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Roman Armand Vital - "Mon chemin de terre"

Date de création: 22-11-2017 17:57
Dernière mise à jour: 22-11-2017 17:57
Lu: 3 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALAMANACH- ROMAN ARMAND VITAL- « MON CHEMIN DE TERRE »

Mon chemin de terre. Roman de Armand Vial. Said Hannachi, Editions Média-Plus, Constantine 2017, 139 pages, 950 dinars

 

Revenu habiter au « pays » natal, le personnage central (l’auteur ?)   retrouve , dans un carton éventré, des feuilles recouvertes de textes et une enveloppe garnie de quelques photographies. Et, alors, c’est tout un passé qui remonte à la surface.

Il n’avait que huit ans  quand ses parents furent nommés instituteurs  à l’école mixte de T. , en petite Kabylie, avec la guerre de libération qui  avait commencé un an avant. Le bourg se trouvait entre deux maquis et était ,donc, un lieu de passage de l’un à l’autre.Ils le quittèrent en catastrophe.  Peu de temps après, l’école et le village furent déclarés par l’armée française en « zone dangereuse »....et quelques jours plus tard, l’école fut incendiée –par l’armée française- avec tout ce qui se trouvait à l’intérieur.

L’enfant connaissait déjà Constantine, El Harrouch, Marseille, Aix-en-Provence, La Meunière (entre Aix et Marseille)....mais T. est restée gravée dans sa vie et sa mémoire. Seul enfant d’origine européenne de l’école, il s’était rapidement intégré au paysage et à la société enfantine. On l’appelait d’ailleurs Omar, et sa petite copine  était Ania (qui lui a remis  une grenade à déguster et dans une boîte de tabac, à priser, - de marque « l’Abeille » - une mèche de ses cheveux lui faisant promettre de toujours la conserver). Ce qu’il fit. Il est même reparti à T. .......Il a retrouvé peu de traces, sinon un bâtiment abandonné, beaucoup de lieux bétonnés et le chemin de terre de son enfance désormais goudronné......plus aucun bourricot chargé de guerbas, plus de figuiers de barbarie et encore moins de grenadiers. Quant aux pieds nus des femmes, ils sont tous cachés .

Invité à manger chez l’habitant (des descendants du gardien de l’ école ) , il renoue un peu avec le passé ....et il repart, pas totalement guéri de n’avoir pas retrouvé toute son enfance à T. Heureusement, juste avant son départ,  une dame, celle qui a préparé le repas (et enseignante d’anglais) et très discrète mais    les yeux pétillant de joie, s’est laissée photographier , seule (attention ! « à ne pas mettre sur internet ») .....et  l’a rattrapé en courant sur le chemin pour lui offrir une bouteille d’huile d’olive.  Ania ?

L’ Auteur: Né à Constantine, il  est revenu y vivre et poursuivre son travail artistique. Photographe et écrivain, il a publié de nombreux ouvrages dont
« Ksar Tina », un livre (texte et photographies) de  178 pages aux Éditions Sedia.

Extrait : «  Je ne sais plus qui je suis, où je suis, d’où je viens, encore moins où je vais » ( p 22), « Mon imagination perturbée, troublée par le temps qui passe trop vite, par des déchirures et des blessures, par cette vieille sensation d’avoir un pied ici et l’autre là-bas, par le déroulement de l’Histoire et ses conséquences, par un monde en régression fait de sauvagerie et de violence, dans lequel la pensée se perd. » (p 27)

Avis : Style mélangeant prose et poésie, dans une atmosphère de triste nostalgie.

Citation : « La photographie est une écriture et non pas un simple shoot hors de toute pensée, de toute réflexion, de tout projet » ( p 19)