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Crise - "Téléphone rouge"

Date de création: 13-01-2018 13:21
Dernière mise à jour: 13-01-2018 13:21
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RELATIONS INTERNATIONALES- DIPLOMATIE- CRISE- « TELEPHONE ROUGE »

 

Les deux Corées ont remis en service mercredi 3 janvier 2017, le « téléphone rouge » transfrontalier fermé depuis 2016, continuant à jouer l'ouverture malgré les railleries de Donald Trump qui s'est vanté d'avoir un bouton nucléaire «beaucoup plus gros» que celui de Kim Jong-Un.

Depuis l'instauration du premier «téléphone rouge» en 1963 entre les Etats-Unis et l'Union soviétique, de nombreux pays,   tels les deux Corées, ont instauré des moyens de communication directs et  cryptés entre leurs dirigeants, afin de faciliter un dialogue en cas de crise. En octobre 1962, les Américains détectent des missiles soviétiques sur l'Île de Cuba située à moins de 200 km de la Floride. On frôle la guerre   nucléaire. Lors du face-à-face entre John Kennedy et Nikita Khrouchtchev, l'absence de communication directe favorise les spéculations sur les intentions du camp adverse, tandis que les messages entre Moscou et Washington prennent des heures   à être délivrés.  Une lettre du 26 octobre 1962, dans laquelle le numéro un soviétique   propose une sortie de crise, est ainsi apportée en russe à l'ambassade américaine à Moscou à 09h42 (heure de Washington) pour ne parvenir, après traduction, transmission et cryptage, qu'à 21h00 passées au département d'Etat américain. Pour remédier à ces lenteurs, le premier «téléphone rouge» (qui n'était en réalité ni un téléphone ni de couleur rouge) est mis en service le 30 août   1963. Il s'agit d'un télescripteur de couleur bois clair qui permet à Kennedy et Khrouchtchev de communiquer par messages écrits, codés et transmis par câble.     
Dans les années 1970, un téléphone est installé et des liaisons par satellite sont ajoutées puis, pendant la décennie suivante, la possibilité d'envoyer des documents, comme des cartes ou des photos. En 1994, un nouveau «téléphone rouge» permet aux responsables de la Défense des deux pays d'être joignables pratiquement en permanence. La Maison Blanche et le Pentagone ont toujours gardé le secret sur le nombre d'utilisations de cette ligne sécurisée. Elle aurait notamment servi pendant les guerres israélo-arabes de 1967 et 1973 ou encore lors de l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS en 1979. D'autres lignes de communication directes ont également été instaurées entre Moscou et les principales capitales européennes comme Paris et Bonn.
En 1996, la Chine établit pour la première fois un «téléphone rouge» avec la Russie, puis avec les Etats-Unis deux ans plus tard. En 2005, l'Inde et le Pakistan font de même. Une ligne de communication entre les deux Corées divisées existe depuis   1971. Elle est régulièrement suspendue au fil des soubresauts des relations intercoréennes, et a été rétablie hier, après quasiment deux ans de fermeture. En septembre 2011, les Etats-Unis suggèrent la mise en place d'une liaison directe avec l'Iran pour éviter un emballement des tensions sur le programme nucléaire iranien controversé, une offre rejetée par Téhéran. En juin 2013,
La Chine et le Vietnam ouvrent une ligne de communication directe pour gérer leur conflit territorial en mer de Chine du Sud.      L'expression «téléphone rouge» ou «hot line» en anglais, est aujourd'hui utilisée pour caractériser toutes formes de communication directe entre des pays ou des autorités sur des questions sensibles comme la coopération sécuritaire. Le Japon décide ainsi en 2013 la mise en place d'«un téléphone rouge» entre son Conseil de sécurité et Washington et Londres.