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Mémoires M. Lemkami - "Les hommes de l'ombre...."

Date de création: 13-01-2018 13:01
Dernière mise à jour: 13-01-2018 13:01
Lu: 10 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- MEMOIRES M. LEMKAMI - « LES HOMMES DE L’OMBRE..... »

Les hommes de l’ombre. Mémoires d’un officier du Malg. Récit de Mohamed Lemkami (préface du Pr Djilali Sari). Editions Dahlab,  Alger 2012 (1ère édition  en 2004 à Anep Editions) . 1 500  dinars, 624 pages

Mémoires d’un ancien officier du Malg ? Pas vraiment. Pas totalement .Car  l’ouvrage se divise en deux grandes parties assez distinctes l’une de l’autre, encore que le statut d’ancien du Malg, après l’Indépendance, allait assurément grandement influer sur le cours de la carrière du soldat en retraite. Malg un jour, Malg toujours. C’est dire le poids et l’influnece (qui duere encore) du groupe de révolutionnaires ayant activé au sein de la wilaya V et du Malg de Boussouf.

Les « Malgaches » ?.....Le « mal général » comme aimait les taquinait Houari Boumediène......  « Soldats de l’ombre..... jeunes généraux moustachus travaillant dans l’ombre » comme leur avait déclaré Ferhat Abbas en guise d’encouragement et de remerciement lors d’une visite à la Base Didouche ?

Première partie : L’itinéraire d’un jeune homme tranquille, issu d’une fammile très, très modeste (de la tribu de Beni Snous)  , premier bachelier de sa région depuis le 5 juillet 1830 et qui ,au départ,  instituteur, tout en militant au sein du Ppa-Mtld, allait rejoindre les rangs des combattants....Le maquis frontalier de la wilaya V avec sa zone périlleuse du barrage électrifié le long de la frontière algéro-marocaine,  puis le Malg (où « la vie est réglée comme une horloge » sous la direction de Si Mabrouk, nom de guerre de A. Boussouf) tout au début de son organisation, gravissant les échelons avec un passage au  (nouveau) Service Spécial S4 (ici, la rétrospective dressée par l’auteur est assez brève.....et comme les archives ne sont pas accessibles et les survivants sont rarissimes, on n’en saura pas beaucoup)

Seconde partie : Rendu à la vie civile, c’est un autre parcours (un véritable parcours du combattant avec des adversaires et des amis, des facilités et des « peaux de banane ».......).....Parallèlement à des études universitaires, des ministères en tant que haut fonctionnaire  (Commerce, Finances, Plan...), des entreprises (Ofalac, Dg de la Phamarcie centrale durant cinq années et demie...) et , bien sûr, l’incontournable Apn comme élu Fln de sa région durant deux législatures (avec une non-réélection une troisième fois en 87)....et, en fin de parcours, une ambassade......à Tirana en Albanie

Fin de parcours, avec la mise à la retraite en juin 1992. 60 ans à peine ! Tout le temps de prendre un repos  bien mérité et d’écrire ses mémoires (nouvelle mouture terminée en décembre 2011) .

 

L’Auteur : Né le 1er décembre 1932 à Khemis (Tlemcen). Instituteur en 1954-1955,, membre actif du Fln , il rejoint fin 55 le maquis en zone I, Wilaya V. Membre du Malg de 1959 à 1962. Haut fonctionnaire après l’Indépendance, vice-président de l’Apn, ambassadeur (1988) ; décédé le 27 septembre 2017.

Extraits : « Alors que dans d’autres régions, ces étudiants et collégiens en majorité francophones avaient rencontré certains difficultés de la part de quelques responsables de l’Aln, dans la région de l’Oranie (wilaya V) , Abdelhafidh Boussouf et ses adjoints les protégeaient et leur faisaient confiance. .....Il en sera de même plus tard dans les services du Malg »(p 176),  , « Boumediène fumait 4 à 5 paquets par jour de la cigarette algérienne Brazilénas et buvait tout seul une cafetière entière en une nuit » (p 203), « Contrairement à ce que disent certains responsables de la wilaya 4 au lendemain de l’indépendance, de nombreux jeunes de l’Oranie (.....) s’étaient sacrifiés pour leur faire parvenir des armes, des médicaments et autres équipements militaires. Il est injuste de la part de ces responsables de ne pas reconnaître le sacrifice de ces nombreux  jeunes anonymes » (p 209) , « Si pendant la guerre de libération nationale tout était analysé et exploité, après l’indépendance toutes ces archives avaient été négligées. C’était ainsi que d’anciens collaborateurs notoires fichés par nos services s’étaient infiltrés aisément dans les rouages du Parti du Fln et de l’Etat pour occuper des postes sensibles. Ils avaient d’ailleurs utilisé tous les moyens pour se trouver des protections » (p 247) , « La course pour les témoignages (après le 19 mars 1962) allait bientôt commencer et s’éterniser sur plusieurs décennies. « Je te faux-témoigne et tu me faux-témoignes » pour accéder à de hautes responsabilités ou bénéficier d’avantages » (pp 316-317) , «  Le peuple algérien et en particulier les générations post-indépendance n’ont pas  besoin de règlements de compte, ils ont besoin de vérité. Seuls des chercheurs scientifiques objectifs peuvent atteindre cet objectif de vérité » (p 329),  « Actuellement, dans nos administrations locales, nous avons de vrais professionnels de la fraude électorale » (p 341)

Avis : Un ouvrage qui fourmille de détails. De l’histoire « événementielle » à profusion, avec ses infos, ses « révélations » (sur les erreurs commises par le  combattant........sur la rencontre d’« un jeune homme très blond, maigre et aux yeux profonds et perçants ne pîpant mot et pris pour un légionnaire allemand déserteur » ,sur les conflits internes Boussouf -Boumediène....... )..... sur les collaborateurs amis  infiltrés)  ....ses piques, ses anecdotes , ses courages , ses peurs, ses « coups fourrés », ses réflexions, ses critiques....beaucoup de noms......toutes les petites histoires du quotidien qui font notre Histoire d’aujourd’hui......et une vie bien pleine .

Seule lacune ,  rien, ou presque  rien sur les circonstances de la  mort de Abane Ramdane (p 329).

Citations : « Avec l’âge, il devient de plus en plus difficile de déchiffrer à travers un rétroviseur embrumé, parmi les débris de mémoire, l’itinéraire de toute une vie » ( 17) , « La crise née en été 1961 entre le Gpra et l’Emg de l’Aln , accentuée début juin 1962, lors de la réunion du Cnra à Tripoli, alait devenir le virus qui infecte et accompagnerait toute la classe politique algérienne à ce jour »  (p 339) , « La grande école pour la jeunesse, c’est la vie dans l’entreprise pourvu qu’on s’adonne à la tâche avec foi » (p 439), « Rien de sérieux et de durable ne saurait être construit sur le plan politique dans notre pays, tant que les causes de nos échecs successifs, qui ont lourdement coûté à notre peuple, ne sont pas sérieusement étudiées » (p 596)