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Mémoires Salah Mebroukine- "L'éveil à la conscience nationale"

Date de création: 05-03-2019 18:35
Dernière mise à jour: 05-03-2019 18:35
Lu: 3 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHÈQUE D’ALMANACH- MÉMOIRES SALAH MEBROUKINE- « L’ÉVEIL À LA CONSCIENCE NATIONALE »

 

L’éveil à la conscience nationale. Mémoires de Salah Mebroukine. Hibr Editions, Alger 2018, 650 dinars, 233 pages

Facile à lire tant la rédaction est fluide grâce à sa linéarité, simple, accessible.......mais pas facile à faire ou à imiter comme parcours.....A saluer .

C’est le récit d’un homme de la ville, d’un jeune homme de « bonne famille », c’est-à-dire ni bourgeoise, ni dénuée totalement de moyens ou de soutiens, ni intello’ ni illettré , ayant suivi une scolarisation presque normale jusqu’au Cep......un Algérien moyen, quoi !...perdu dans la foule des quelques millions d’Indigènes  sur- vivants dans leur pays occupé par des étrangers, les Français.

C’est le récit de l’éveil d’une conscience nationale à travers les difficultés de la vie quotidienne  (tout particulièrement après le décès accidentel du père, un ancien travailleur émigré qui, rentré au pays, avait « réussi » ), les solidarités rencontrées (dont celle de Baya,  la future épouse) , les épreuves (comme les arrestations et les incarcérations...et les répercussions d’évènements capitaux comme ceux de mai 1945 )  , les rencontres , le militantisme dans la clandestinité et la vigilance permanente, les déplacements risqués lors des campagnes électorales,  les discussions entre camarades d’abord.....puis avec des adultes déjà éclairés et/engagés politiquement, sur le terrain ou ...dans les prisons de Bougie, d’Alger Barberousse , de  Lambèse et d’Orléansville .

Des militants aux noms inscrits dans les mémoires :  Mohamed Belouizdad, Ahmed (Ali) Mahsas, Messali Hadj, Mohamed Boudiaf, Cheikh Ali Chentir, M’hamed Yazid, Ferhat Abbas, Hocine Lahouel,  Taleb Abderrahmane, Said Amrani, Omar Oussedik, Baki Boualem, Basta Abdelkader, Boulkeroua Moussa, Beni Ouali, Abdelhamid Benzine, Abdelhafid Boussouf, A.Kiouane, Safi Boudissa , Ferroukhi ......et d’autres et d’autres.

C’est le récit de l’évolution politique du pays face à une colonisation  s’entêtant à ne penser qu’à ses intérêts et à ceux des grands propriétaires et des leurs complices indigènes, tout particulièrement à travers un certain « apartheid » politique et des élections truquées.......Ppa,  Mtld, Aml, Oulémas, Udma, Sma, Pca, Os, Crua.....Des sigles qui se sont soutenus et compris parfois, opposés souvent.....mais tous , malgré tout, fondateurs  quelque part de ce qui va se passer à partir de Novembre 54.

Condamné......il ne sera libéré que le 2 mars 1952........avec un carnet dit anthropométrique d’interdiction de séjour (de dix ans)......dans certaines grandes villes de France et d’Algérie, y compris à Bougie , sa ville natale. Il s’installera à Blida avec sa famille....... Toujours  nationaliste. Bien  que déçu par les querelles internes (au Ppa-Mtld) ,  les palabres et des activités déstabilisatrices  face à une opinion française farouchement accrochée au statu quo, éludant la question inhérente à l’émancipation du peuple algérien.....il savait que la lutte continuait. Sous d’autres formes ?

 

 

 

L’Auteur : Né le 17 janvier 1923 à Bejaia (ex-Bougie)

Extraits : « Lorsque toutes les tendances fusionnèrent en un mouvement unique, les Aml , pour s’opposer à l’ordonnance du 7 mars 1944 qui prétendait consacrer l’assimilation de l’Algérie à la France , on peut dire que l’année 1944 était incontestablement une date importante pour le peuple algérien unifié dans sa marche irréversible vers la liberté » (p 54), « De quoi parlions-nous dans ces assemblées de « djemaa » ? De la liberté, de l’indépendance, d’une Constituante souveraine, du suffrage universel, des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ; commenter nos journaux et nos tracts. Pour le fellah, c’était des fadaises, des discussions dépourvues d’intérêt. Il fallait  donc changer de thèmes et susciter les intérêts affectifs des paysans et circonscrire en tant que cible ce qui était la cause de leur manière d’être » (p 73), « Selon de nombreuses statistiques, jusqu’en 1870, l’administration française avait enregistré moins de deux cents demandes émanant d’Algériens musulmans qui ont sollicité l’obtention de la citoyenneté française » (p 79)

Avis : Une mine d’informations pour les historiens qui s’intéressent à la vie révolutionnaire des militants de base ....les maçons de la Révolution. Un oued en apparence tranquille mais  aux crues inattendues et parfois meurtrières. .La lecture   facilitée par une écriture chronologique très fluide.

Citations : « Pour ces deux valeureux patriotes (ndlr : Aizel Rabah et Mohamed Belouizdad) , le droit de commander avait ,avant tout, pour corollaire, le devoir de respecter les droits de celui qui est appelé à se soumettre » (p 112), « La foi s’acquiert et ne s’impose pas .Une fois acquise, elle devient une adhésion profonde à la chose qu’on veut atteindre » (p 142) , « La vie n’est un jour de fête ni un jour de deuil, c’est un jour de travail » (Mohamed Belouizdad cité, p 153),