pays mythifié et  longtemps (toujours)  fantasmé, pays de Fidel et du Che (El Kho de la Mecque des révolutionnaires ) , pays de « la victoire ou la mort   » , pays ayant fait face au plus long et au plus dur embargo du monde, pays du cigare, du « cuba libre »  , de la salsa et de la rumba, du « vieil homme et la mer » .....et des filles, encore des filles, toujours des filles très,  très.... trop  belles.

Donc, l’histoire de la découverte du pays.......avec, au passage,des  rencontres , des découvertes, des silences, des regards éteints, des déceptions mais aussi des rires, de la joie ( ?) de vivre, de la danse, de la musique...et des rencontres dont la plus heureuse est celle avec la jeune , la magnifique et l’explosive Yusa (qui a la chance d’être la fille unique et ô combien gâtée d’un colonel de l’armée, ce qui, en pays « géré d’une main d’acier »,  facilite les choses en matière de libertés, de contacts et de moyens d’hébergement et de  subsistance ). Voilà qui va faire oublier tous les chagrins d’amour  récoltés au pays . Voilà aussi qui va amener le narrateur ,dont on ne connaît pas le prénom, et dont on peut supposer que c’est une « partie » de l’auteur ou de son imagination de poète-écrivain ( !?), à raconter le périple en faisant le parallèle avec le pays, avec La Havane et Alger. Ainsi, on a eu droit à une longue digression sur la situation socio-politique  (pp 61- 71)  

 

L’Auteur : Ecrivain , journaliste, plasticien, réalisateur, il a produit plusieurs ouvrages et a écrit dans de nombreuses revues spcialisées  et a participé à la décoration de plusieurs films. Troisième roman (un premier, « Zorna » en 2004 (Prix Apulée de Madaure 2005)  , aux Editions Chihab,  et un deuxième, « Tsériel ou les yeux de feu » en 2008, aux Editions Alpha )

Extraits « Cuba est un programme permanent, un slogan ressassé, des couleurs insistantes, des paroles répétées, une vie résumée par des discours politiques, interminables, insistants, pavloviens .Pourtant , aujourd’hui, dans la survivance, l’objectif du jour reste d’assurer sa pitance coûte que coûte » (p 37), « La victoire ou la mort », mais de quelle victoire parle-t-on encore !?......La mort nous l’avons connue, et nous avons même flirté longuement avec elle, mais la victoire, elle !!!??? »(p 55)

 Avis : Un roman.....de la belle prose,  sur un pays, une ville, un peuple (et, en filigrane, un système politique )  qui ont su dominer les vicissitudes de la vie quotidienne, la misère créée par l’embargo, les espoirs perdus, les héros oubliés...De l’amour, de la nostalgie. Beau et triste à la fois.

Belle couverture avec une (très) belle photo, signée de l’auteur.Sans commentaire. Tout y est !

 Citations : « Cuba n’est pas seulement une destination, c’est un fantasme devenu réalité. D’autres viennent pour le mythe, l’histoire, la révolution, la nostalgie, les faux-semblants éditoriaux sur ce peuple si enjoué, si gai, qui résiste malgré tout à tous les embargos » (p 39) , « A-t-on déjà vu  des slogans mettre des vitamines dans l’assiette , des pommes de terre à éplucher, et du lait dans les bols ? » (p 47) , « Discuter, partager, s’interroger est un art et, ici, cela reste un exercice difficile, presque une sorte d’autisme dans un monde de musique » (p 47),  « La révolution, pour certaines personnes , est un tour complet , un départ vers d’autres circonvolutions, modernes, appliquées. Mais, pour bon nombre d’autres, elle est , avec le temps, l’expression d’un tour complet, sur place »  (p 50),  « La rue appartient içi à ceux qui se lèvent tard, chômage oblige » (p 74), « Que ce soit en Algérie, à Cuba ou au Mozambique , une révolution n’est pas évidente, pas du tout facile. Peut-être laisse-t-elle des enfants, et peut-être laisse-t-elle des bâtards, qui sait comment les révolutions vieillissent ? » (p 77) , « Je ne sais pas s’il est suffisant d’être seul à aimer quand on est deux ? » (p 135)