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Revue Insaniyat/Crasc - "Algérie1962"

Date de création: 04-01-2018 15:59
Dernière mise à jour: 04-01-2018 15:59
Lu: 5 fois


VIE POLITIQUE-BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- REVUE INSANIYAT/CRASC- « ALGERIE 1962 »

Algérie 1962. Insaniyat. Revue algérienne d’anthropologie et de sciences sociales (ouvrage collectif du Crasc ), n° 65-66, juillet-décembre 2014 (Vol. XVIII, 3 -4), Oran 2015, 500 dinars. 433 pages (351 en français et 82 en  arabe)

La revue ne fait que reprendre des communications présentées par des chercheurs en sciences sociales et humaines, notamment des historiens , dans le cadre du cycle  « Les Conférences du Crasc » (manifestations scientifiques natiopnales et internationales ,  mises en place à l’occasion du Cinquantenaire de l’indépendance nationale  , en 2012). Ici, l’historiographie est abordée sur une longue durée, avecc la présence d’une approche comparatiste (Algérie/Tunisie) .

On a , tout d’abord, Gilbert Meynier (ex-professeur au lycée Pasteur, Oran en 1967-1968...) , qui met en exergue la complexité du rapport entrev l’histoire nationale (algérienne) et le système colonial , ainsi que l’importance du « temps long » dans l’analyse de cette période .

Gilles Manceron souligne la prégnance des idées coloniales actuellement en France . Au passage, il avance le fait que « les complaisances à l’égard du lobby postcolonial ne se limitent pas à la droite »....On y retrouve bien des socialistes et, même Jean-Pierre Chevènement , alors maire de Belfort,  qui avait inauguré une rue au nom du lieutenant-colonel Jeanpierre.

Sadek Benkada établit le lien entre des événements vécus pendant la Guerre de libération nationale et plus particulièrement les six derniers mois, et des faits que connut l’Algérie durant la décennie noire (se référer, entre autres , au roman « Oran », de Assia Djebar présenté récemment in Médiatic)

Amar Mohand-Amer revient sur un des épisodes les plus sensibles de l’année 1962....et sur la maladie infantile de la Révolution : le wilayisme

Hartmut Elsenhans s’intéresse aux mécanismes politiques et économiques des processus des origines et fins de la guerre

Nick Pas aborde la position (alignée sur les positions colonialistes françaises) des Pays –Bas

Mohamed Kouidri revisite la loi (française) n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés

Abla Gheziel se penche sur les premières réactions d’Algériens à la colonisation (à travers l’itinéraire de trois notables : Hamdan Khodja, Ahmed Bouderba et cheikh El Hadj Sidi Saadi....du « Parti maure »......  les réfugiés d’al-Andalus, représentant la classe bourgeoise des cités.... « et vivant en retrait des autres populations autochtones » et à « la démarche stérile, sans résultat , car ils oublièrent que l’‘idée d’un Etat-nation reposait avant tout sur l’esprit d’unité... »)  . A lire absolument !

Mohamed Ghalem revient sur le rapport entre les historiens algériens et Ibn Khaldoun

Fouad Soufi aborde la question de la dimension politique et symboloqiue des archives dans un pays

Quant à Hedi Saidi, il propose une lecture historique du rapport entre le système protectoral et la constitution de 1861 dans la Régence de Tunis .

Et.............. d’autres études ainsi que des comptes rendus de lecture, des comptes rendus de thèses ainsi que   des notes critiques et des informations scientifiques et des résumés des interventions  (en français , en anglais et en arabe)

 

 

L’Auteur : Crasc ( Centre de recherche en anthroplogie sociale et culturelle ), technopole de l’Usto, Bir el Djir, Oran. insaniyat@crasc-dz.org et revues@crasc.dz et www.crasc.dz

Extraits : « Les morts algériens de l’implacable conquête de l’Algérie ont été évalués entre 250 000 et 400 000 , voire plus......Il y eut ,peut-être bien, disparition d’un quart à un tiers de la population algérienne de 1830 à 1870 » (Gilbert Meynier, pp 13-14) , « La guerre de libération installa côté français des rancœurs durables chez nombre d’Européens d’Algérie, et a suscité des productions d’historiens et publicistes de nostalgérie coloniale  » (Gilbert Meynier , p 19), « Le poids du passé colonial est bien plus douloureux en Algérie qu’en Tunisie ou au Maroc : nulle part, une colonisation ne fut aussi pesante, une lutte de libération aussi sanglante » (Gilbert Meynier , p 47)

 Avis : Du grand cru en matière de revue scientifique nationale. On l’a déjà dit. On le répète. Il est vrai que le Crasc,  ce n’est pas rien.

 Citations : « La tradition historique française a fabriqué une Algérie conforme à ses mythes et cela sans prendre en considération l’opposition des Algériens au projet colonial » (Gilles Manceron, p 10), « La France et l’Algérie ? On ne s’est pas entrelacé pendant 130 ans sans que cela descende profondément dans les âmes et dans les corps » (Formule de Jacques Berque, p 49), « L’amnistie découlant des Accords d’Evian s’est accompagnée, côté français, d’une amnésie qui n’a cessé de s’épaissir avec le temps.......et l’oubli des crimes commis s’est développé à un point tel qu’on a pu aboutir à une réhabilitation des criminels et même à leur décerner des « honneurs » (Gilles Manceron, p 89)