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Essai M. Boudaoud - "Les armes de la liberté"

Date de création: 22-11-2017 17:22
Dernière mise à jour: 22-11-2017 17:22
Lu: 3 fois


HISTOIRE- BIBLIOTHEQUE D’ALMANACH- ESSAI M. BOUDAOUD- « LES ARMES DE LA LIBERTE »

Les armes de la liberté. Algérie : Guerre de libération. Mémoires et témoignages. Essai de Mohammed Boudaoud, dit Si Mansour (propos recueillis par Ait Mouhoub Mustapha et Khelaifia Zoubir. Préface de Daho Dhjerbal) . Editions Rafar, Alger ( ???), 2015, 750 dinars, 198 pages

Des « mémoires  vivantes » , un recueil de souvenirs qui ,bien que très lointains, nous reviennent plus que chauds, nous replongeant dans une aventure humaine extraordinaire ayant contribué de manière concrète et plus que positive à la lutte de libération nationale. A travers le vie d’un jeune homme devenu rapidement adulte en raison des combats pour la liberté qui s’imposaient, on revit donc , certes ,pas mal de problèmes liés directement à la vie de l’individu mais surtout la mise sur pied  d’une « industrie » algérienne  de l’ armement , dans des ateliers clandestins basés au Maroc, tout particulièrement . Il assure même que si Ben Bella ne l’avait pas « stoppée » après juillet 62, éparpillant les centaines de cadres et techniciens spécialisés (durement formés sur le tas ou à l’étranger) , elle était la plateforme idéale pour une vériable industrie algérienne de l’armement

Durant la guerre, il fallait , en effet , rapidement , sortir des réseaux classiques d’approvisionnement étrangers en raison des risques encourus, les services d’espionnage  français « veillant au grain »,  surveillant, enquêtant , infiltrant , sabotant, assassinant, interceptant……rendant difficile l’arrivée des cargaisons durement acquises (achetées ou offertes).

L’ouvrage est truffé de petites et grandes révélations, l’auteur ayant côtoyé nos plus grands : Ainsi, de toutes les « aides » en armement des pays amis, l’Urss a été (presque ) la dernière à s’y mettre. Ainsi, Cuba a même envoyé  aux combattants  des lots de  cigares (on comprend maintenant l’amour immodéré de Boumediène et de certains autres ,  pour le cigare cubain !) et de rhum ( ce dernier, dit-il, et on le croit,  échangé contre des armes avec des Marocains, encore que.....). Ainsi, le soutien des Marocains a été continu et massif. Ainsi, il fut un des premiers à avoir su (de la bouche même de Krim Belkacem) l’assassinat de Abane Ramdane. Il met , aussi, en exergue, le rôle et l’engagement des militants de la 4è Internationale communiste. Elle mit ,au service de l’Aln, des ingénieurs et des techniciens qui ont aidé à la fabrication, entre autres, de la première mitaillette. On a eu , aussi, des grenades (dont la fameuse grenade anglaise fabriquée en 1956) , des mortiers, des obus….Ainsi , Rachid « Casa » n’était pas structuré et il travaillait en franc-tireur, dépendant d’abord de Boussouf puis de Boumediène .

L’Auteur : Témoin privilégié de la grande aventure de l’Aln (à travers, entre autres le Malg) au Maroc ….et ailleurs.  « Plongé dans la marmite nationaliste indépendantiste au sortir de l’adolescence » , comme l’écrit le préfacier Daho Djerbal , ancien officier de l’Aln, longtemps responsable du Départemnt armement et logistique ouest du Malg, et, aussi .....frère de Omar Boudaoud, un des grands animateurs de la Fédération de France

Extrait : « Les tueries du 8 mai 1945 ont réveillé les consciences, et les élections leur ayant succédé ont quelque part scellé l’union nationale malgré quelques tiraillements d’une infime importance » (p 32)

Avis : Valeur littéraire moyenne mais valeur documentaire inestimable. Même les commentaires de l’auteur sont intéressants . Nombreux documents d’archives (écrites et photographiques)...et toute une longue (300)liste des membres de la Direction logistique Ouest, Dlo. 

 Citation : « Abane assassiné par ses pairs, la révolution prenait un autre tournant. Un virage à 180°, où les luttes au pouvoir prenaient le pas sur les nobles causes tracées dès le déclenchement de l’insurrection armée. Ce n’était ni plus ni moins qu’un avertissement pour ceux qui s’aventureraient à contester les pouvoirs d’un groupe restreint d’hommes prêts à tout pour asseoir leur suprématie » (p 71)