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Roman A. Djebar - "Ombre sultane"

Date de création: 22-11-2017 18:42
Dernière mise à jour: 22-11-2017 18:42
Lu: 2 fois


POPULATION- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ROMAN A. DJEBAR- « OMBRE SULTANE »

Ombre sultane. Roman de Assia Djebar. Hibr Editions, Alger  2014(Editions Albin Michel , Paris 2006), 850 dinars, 232 pages.

Deux femmes . Hadjila et Isma. Une sultane et une ombre.

L’une heureuse, aimée et aimante décidant par elle-même de son sort et de son amour. L’autre , malheureuse, mal-aimée et non aimante, cherchant la voie de la libération.

Deux femmes dans une société « bloquée » ; une société faisant peu cas de la femme ;une femme  réduite à son seul rôle de « pondeuse d’enfant », d’objet de jouissance physique pouvant être facilement remplacée par ...trois autres, enfermée par la force des us et les traditions, entre quatre murs, avec pour seule fenêtre une verrière donnant passage à un bout de ciel.

Deux femmes, l’une, Isma,  comprenant et voulant aider l’autre à se « libérer » d’un homme, le même, l’ex-époux , toujours fou amoureux, père de deux enfants, et nouvel époux d’une jeune fille naïve, Hadjila, issue d’un bidonville, mais qui arrivera, peu à peu mais en cachette, sans le voile,  à découvrir le « monde libre » .

Deux femmes contre un homme......une même révolte. C’est ce qui est superbement (prose poétisante à l’appui) conté par l‘auteure qui a su transmettre toute l’émotion (et la douleur et les espoirs et les luttes souvent invisibles) d’une population féminine opprimée mais toujours résistante sinon rebelle. Opprimée par l’homme qui, malgré ses connaissances scientifiques, n’arrive que difficilement, ou pas du tout, à se sortir de l’empire des habitudes et des mœurs...et des mères. La femme, toujours !

L’Auteur : Née Fatma-Zohra Imalayène. Elle n’est plus à présenter. Dix romans, deux recueils de nouvelles (dont un prix Marguerite Yourcenar ), deux récits, un essai, deux films longs métrages, deux pièces de théâtre.... membre de l’Académie française, prenant le siège vacant  de Georges Vedel décédé....et devenant (le 22 juin 2006) une des huit femmes membres ; décédée le vendredi 6 février 2015...et inhumée à Cherchell , sa ville natale. Traduite dans vingt-trois langues.

Extraits« Un homme ivre a le droit de dériver, mais une femme qui va « nue » sans que son maître le sache, quels châtiments les transmetteurs de la Loi révélée, non écrite, lui réserveront-ils ? » (p 132) , « Nourrir les fils le jour, nourrir l’époux la nuit, et qu’ils puissent tous boire la lumière du vaste jour !Les nourrir inlassablement , les nouer irrémédiablement pour maintenir nos rênes invisibles. Là aboutit notre destin d’enfance dans le vide de l’enfermement » (p 185), « A la démarche de chaque femme dans la rue, je peux dire désormais son histoire , sa durée, sa généalogie : dire si elle circule depuis trois siècles ou depuis trois jours » (p 224)

Avis : A lire absolument et surtout à méditer.....comme toute l’œuvre de Assia Djebar.

Citations : « La mère de l’homme, ennemie ou rivale, surgit dans les strates de nos caresses » (p 83) , « Sur nos rivages, l’homme a droit à quatre femmes simultanément, autant dire à quatre .....blessures » (p 135), « Hammam, comme un répit ou un jardin immuable. Le bruit d’eau supprime les murs , les corps se libèrent sous les marbres mouillés » (p 212).