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Essai Abdelmadjid Kaouah- "Diwan du jasmin..."

Date de création: 22-02-2019 19:21
Dernière mise à jour: 22-02-2019 19:21
Lu: 48 fois


CULTURE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI ABDELMADJID KAOUAH- « DIWAN DU JASMIN.... »

Diwan du jasmin meurtri. Une anthologie de la poésie algérienne de graphie française. Essai de Abdelmadjid Kaouah. Chihab Edtions, Alger 2016,  1 600 dinars, 366 pages

Il était temps qu’un homme de lettres algérien répare un grande injustice commise à l’endroit de la poésie nationale.....l’oubli ou la marginalisation . Tout d’abord en présentant plus d’une centaine de poètes algériens, hommes et femmes,  s’exprimant en langue (graphie) française.De Noureddine Aba , Kateb Yacine ,  Mohammed Dib , Boualem Khalfa , Bachir Hadj Ali et Malek Haddad  à Hamid Skif , Jean Sénac, Anna Gréki et Assia Djebbar en passant par Zhor Zerari, Henri Kréa, Jean Pellegri, Lazhari Labter et Mostefa Lacheraf . Des hommes et leurs œuvres !Réhabilités ? non, ils n’ont en pas besoin tant leurs écrits restent, aujourd’hui encore , pour les plus « anciens », inscrits dans les mémoires et pour les plus jeunes rythment les sentiments et les rêves ....tous dressant , dans les nuits d’un monde en perpétuel (r-)évolutions, « le fanal des certitudes ». En 1957, Albert Memmi annonçait que l’esentiel de la littérature maghrébine serait en langue arabe tandis que celle de langue française serait vouée au dépérissement.....Il a reconnu par la suite qu’il était allé trop vite en besogne puisqu’elle connaît , aujourd’hui plus qu’hier, une vitalité insoupçonnée. Parallèlement à une littérature de langue arabe (et très bientôt de langue amazighe) dont de beaux fruits commencent à être récoltés.

Le roman a déjà écrit son histoire...la poésie aussi :

D’abord , une littérature profondément imbriquée dans un combat historique déjà avec Jean Amrouche, puis Ait Dajfer, puis Jean Sénac, puis Dib et  Feraoun et Mammeri et Kateb Yacine........avec même une prédominance de l’expression poétique. Poésie de de la contestation, de la protestation et de résistance ! Ensuite , après l’Indépendance, une poésie du « mal de vivre et de la volonté d’être ». Enfin, hélas, ces dernières décennies, avec le début d’un cycle tragique avec des poètes assassinés (D’abord Sénac en 1973 , puis Tahar Djaout, puis Lâadi Flici, puis Youcef Sebti), une littérature retournant à l’exil....pour toujours mieux créer.

L’Auteur : Né en décembre 1950 à Ain Taya (Alger) . Maîtrise de Lettres modernes. Journaliste-chroniqueur littéraire (presse....dont Révolution africaine, Horizons.... et radio des deux rives), poète (« poésie discrète, suggestive, ,limpide, amoureuse, belle que l’exil a rendu quelque peu amère » selon A. Cheurfi), auteur de plusieurs publications et essais sur la poésie algérienne .

Extrait : « Le poète s’est érigé successivement en porte-parole de l’asservissement et de l’insurrection d’un peuple dans le contexte colonial, en partisan de l’espérance post-indépendance se défaisant de la rhétorique du réalisme socialiste, en redresseur de torts au regard des perversions de l’homme nouveau dans la jeune république, en perturbateur du discours dominant autant qu’en annonciateur de vérités à venir, enfin en justicier désarmé condamnant sans  appel l’innommable infamie intégriste » (Hamid Nacer-Khodja, préface, p 10), « Le verbe a rythmé avec constance les peines et les drames, les catastrophes ainsi que les allégresses, les jubilations et les heures festives de l’Algérie » (A. Kaouah, liminaire, p 13)

Avis : Une anthologie certes incomplete (« Une anthologie est toujours une œuvre personnelle et de parti pris »  » écrit en préface Hamid Nacer-Khodja) , tant la poésie algérienne d’expression française  est  « une Somme, un Parcours, un Vertige » difficile à saisir.....pour le lecteur....mais pas totalement pour l’auteur.Livre de chevet des insomniaques et des rêveurs !

Citations : « Journal de bord d’une patrie en mouvement, journal intime d’une identité d’homme, telle est la dualité porteuse de la poésie algérienne » ( Hamid Nacer Khodja, préface, p 10), « En Algérie, non seulement des poètes eurent à rendre compte de leur œuvre mais aussi de leur vie. Poètes brimés, poètes escamotés, poètes exilés, poètes assassinés, autant de stations d’un long supplice » ( p 18) « Poésie et Résistance apparaissent comme les tranchants d’une même lame où l’homme inlassablement affûte sa dignité «  (Jean Sénac, 1957, p 45)