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Ouvrage d'études Cread- "De la fuite des cerveaux...."

Date de création: 04-01-2018 15:41
Dernière mise à jour: 04-01-2018 15:41
Lu: 5 fois


TRAVAIL- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- OUVRAGE D’ETUDES  CREAD- « DE LA FUITE DES CERVEAUX..... »

De la fuite des cerveaux à la mobilité des compétences. Une vision du Maghreb. Ouvrage collectif du Cread, sous la coordination de Musette Mohamed Saib, sociologue . Cread/Oit Alger, Alger 2016, 800 dinars, 292 pages

Brain drain ou Fuite des cerveaux ou tout simplement Mobilité des compétences ? That is the question. Dans tous les cas de figure, c’est un phénomène des migrations internationales. Brain drain...un concept inventé à peine il y a plus de cinquante ans (juste après les décolonisations politiques , comme par hasard) , ce qui a fait qu’il y a peu d’études sur le sujet .

A la lumière des nouvelles données empiriques produites par l’Ocde ,en 2013, les débats sont devenus intenses parmi les analystes de migrations . A l’ère de la mondialisation on venait de découvrir, avec effroi , chez nous, dans le monde arabe et les pays du l’Union du Maghreb , l’ampleur des dégâts (parmi tant  d’autres), en raison d’un effet pervers : la lutte pour les talents globaux. Exit la main d’oeuvre bon marché !  « Le siècle dernier a été celui du « hard », le défi de ce millénaire est celui du « soft ». Pour les pays en développement ou en mal-développement ,pour la plupart pays de départ,  les pertes occasionnées sont incommensurables. Après le pillage des ressources lors de la colonisation (et après) , ajoutez-y la « fuite et le blanchiment des capitaux » (un nouveau phénomène qui commence à être dévoilé au grand public d’abord avec les Panama Papers et, aujourd’hui, les Paradise Papers) et la coupe sera pleine.

La recherche menée, première du genre dans la sous-région, aboutit à des résultats assez parlants :

Mouvements inquiétants des diplômés, perte sèche pour les économies maghrébines......tout particulièrement celle libyenne, actuellement traversée par une crise multiforme....L’Algérie a connu cela durant les années 90.

Fuite fortement marquée par les profils très prisés sur le marché international : médecins (l’Algérie est particulièrement touchée) et ingénieurs. Certes , il y a des dispositifs nationaux de lutte contre la fuite des cerveaux, fondée sur une régulation en amont du phénomène, avec une maîtrise des flux des étudiants à l’étranger (ex de l’Algérie) , mais cela ne semble pas suffire

Capacités de rétention des pays d’origine faibles face à la force des éléments attractifs des pays développés, en déficit des compétences et autres talents. « Un lutte entre forces inégales pour la matière grise »

Conclusion : les pays de l’Uma restent peu actifs face à la perte de compétences . Les autorités sont certes attentives mais aucun traitement de choc

 

 

L’Auteur : Cread (Centre de Recherche en Economie appliquée pour le développement) , rue Djamel Eddine El Afghani, Rostomia, Bouzaréah (Alger) . e-mai ! : cread@cread.edu.dz et www.cread.dz

 

 

Extrait : «  Le migrant est une personne qui a quitté son pays de naissance pour s’installer, au moins pour une année, dans un autre pays, selon la définition des Nations unies. Le migrant n’est pas toujours un « étranger », au sens juridique du terme . Les personnes naturalisées dans le pays d’accueil obtiennent la citoyenneté » (p 35), «  Les « quatre âges » qui ont structuré l’émigration intellectuelle algérienne confirme davantage à quel point le champ intellectuel algérien trouve des difficultés de se structurer en champ autonome, notamment après l’indépendance. Il reste l’héritier de toutes les divisions idéologiques et sociales refoulées et soumises en silence depuis la naissance du mouvement national. Ces mêmes refoulés collectifs, transformés en un imaginaire social bourré de contradictions, vont alimenter davantage les conflits qu’ont connus l’enseignement supérieur  et tout le système éducatif algérien, pris en otage par deux grandes conceptions sociologiquement antagonistes, notamment entre les arabophones et les francophones « (Karim Khaled, sociologue,  p 168)

 Avis :Une recherche qui avait fait , par le passé (récent), grand bruit..... en tout cas dans la presse nationale. A –t- elle été lue par nos décideurs politiques afin de prendre les mesures nécessaires pour faire face ,efficacement , au phénomène de la « fuite des cerveaux » ? Il n’est pas trop tard (pour la lecture !) . 800 dinars sur le budget de fonctionnement d’une Institution, ce n’est rien !

 Citation « Les vagues migratoires de l’intelligentsia algérienne trouvent , entre autres, leur sens dans cette histoire silencieuse, instaurée davantage par l’idéologie unanimiste depuis l’indépendance, sous forme d’une ignorance institutionnalisée, incarnée par le système éducatif et l’université en particulier (.....). Malgré toutes les politiques de formation à l’étranger et les multiples « réformes », l’enseignement supérieur algérien ne peut être que producteur de foyers migratoires. Il s’agit d’une dynamique historique qui reste tojours otage des formes identitaires hégémoniques, à la fois idéologique et communautariste, empêchant l’émergence des sujets-pensants-entrepreneurs » (Karim Khaled, p 169).