Nom d'utilisateur:
Mot de passe:

Se souvenir de moi

S'inscrire
Recherche:

Roman Nourredine Saâdi- "Boulevard des abîmes"

Date de création: 19-12-2017 11:07
Dernière mise à jour: 19-12-2017 11:07
Lu: 2 fois


HISTOIRE – BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- ROMAN NOURREDINE SAÂDI- « BOULEVARD DE L’ABÎME »

Boulevard de l’abîme. Roman de Nourredine Saadi. Editions Barzakh, Alger 2017. 700 dinars, 213 pages

Une belle femme d’origine algérienne – musulmane- est retrouvée morte en son domicile parisien.Une « bourgeoise » (quartier chic de Paris) ne manquant (en apparence) de rien ! Meurtre ? Suicide ? Mort naturelle ? Un inspecteur est chargé de l’enquête........Suicide certainement (dépression....alcool......barbituriques) , mais les supérieurs hiérachiques demandent instamment à ce que la thèse du suicide soit écartée et celle de la mort accidentelle (Avc et chute par exemple) faviorisée.Pourquoi ? Il ne le savait pas : c’est la fille d’un ancien bachagha constantinois (« tant aimé et tant haï » et décédé) alors ami de la France coloniale (« il a été de tous les côtés....se disant homme de paix pour chaque bord... » mais considéré comme « traître à tous » ) , mère d’une cantatrice connue  refusant le suicide . Hasard ! Lui est un ancien appelé sous les drapeaux durant la guerre de libération nationale, affecté  dans le corps des Sas et ayant effectué un séjour dans une ferme connue (dans la région de Constantine) comme lieu d’emprisonnement et de  tortures.

L’enquête suit son cours.....grâce surtout, un autre hasard, aux documents laissées par la défunte, dont un petit carnet noir racontant sa vie et ses souvenirs de jeune fille à Constantine,  ses amours, sa passion, ses angoisses, sa déprime....et sa « trahison » forcée. La mémoire de l’inspecteur de police ne va tarder à croiser celle de la défunte.....Il avait connu la « Ferme de suppliciés », et il avait assisté, en mai 1958, aux « spectacles » de la fraternisation organisés par la Sas et au « dévoilement » d’une jeune femme. Qui ?

 

 

L’Auteur : Né à Constantine, il a fait ses études à Alger où il est prof’ de droit. 1994 : Il quitte Alger pour la France. S’installe à Douai où il enseigne à l’Université d’Artois. Auteur de plusieurs livres (quatre  romans, quatre  essais et deux ouvrages d’art) dont trois à Alger : deux romans aux  Editions Barzakh, ( « La Nuit des origines » en 2005 et « Il n’y a pas d’os dans la langue » en 2008) et un essai aux Editions Chihab (« Houria Aïchi,dame de l’Aurès »  en 2013

Extraits « L’attachement à un homme peut se rompre ou se dissoudre , mais entre la mère et l’enfant, aucun lien ne peut se défaire, c’est inscrit sur les traits du visage, dans les gènes, dans les racines....La page de la naissance ne peut jamais être déchirée... » (p 87),  « Durant plus d’un siècle, ils se sont crus la race des conquérants, des seigneurs et ils n’avaient rien vu venir, n’avaient rien compris ni à cette terre, ni à ce peuple- des pouilleux, des ratons, des bougnoules ! Depuis la conquête, ils en ont tué, gazé, enfumé, bombardé, napalmé, mitraillé, torturé.. » (p 156) , « La torture, j’en ai vu tant de fois, j’en connais tous les cris, tous les râles, les trente six positions, c’est comme le Kama Soutra, plus on pratique, plus on devient artiste » (p 164) 

 Avis : Un auteur aux œuvres toujours torturées et « possédé » par sa ville natale et son passé. Un auteur représentatif de toute une génération prise entre les feux de la guerre de libération (car encore trop jeunes, avec des parents engagés et/ou torturés) et les lumières de l’indépendance ( déjà trop vieux, avec aux commandes du pays, et pour bien longtemps,  des « maquisards » bien plus âgés), et toujours à la recherche de la (ou des) vérité(s). Un livre mi-polar, mi-récit historique

Citations : «  Il n’y a pas de vérité sur un défunt sauf la certitude qu’il n’existe plus » (p 14), « La richesse ne se mesure pas à ce qu’on possède , mais  à ce dont on peut se passer » (p 62) , « Etre heureux, c’est ne pas avoir à se souvenir » (p 160), « On croit être plus fort que sa mémoire, mais elle vous rattrape souvent « ( p 177)