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Emploi et compétence - Enquête/Sondage Cread et Anem 2017

Date de création: 12-12-2017 18:33
Dernière mise à jour: 12-12-2017 18:33
Lu: 7 fois


TRAVAIL- ETUDES ET ANALYSES- EMPLOI ET COMPETENCE- ENQUETE/SONDAGE CREAD ET ANEM 2017

Selon l’enquête de l’Office national des statistiques (ONS) d’avril 2017, le taux de chômage chez les universitaires est de 17,6%. Malgré toute la panoplie des formations proposées par l’université algérienne à travers ses différentes structures, les diplômés n’arrivent pas à se placer sur le marché du travail et les entreprises ne réussissent pas à trouver les compétences recherchées

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Une enquête du Centre de recherches en économie appliquée au développement (CREAD) menée sur les promotions 2014, 2015 et 2016 à travers les trois universités pilotes (Béjaïa, Tlemcen et Biskra) fait ressortir de nombreuses difficultés dans l’insertion professionnelle.

40% des étudiants questionnés qualifient de «mauvais» l’apport de l’université dans la préparation au monde du travail. Bon nombre d’entre eux estiment également faible la qualité des stages effectués à la fin de leur cursus : 46,2%. L’enquête de Moundir Lassassi, chercheur au CREAD, élaborée avec l’appui du Bureau international du travail (BIT) relève que les opportunités d’emploi sont de plus en plus faibles dans le secteur public.

Même si elles sont en augmentation chez le privé, elles n’arrivent pas à compenser celles perdues dans le public.
Autre indicateur : sur les 280 retenus à l’issue de l’étude, 68% des diplômés ont l’intention d’immigrer contre 39% chez les femmes, et ce, pour améliorer leurs compétences de manière à faciliter leur insertion dans le monde du travail.

L’enquête en question montre par ailleurs que le taux de chômage est plus élevé dans les filières droit, sciences politiques, lettres et langues avec 66% et moins important chez les diplômés des élevés des sciences humaines et sociales 33%. Cependant, ces derniers passent plus de temps dans la recherche d’un emploi. En moyenne, la durée d’attente est de sept mois. Aussi, malgré l’importance des dispositifs d’aide à la création d’emplois, les diplômés ne manquent pas de faire appel à d’autres canaux (15% pour les contacts familiaux et 13% via les amis pour s’insérer dans le monde du travail).

C’est également l’insatisfaction chez ceux qui réussissent à trouver du travail. C’est le cas pour les salaires, notamment chez les femmes, qui se disent lésées. 60% des recrutés perçoivent moins de 25000 DA par mois, alors que 30% des diplômés ont refusé les emplois proposés pour différentes raisons.

En plus du niveau bas des salaires, l’enquête évoque l’inadéquation de la formation aux exigences de l’entreprise et les conditions de travail. Autant d’éléments qui imposent de mieux préparer le terrain aux diplômés pour intégrer le monde professionnel. Dans ce cadre, le chercheur du CREAD a plaidé pour l’élaboration et la mise à jour d’une base de données avec les contacts des diplômés sortant des universités. «Dès l’année prochaine, les universités doivent travailler sur une base de donnée», dira-t-il, appelant dans le même sillage à entretenir les liens avec les étudiants sortants.

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Parallèlement à l’ enquête du Cread auprès des étudiants, l’Agence nationale de l’emploi, également partie prenante dans le projet du BIT a réalisé un sondage auprès des chefs d’entreprise des trois wilayas.

Ce sondage qui a touché 801 entreprises qui emploient plus de 5 salariés dans l’agriculture, le BTPH, l’agriculture et les services a permis de tirer certaines conclusions concernant les attentes du monde des affaires de l’université, mais il a également donné un aperçu général sur la contribution du tissu économique de ces régions dans la création des richesses. A elles seules, les trois wilayas, objet de l’enquête enregistrent 72 705 demandeurs d’emplois, soit 7% par rapport au total national. La part du lion revient à Béjaïa avec 27456 demandes.

Concernant les perspectives, 42% des entreprises prévoient une augmentation des capacités de recrutement, alors que 38% prévoient une stagnation et 20% une diminution. Aussi, 74% des employeurs envisagent de recruter dans les 12 mois prochains. Là, encore, le taux le plus élevé est enregistré au niveau de la wilaya de Béjaïa (77%). Par ailleurs, le sondage fait ressortir des prévisions d’augmentation de 3% du volume d’emplois pour les 12 mois prochains. (6% à Béjaïa, 4% à Tlemcen et moins de 5% à Biskra).

Sur un autre plan, 30% des employeurs déclarent avoir trouvé des difficultés lors des opérations de recrutement durant les 12 derniers mois. A chacun ses explications. Ainsi, 47% des enquêtés posent le problème de la rareté des compétences recherchées, 45% évoquent le manque d’expérience, 27% regrettent l’absence ou déficience des filières en formation universitaire et enfin 17% justifient les difficultés par l’insatisfaction de la condition salariale. L’ANEM a certes réussi à collecter ces données, selon Mohamed Arrache, directeur de l’information, des études et de la documentation auprès de l’ANEM.

Mais la centralisation de la décision chez certains employeurs (Absence de l’entreprise mère au niveau de la wilaya), la disponibilité du responsable de recrutement, l’absence de plan prévisionnel des recrutements et les déficiences dans la gestion des ressources humaines chez quelques employeurs ont rendu la tâche difficile aux agents chargés de l’enquête. Il faut dire justement que ces cas reflètent l’état général des entreprises algériennes fermées à la communication, la transparence et résistantes à la décentralisation.

Faudrait-il dans ce cas, de l’avis du représentant de l’ANEM, vulgariser ce genre d’enquête afin d’améliorer la connaissance des besoins du marché de l’emploi en matière de profils, mettre en place un baromètre des métiers et des spécialités entre l’université, l’entreprise et l’ANEM et élaborer des enquêtes périodiques sur le marché de l’emploi local par secteur dominant.