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Recueil d'étude Boukhalfa Laouari- "Kamel Daoud, esquisse...."

Date de création: 02-01-2018 17:49
Dernière mise à jour: 02-01-2018 17:49
Lu: 4 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- RECUEIL D’ETUDES BOUKHALFA LAOUARI-  « KAMEL DAOUD, ESQUISSE.... »

Kaamel Daoud, esquisse d’un phénomène postcolonial algérien. Ouvrage collectif coordonné par Boukhalfa Laouari. Préface de Benaouda Lebdai. Editions Frantz Fanon, Tizi Ouzou, 2017. 600 dinars, 149 pages .

Postcolonial, c’est quoi au juste ? Tout ce qui serait postérieur à la colonisation...donc, selon ce point de vue, repris par P. Boizette , la littérature postcoloniale désignerait des litttératures nationales dont l’émergence varierait en fonction de l’accession à l’indépendance des pays concernés. Cela concernerait les pays les plus anciens , comme Haïti, le Libéria....les pays indépendants à partir des années 60, comme   le Maroc, la Tunisie, l’Algérie et bien des pays africains.......et les tout derniers comme l’Angola, le Mozambique et le Zimbabwe.....

Postcolonial, et alors ? Il s’élaborerait , à partir de là, une unité littéraire à des situations pourtant hétéroclites, selon une donnée qui voudrait que les trois-quarts de la population mondiale aient eu, de près ou de loin, leur expérience façonnée par la colonisation.

Une théorie en passe d’être largement « institutionnalisée » - si ce n’est déjà fait- construite ou  renforcée par les réflexions et les écrits d’illustrissimes personnalités comme A.Césaire, F.Fanon, A.Memmi, Said E., Homi Bhabha, A. Mbembe......malgré l’émergence d’annonces répétées de sa mort, tout particulièremt dans les Amériques (qui n’ont pas connu la colonisation et/ou qui ont été si peu colonisateurs) .

Mais, plus d’un demi-siècle après la fin de l’ère coloniale, il y a de quoi se poser des questions sur les formes réelles de la domination des anciens empires sur tout ce qui compose notre culture moderne, d’autant que « les écrivains qui (...) peuvent être appelés « postcoloniaux » sont presque des « antiquités ». Ils existent, leurs écrits sont là, mais ils viennent d’un contexte historique et géopolitique qui, dans une grande mesure, ne s’applique plus maintenant » (Jamal Mahjoub, 2007, p 37)  .

Nous éclairer ! C’est ce que font les contributeurs à cet ouvrage.....qui prend pour exemple (et non pour cible, comme on le voit chez certains) ......Kamel Daoud et son œuvre, tout particulièrement le roman « Meursault contre-enquête »..... », un événement postcolonial algérien « qui a eu des répercussions multiples et inattendues sur le plan international ». La rançon de la gloire ! Toujours à double tranchant.

Plusieurs écrits rassemblant des articles et études d’universitaires algériens, français et anglais ( Joseph Ford, Jane Hiddleson, Pierre Boizette, Benaouda Lebdai, Sarah Slimani, Boukhalfa Laouari, Youcef Merahi, Djamel Laceb, Rachid Mokhtari)........chacun analysant le contenu à sa manière et selon ses codes, parfois assez compliquées pour le commun des lecteurs (et, pourquoi pas, pour l’auteur K. Daoud lui-même qui se retrouve, sans l’avoir souhaité au centre de recherches académiques et/ou de polémiques idéologiques) . Il est vrai que « l’interprétation d’un texte par une personne est un reflet de son inconscient et de son back –ground ; une forme d’extrapolation de sa culture et de son idéologie sur le texte lui-même » ( Boukhalfa Laouari

L’Auteur : Le coordinnateur est né en Kabylie en 1981. Enseignant de théories littéraires et théories de la culture à l’Université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, il finalise une thèse de Doctorat sur le  théâtre postcolonial

Extrait: « L’intériorisation de la supériorité de la langue provenant de la métropole, notamment par l’éducation, allait de pair avec celle des codes esthétiques occidentaux qui en découlaient. Mais, à leur décharge, un autre problème était celui de la tentative de récupération par l’intégration des auteurs des marges dans le centre en avalisant ou non leur manière de s’exprimer » (Pierre Boizette, p 25),

 Avis : Destiné surtout aux spécialistes et aux étudiants.....encore que certaines études (surtout celles des britanniques )- indéniablement de très haute qualité -  paraissent , à mon humble avis de simple lecteur et de passeur de livres , quelque peu déconnectées et nuisent à l’unité de l’ouvrage.

 Citations « Le déclin des anciens empires ne signifierait pas l’abrogation de leur domination, mais l’apparition de nouvelles formes de celle-ci » (p 22), « La règle mathématique qui veut que l’ami de mon ami soit le mien trouve ici une exception : si l’ami de mon ami empêche celui-ci de m’écrire régulièrment ce n’est pas, ce n’est plus, mon ami ! » (Djamel Laceb, enseignant, p121 ), « L’écrivain algérien, et Kamel Daoud l’a pressenti en quelque sorte dans « Meursault , contre-enquête », a pour défi  d‘échapper non pas à la « censure » mais bien plus à la « sensure », autrement dit à la castration du sens , avilissant la société  » (Rachid Mokhtari, , p 137)